Observation de l’élection présidentielle et des élections législatives anticipées en Bulgarie (14 novembre 2021)
Rapport d’observation d’élection
| Doc. 15428
| 06 janvier 2022
1 Introduction
1. Le Bureau de l’Assemblée parlementaire,
à sa réunion du 6 septembre 2021, a décidé d’observer l’élection
présidentielle et les élections législatives anticipées du 14 novembre 2021
et de constituer à cet effet une commission ad hoc composée de 20
membres (SOC-7; PPE/DC-6; CE/AD-3; ALDE-3; UEL-1) ainsi que des
deux corapporteurs de la commission de suivi. Il a aussi décidé
de maintenir, autant que possible, la même liste de membres et le
même président de la commission ad hoc, M. Alfred Heer (Suisse,
ADLE), que pour les élections précédentes (élections législatives
du 4 avril 2021 et élections législatives anticipées du 11 juillet 2021).
La liste des membres de la commission ad hoc figure à l’annexe 1.
2. Conformément à l’accord de coopération signé entre l’Assemblée
et la Commission européenne pour la démocratie par le droit (Commission
de Venise), le 4 octobre 2004, un représentant de la Commission
de Venise a été invité à se joindre à la commission ad hoc en qualité
de conseiller juridique.
3. Les partenaires habituels de l’Assemblée dans le cadre de
la Mission internationale d'observation des élections (MIOE), l'Assemblée
parlementaire de l'Organisation pour la sécurité et la coopération
en Europe (AP de l'OSCE) et le Bureau des institutions démocratiques
et des droits de l'homme (BIDDH), ont décidé de ne pas déployer
de missions d'observation électorale. L’Assemblée était donc la
seule organisation parlementaire internationale à observer l’élection
présidentielle et les élections législatives anticipées en Bulgarie.
4. Les 12 et 13 novembre 2021, la commission ad hoc («délégation
de l'APCE») a rencontré des dirigeants et des représentants de partis
politiques et de coalitions, des membres de la mission d'évaluation
des élections du BIDDH, des membres de la Commission électorale
centrale, ainsi que des représentants d'ONG et des médias, avant
d'observer le scrutin du 14 novembre. Le programme des réunions
figure à l'annexe 2.
5. Le jour des élections, la délégation de l’APCE s’est scindée
en onze équipes qui ont observé le vote à Sofia et dans ses environs,
ainsi que dans les régions de Batak, Blagoevgrad, Dubnitsa, Karlovo,
Kustendil, Mezdra, Pazardzhik, Pernik, Plovdiv, Pravets, Samokov,
Slivnitsa et Velingrad. Le lendemain, la délégation de l'APCE a
publié un communiqué de presse (annexe 3).
6. La délégation de l’APCE chargée de l’observation de ces élections
a conclu que l’élection présidentielle et les élections législatives
anticipées tenues en Bulgarie le 14 novembre 2021 ont permis une
véritable mise en concurrence des différents candidats et que les
libertés fondamentales ont été respectées. Cependant, l’intérêt
et la confiance de la population vis-à-vis du processus électoral
pâtissent du problème de longue date de l’achat de voix et de l’incapacité
du processus politique à déboucher sur la formation d’un gouvernement.
2 Contexte
politique
7. L’Assemblée a observé toutes
les élections législatives et présidentielles en Bulgarie depuis
1990. Concernant les élections législatives tenues le 4 avril 2021,
la délégation de l’APCE, observant les élections dans le cadre d'une
MIOE, avait conclu qu'elles avaient été compétitives et gérées efficacement
malgré les circonstances difficiles dues à la pandémie de covid-19,
et que les libertés fondamentales avaient été respectées. Toutefois,
l’utilisation massive de ressources de l’État avait donné un avantage
significatif au parti au pouvoir. Les observateurs internationaux
à long terme et beaucoup d’autres interlocuteurs avaient informé la
délégation de l’APCE de certains problèmes persistants comme des
allégations d’achat de voix, de contrôle des votes et d’intimidation
d’électeurs. De telles tentatives auraient été faites en particulier
auprès de groupes économiquement et socialement vulnérables. La
délégation de l'APCE avait déclaré qu'elle attendait des autorités
bulgares compétentes qu'elles veillent à ce que ces allégations
graves fassent dûment l’objet d’enquêtes avant les élections nationales
suivantes, afin de rétablir la confiance dans le processus électoral démocratique.
8. Avant le 4 avril 2021, le paysage politique en Bulgarie était
dominé par deux grands partis politiques: le parti Citoyens pour
le développement européen de la Bulgarie (GERB) et le Parti socialiste
bulgare (BSP), alternant au gouvernement depuis 15 ans. Les élections
du 4 avril ont apporté des modifications significatives à la scène
politique précédemment marquée par la domination bipartisane, avec
de nouveaux partis politiques – Il y a un tel peuple (ITN), et deux
nouvelles coalitions, Coalition Bulgarie démocratique (DB) et Debout! Sortez!
sont entrées au parlement.
9. Lors des élections du 4 avril 2021, six partis et coalitions
ont franchi le seuil des 4 % et sont entrés au parlement: Citoyens
pour le développement européen de la Bulgarie (GERB) – 75 sièges
(25,8 %); Il y a un tel peuple (ITN) – 51 sièges (17,4 %); Parti
socialiste bulgare (BSP) – 43 sièges (14,79 %); Mouvement pour les droits
et libertés (MRF) – 30 sièges (10,36 %); coalition Bulgarie démocratique
(DB) – 27 sièges (9,31 %); coalition «Debout! Sortez!» (ISMV) –
14 sièges (4,65 %).
10. Cependant, le parlement n’est pas parvenu à former un gouvernement.
Par conséquent, le 12 mai, le Président de la Bulgarie a dissous
l'Assemblée nationale et convoqué des élections législatives anticipées
pour le 11 juillet.
11. Une délégation de l'APCE a observé les élections législatives
anticipées du 11 juillet dans le cadre d'une MIOE et a conclu qu'elles
avaient été compétitives et que les libertés fondamentales avaient
généralement été respectées. Le processus de vote dans les bureaux
de vote était bien organisé, mais une élection ne doit pas être
évaluée sur la seule base du jour du scrutin. Les modifications
importantes apportées hâtivement et peu de temps seulement avant
les élections, avaient rendu obligatoire l’utilisation de machines
à voter, alors qu’aucune étude n’avait été menée sur leur utilisation
lors des élections du 4 avril. Si l'utilisation des nouvelles technologies
dans les processus électoraux peut être considérée comme une évolution
positive, la délégation de l'APCE est néanmoins convaincue qu’il
ne suffit pas de recourir à des moyens modernes pour rétablir la confiance
des Bulgares dans le caractère véritablement démocratique du processus
électoral et pour empêcher la corruption politique, éviter les scandales
et résoudre d’autres problèmes persistants.
12. Le résultat des élections législatives anticipées du 11 juillet
a été le même que celui des élections d'avril 2021: six partis et
coalitions ont franchi le seuil des 4 %: Il y a un tel peuple (ITN)
– 65 sièges (24,08 %); Citoyens pour le développement européen de
la Bulgarie (GERB) – 63 sièges (23,51 %); Parti socialiste bulgare
(BSP) – 36 sièges (13,39 %); coalition Bulgarie démocratique (DB)
– 34 sièges (12,64 %); Mouvement pour les droits et libertés (MRF)
– 29 sièges (10,71 %); coalition «Debout! Sortez!» (IMV) – 13 sièges
(5,01 %). Le taux de participation était de 42,19 %.
13. Une fois de plus, le parlement n'a pas réussi à former un
nouveau gouvernement. Le 14 septembre, le Président bulgare l'a
donc dissous et convoqué des élections législatives anticipées pour
le 14 novembre, date prévue pour l'élection présidentielle.
3 Cadre juridique
14. La délégation de l’APCE rappelle
que la Bulgarie a signé et ratifié la Convention européenne des
droits de l’homme (STE n° 5) et son Protocole (STE n° 9), qui consacrent
un certain nombre de principes fondamentaux pour une démocratie
effective et véritable, parmi lesquels le droit à des élections
libres (article 3 du Protocole 1), la liberté d’expression, la liberté
de réunion et d’association, ainsi que l’interdiction de la discrimination
(articles 10, 11 et 14 de la Convention).
15. Le principal texte législatif régissant les élections législatives
et présidentielles est le Code électoral de 2014, qui a été modifié
à plusieurs reprises depuis lors.
16. Outre la Constitution de la Bulgarie et le Code électoral,
les autres textes pertinents sont les suivants: la loi relative
à la participation directe des citoyens à l'administration centrale
et locale, la loi relative aux partis politiques, la loi relative
à l’autonomie locale et à l'administration locale et la loi relative
aux violations et sanctions administratives.
17. Quatre questions relatives au cadre commun aux deux élections
posent un problème juridique:
- Depuis
2016 le vote est obligatoire, mais les personnes qui ne votent pas
ne sont passibles d’aucune sanction.
- Sur le bulletin, un électeur peut indiquer «Je ne soutiens
personne». Ces voix sont prises en considération dans le calcul
du taux de participation, mais pas dans le résultat final.
- Il y a des bureaux de vote à l'étranger. Une disposition
qui limitait à 35 le nombre de bureaux de vote bulgares par pays
a été déclarée inconstitutionnelle par la Cour constitutionnelle
et a été supprimée, d’abord pour les autres États membres de l'Union
européenne et, maintenant, depuis les modifications d'avril 2021,
pour tous les pays.
- Il n’y a pas d’autre possibilité que d’utiliser les machines
à voter dans les bureaux de vote où sont inscrits plus de 300 électeurs.
Cette modification a été contestée devant la Cour constitutionnelle
en 2021, en vain.
18. En ce qui concerne l'élection présidentielle, les dispositions
juridiques pertinentes figurent dans la Constitution et dans le
Code électoral, dans la partie 1, l’ensemble du chapitre 16 et certaines
dispositions du chapitre 15.
19. Le Président et le Vice-Président sont élus conjointement
par un système majoritaire national pour un mandat de cinq ans.
Pour que l’élection soit validée, il faut que plus de la moitié
des électeurs inscrits exercent leur droit de vote. Tout citoyen
bulgare habilité à voter peut se présenter à cette élection, à condition
d'avoir au moins 40 ans et d'avoir résidé dans le pays durant les
cinq années précédant l'élection.
20. Le Président et le Vice-Président sont élus simultanément
à partir des listes nationales de candidatures enregistrées par
les partis et coalitions politiques ou par les comités de nomination
dans le cas de candidats indépendants. Ils sont élus sur la même
liste, aux mêmes conditions et selon la même procédure.
21. Selon la «Méthode à suivre pour déterminer les résultats de
l’élection du Président et du Vice-Président», «sont élus les deux
candidats ayant recueilli plus de la moitié des suffrages valides,
[…] si plus de la moitié des électeurs ont participé au scrutin».
Un deuxième tour est organisé si aucune liste de candidats ne l'emporte
au premier tour.
22. Le Président et le Vice-Président ne peuvent être réélus qu'une
fois au même poste.
23. En ce qui concerne les élections législatives, elles sont
régies par le chapitre 15 du Code électoral de la Bulgarie.
24. L'Assemblée nationale de Bulgarie est un organe monocaméral
composé de 240 membres. Les députés sont élus sur la base d'un système
de représentation proportionnelle à listes ouvertes à partir de 31 circonscriptions
électorales plurinominales. Le seuil de représentation est de 4 %
des suffrages valides au niveau national; les candidats indépendants
doivent quant à eux atteindre le quota électoral calculé selon la méthode
Hare-Niemeyer. Les électeurs peuvent donc exprimer des préférences
au sein d'une liste. Un candidat peut bénéficier d’un vote préférentiel
si le nombre de voix recueillies est au moins égal à 7 % des suffrages
exprimés pour la liste sur laquelle il figure.
25. Tout citoyen âgé de plus de 18 ans, à l'exception des personnes
qui sont sous le coup d’une interdiction judiciaire ou qui purgent
une peine de prison, est libre d'élire les autorités de l’État et
des collectivités locales et de voter lors de référendums. La Commission
de Venise a recommandé que la restriction au droit de vote des détenus
ne s’applique qu’à ceux purgeant des peines pour les infractions
les plus graves. En 2016, la Cour européenne des droits de l'homme
a décidé que cette restriction générale était disproportionnée et
contraire à l'article 3 du Protocole n° 1.
26. Tout citoyen âgé d'au moins 21 ans peut se présenter aux élections
à l'Assemblée nationale, à condition de ne pas être condamné pour
une infraction, quelle que soit sa gravité. En outre, «tout candidat
à un siège à l'Assemblée nationale qui occupe un emploi public doit
démissionner dès l'enregistrement de sa candidature». De plus, il
est interdit aux citoyens ayant une double nationalité de se présenter
aux élections législatives. La Commission de Venise a recommandé
de lever cette interdiction.
27. Le Code électoral bulgare ne contient aucune disposition relative
à l'égalité entre les femmes et les hommes.
4 Administration
électorale, listes électorales, inscription des partis et des coalitions
28. L’administration des élections
présidentielles et législatives est assurée par des organes de gestion électorale
à trois niveaux: la Commission électorale centrale (CEC), les 31
commissions électorales de circonscription (régionales) et quelque
12 000 commissions électorales locales.
29. Selon l'article 46 du Code électoral, tel qu’il a été modifié
en avril 2021, la commission électorale centrale se compose de 15
membres, dont un président, des vice-présidents et un secrétaire,
nommés par les partis et coalitions représentés au parlement. Les
membres sont nommés par décret du Président de la République après
consultations publiques et selon une procédure déterminée par le
président, sur la base d'une proposition des partis et coalitions
représentés au parlement.
30. La CEC nomme des commissions électorales régionales lors de
chaque élection de: Représentants nationaux: pour chaque circonscription
plurinominale; de membres du Parlement européen pour la République de
Bulgarie, et du Président et Vice-président de la République: pour
chaque district selon le découpage du territoire de la Bulgarie
pour les dernières élections des représentants nationaux à l’Assemblée
nationale.
31. Une commission électorale régionale se compose d’un président,
d’un président adjoint, d’un secrétaire et de membres. Les représentants
d'un parti ou d'une coalition ne peuvent pas détenir la majorité
au sein de la commission en question. Le président, le vice-président
et le secrétaire ne peuvent pas appartenir à un même parti ou à
une même coalition. Dans les circonscriptions comptant jusqu'à neuf
députés, la commission électorale comprendra 13 membres. Dans celles
comptant dix députés ou davantage, la commission électorale comprendra
17 membres.
32. Une commission électorale locale se compose d'un président,
d'un vice-président, d'un secrétaire et de membres. Les représentants
d'un parti ou d'une coalition ne peuvent pas détenir la majorité
au sein de la commission électorale locale. Le président, le vice-président
et le secrétaire ne peuvent pas appartenir à un même parti ou à
une même coalition. Le nombre de membres des commissions électorales
locales, y compris le président, le vice-président et le secrétaire,
est, pour les localités jusqu’à 500 électeurs de sept membres au maximum,
et de cinq au minimum; et pour les localités de plus de 500 électeurs,
de neuf au maximum, et de cinq au minimum.
33. Les listes électorales sont établies par les administrations
municipales. Chaque électeur est inscrit sur une seule liste et
enregistré en fonction de son adresse permanente. Une liste électorale
distincte est établie pour chaque bureau de vote.
34. Si un électeur n'est pas inscrit sur une liste électorale,
mais a le droit de voter, il devra justifier de ce droit en présentant
à la commission électorale locale dont il dépend une déclaration
type indiquant qu’il n'a pas voté et ne votera pas ailleurs.
35. Des listes d'électeurs spéciales sont établies pour permettre
le vote hors des bureaux de vote, c'est-à-dire dans des établissements
médico-thérapeutiques, des institutions spécialisées, ou des établissements pénitentiaires,
ou encore à bord de bateaux. Des listes électorales spécifiques
sont aussi établies pour le vote à l'étranger, à partir des demandes
déposées par des Bulgares vivant à l'étranger et souhaitant exercer
leur droit de vote par l'intermédiaire de missions diplomatiques
et consulaires.
36. Les étudiants peuvent voter là où ils étudient. Le 28 janvier 2021,
la loi sur les mesures et actions dans les situations d'urgence
a été modifiée pour permettre aux personnes en quarantaine ou hospitalisées
en raison de la pandémie de Covid-19 de demander à avoir accès à
une urne mobile ou à voter dans des bureaux de vote spéciaux.
37. La CEC est responsable de la délimitation des circonscriptions.
Le nombre de mandats par circonscription est calculé sur la base
des résultats du dernier recensement mais une circonscription doit comprendre
au moins quatre mandats. La Commission de Venise et le BIDDH ont
dit craindre que ce minimum puisse affecter l'égalité du suffrage.
38. Les partis, coalitions et commissions d'investiture classent
les candidats sur les listes de candidats par circonscription plurinominale.
Les candidats des partis et des coalitions sont inscrits sur le
registre des listes de candidats et sont enregistrés sous le numéro
correspondant à leur classement sur la liste de candidats. Les coalitions
se présentent aux élections sur une liste unique de candidats dans
chacune des circonscriptions plurinominales. Le nombre de candidats
figurant sur une liste ne peut être supérieur au double du nombre
de sièges de la circonscription plurinominale.
39. La CEC est responsable de l'inscription des candidats. Si
une inscription est refusée par la CEC, la décision peut être contestée
devant la Cour administrative suprême.
40. Les candidats à la présidence et à la vice-présidence peuvent
être proposés pour enregistrement par un parti, une coalition ou
une commission de nomination. Les candidats indépendants ne sont
enregistrés que si leur candidature est soutenue par au moins 2 500
électeurs et chaque électeur ne peut participer qu'à une seule liste.
41. Dix-huit femmes étaient candidates aux élections présidentielles,
quatre concourant pour la présidence et 14 pour la vice-présidence.
Ce chiffre est comparable à la représentation des femmes au parlement
en 2017 et en avril et juillet 2021 (57-55-59 sièges).
42. La CEC a tenu des sessions régulières, a diffusé les sessions
en ligne, a respecté les délais et a adopté la plupart des décisions
à temps. Cependant, son activité a manqué de transparence, certaines
sessions ont été passées sous silence, les décisions protocolaires
n'ont pas été publiées à temps. La composition partisane a été accusée
de ralentir le processus décisionnel.
43. 11 874 bureaux de vote classiques ont été organisés, dont
79 % avec des machines à voter et 19 % avec deux machines. 751 bureaux
de vote ont été organisés à l'étranger dans 68 pays, dont 208 avec
des machines à voter.
44. 6 708 189 électeurs ont été inscrits sur les listes préliminaires.
Il semblerait que la plupart des Roms n'aient pas pu voter faute
d'adresse permanente et/ou de carte d'identité. 56 668 électeurs
étaient inscrits sur la liste des électeurs de l'étranger. Des inscriptions
supplémentaires étaient possibles le jour du scrutin.
45. La CEC a enregistré 23 candidats à la présidence et 27 coalitions
et partis. Un parti (Été bulgare) s'est vu refuser l'enregistrement
faute de compte bancaire.
46. Les commissions électorales régionales ont enregistré 5 067
candidats individuels (les candidats sont autorisés à se présenter
dans deux circonscriptions) et deux candidats indépendants. La commission
de district de Stara Zagora a refusé l'enregistrement de la liste
des candidats de Bulgarie démocratique. La CEC a confirmé cette
décision, qui a par la suite été annulée par le tribunal administratif
de Stara Zagora.
5 Contexte, financement
et couverture médiatique de la campagne électorale
47. La campagne électorale officielle
a démarré 30 jours avant le jour du scrutin. Le Code électoral précise que
la campagne électorale se déroule uniquement en langue bulgare,
qui est la langue officielle de la Bulgarie.
48. Le financement des partis politiques, des coalitions et des
candidats repose sur des fonds publics ainsi que sur les ressources
financières du parti ou de la coalition, sur celles des candidats
et sur des contributions de personnes physiques.
49. Les contributions anonymes, les contributions de personnes
morales, les contributions de l'étranger (de personnes physiques,
d’États, d’entreprises publiques ou d’organisations étrangères à
but non lucratif) et les contributions d'institutions religieuses
sont interdites.
50. Par décision du 27 avril 2021, la Cour constitutionnelle a
déclaré inconstitutionnelles toutes les dispositions légales qui
permettent aux partis de recevoir des dons de la part d'entreprises.
Il ressort de sa décision que ce n'est pas le financement par des
personnes morales en tant que tel qui est contraire à la Constitution,
mais la manière dont il est actuellement réglementé par la loi,
à savoir 1) l'absence de plafonnement des dons et 2) la possibilité
d'un financement direct ou indirect des partis politiques par l'État
et les communes en dehors du financement budgétaire défini dans
la loi. La Cour a également estimé que ce financement budgétaire
n’est pas seulement une option mais qu'il est exigé par la Constitution:
il est du devoir constitutionnel de l'État de créer les conditions
d'une vie politique démocratique fondée sur le principe du pluralisme
politique. La décision de la Cour constitutionnelle a pris effet
immédiatement.
51. Le montant total du financement de la campagne pour l’élection
présidentielle ne peut dépasser deux millions BGN pour un parti,
une coalition ou une commission d’investiture. Le montant total
du financement d’une campagne pour les élections législatives ne
peut excéder trois millions BGN pour un parti ou une coalition et
200 000 BGN pour une commission d’investiture.
52. Le Bureau d’audit national est habilité à superviser les dépenses
des partis politiques et de la campagne.
53. Les radiodiffuseurs de service public sont tenus de couvrir
les élections conformément aux principes d'équité et d'objectivité,
et d'allouer du temps d'antenne gratuit à chaque candidat. La couverture
des élections par des radiodiffuseurs privés échappe en grande partie
à la réglementation.
54. Des fonds publics sont mis à disposition des partis, des coalitions
et des commissions d'investiture qui ont enregistré un candidat
pour leur permettre de le faire connaître dans les médias.
55. La loi précise qu'il est interdit d'utiliser les armoiries
ou le drapeau de la République de Bulgarie ou d’un État étranger,
ainsi que des signes ou motifs religieux, dans des matériels de
campagne.
56. Aux termes d’une autre disposition, «il est interdit de faire
des insinuations politiques dans des annonces commerciale au bénéfice
ou au détriment d'un parti, d'une coalition, d'une commission d'investiture
ou d'un candidat.»
57. Le cadre juridique des médias offre généralement un cadre
solide pour protéger le droit à la liberté d'expression et la liberté
des médias. Des règles détaillées du Code électoral prévoient un
temps d'antenne gratuit et un temps d'antenne payant sur les chaînes
publiques.
58. Les 12 et 13 octobre 2021, la CEC a approuvé les accords sur
la couverture médiatique des élections signés par la Télévision
national bulgare (BNT) et la Radio nationale bulagre (BNR) avec
les représentants des partis et, le 17 octobre, elle a adopté les
règles relatives à la couverture médiatique des élections par la
BNT et la BNR.
59. La délégation de l'APCE a été informée qu'en vertu du principe
de «participation égale», tous les candidats se voyaient offrir
un temps d'antenne égal sur BNT et BNR. Cependant, ces chaînes ne
couvraient pas la campagne électorale dans leurs bulletins d'information,
ce qui a suscité l'inquiétude de certains partis politiques. Une
large couverture payante a marqué la campagne électorale, bien qu’elle
ait été moins importante que lors des élections précédentes.
60. Bien que les candidats aient bénéficié d'un accès direct aux
médias, un manque de véritable couverture éditoriale et de médiation
journalistique a été constaté lors des élections passées. La délégation
a appris que l'autocensure était encore pratiquée, prétendument
pour ne pas perdre de publicité.
61. La campagne a porté principalement sur des sujets comme la
pandémie, les prix de l'énergie, l'inflation, les cas de corruption,
les soins de santé, l'éducation, la politique étrangère et la vaccination.
L'atmosphère générale était calme, et il n’y a eu qu’un seul cas
de violence signalé. Il n’y a pas eu de débat entre les candidats.
6 Jour du scrutin
62. Depuis les amendements d'avril 2021,
le vote, dans les bureaux où sont inscrits plus de 300 électeurs (11 936
au total), s’effectue en utilisant les machines à voter. Les amendements
autorisent l’utilisation de bulletins papier «à titre exceptionnel»,
mais ne précisent pas dans quelles conditions cette exception peut
être invoquée. Les machines à voter fonctionnent grâce à une carte
à puce remise à l'électeur par le personnel. L'électeur peut modifier
son vote une fois. L'électeur dépose un reçu électronique dans un
boîtier de vote spécial de la machine et rend la carte à puce.
63. Dans les bureaux de vote observés par la délégation de l’APCE,
les membres des commissions des bureaux de vote ont été coopératifs
et le vote a été calme, transparent et bien organisé; toutefois,
des problèmes techniques ont été constatés en ce qui concerne le
fonctionnement des machines à voter, ainsi que certaines insuffisances
du point de vue de l’organisation. Dans un certain nombre de bureaux
de vote observés, il y avait manifestement confusion quant à la
responsabilité du fonctionnement des machines à voter. Certaines
personnes ont eu des difficultés à les utiliser, et l'absence de
chaise devant ces machines a augmenté le stress des électeurs âgés.
Le temps nécessaire à certains électeurs a souvent conduit à des
files d'attente. De plus, la conception du processus à l'écran a
conduit certains électeurs à s'exclure d'un des deux scrutins. Des
situations particulièrement difficiles ont été observées dans les
bureaux de vote de la communauté rom, où le degré d'analphabétisme
est très élevé et où un certain nombre d'incidents se sont produits.
Dans certains bureaux de vote, des personnes non autorisées étaient
présentes, l'une d'entre elles affirmant être «de la municipalité».
Le secret du vote n'a pas toujours été rendu possible. Aucun observateur local
n'était présent dans la plupart des bureaux de vote observés.
64. Le fait que dans les bureaux de vote où les défaillances des
machines à voter (59 au total) ont conduit à l'utilisation de bulletins
de vote en papier «classiques» aurait pu causer des votes carrousel
frauduleux.
65. Les résultats des élections législatives anticipées du 14 novembre 2021
ont été les suivants:
|
Parti ou coalition
|
Votes
|
%
|
Sièges
|
|
Nous continuons le changement
|
673 170
|
25,67%
|
67
|
|
GERB
|
596 456
|
22,74%
|
59
|
|
Mouvement des droits
et des libertés (MRF)
|
341 000
|
13,00%
|
34
|
|
Parti socialiste bulgare
(BSP)
|
267 817
|
10,21%
|
26
|
|
Il y a un tel peuple
|
249 743
|
9,52%
|
25
|
|
Bulgarie démocratique
|
166 968
|
6,37%
|
16
|
|
Vuzrajdane (Renaissance)
|
127 568
|
4,86%
|
13
|
66. La participation a été de 40,23%.
67. Le résultat du premier tour de l'élection présidentielle a
été le suivant:
|
Candidats
|
Votes
|
%
|
|
Rumen Radev – Iliana
Yotova
|
1 322 385
|
49,42%
|
|
Anastas Gerdjikov – Nevena
Miteva-Mateeva
|
610 862
|
22,83%
|
|
Mustafa Karadayi – Iskra
Mihaylova
|
309 681
|
11,57%
|
|
Kostadin Kostadinov –
Elena Guncheva
|
104 832
|
3,92%
|
|
Lozan Panov – Maria Kasimova
|
98 488
|
3,68%
|
68. La participation a été de 40,50 %.
69. Un second tour de l'élection présidentielle a eu lieu le 21 novembre.
La délégation de l'APCE n'a pas été en mesure d'observer le second
tour de l'élection présidentielle. Les résultats ont été les suivants:
|
Candidats
|
Votes
|
%
|
|
Rumen Radev – Iliana
Yotova
|
1 539
650
|
66,72%
|
|
Anastas Gerdjikov – Nevena
Miteva-Mateeva
|
733 791
|
31,80%
|
70. La participation a été de 34,84 %.
7 Conclusions et recommandations
71. La délégation de l’APCE a conclu
que l’élection présidentielle et les élections législatives anticipées tenues
en Bulgarie le 14 novembre 2021 ont permis une véritable mise en
concurrence des différents candidats, et que les libertés fondamentales
ont généralement été respectées. Cependant, l'intérêt et la confiance
de la population vis-à-vis du processus électoral pâtissent du problème
de longue date de l'achat de votes et de l'incapacité du processus
politique à déboucher sur la formation d’un gouvernement.
72. La délégation était consciente des défis posés par l’organisation
d’un troisième scrutin au cours de la même année, après les élections
du 4 avril et du 11 juillet et en particulier à une période où la
pandémie de covid continuait à avoir un fort impact sur la société
bulgare.
73. Les interlocuteurs de la délégation lui ont fait part de la
persistance de problèmes affectant de longue date les processus
électoraux en Bulgarie, tels que le problème répandu du contrôle
des votes et de l'achat de voix (en particulier dans les communautés
économiquement fragiles comme les Roms), ainsi que des difficultés
pratiques à lutter efficacement contre cette pratique. L'utilisation
de machines à voter pourrait avoir réduit les possibilités d'achat
de voix. La délégation de l’APCE a compris que l'utilisation inhabituellement répandue
d’urnes mobiles lors des précédentes élections, principalement dans
ces communautés, a été considérée par certains comme un moyen de
faciliter davantage le contrôle et l'achat de voix. Elle a estimé que
ce type de pratiques était très préoccupant.
74. La délégation de l’APCE a salué le fait que le ministère de
l’Intérieur ait mené ces derniers mois une campagne d’action dans
ce domaine. Les dispositions légales en vigueur concernant l’achat
de voix devraient évidemment être appliquées. Toutefois, certains
interlocuteurs de la délégation se sont interrogés sur d’éventuelles
motivations politiques de cette action.
75. La délégation a également été informée des problèmes liés
au système de vote par machine qui, selon certains interlocuteurs,
limitent la participation des électeurs peu familiers des technologies
modernes. Elle a noté que la découverte mystérieuse de centaines
de ces machines dans plusieurs locaux appartenant au gouvernement,
quelques jours seulement avant le jour du scrutin, ainsi que les
explications peu convaincantes fournies par les autorités, soulevaient
de graves questions quant à la possibilité d’une fraude électorale.
76. S’agissant des problèmes techniques qu’elle a observés, la
délégation de l'APCE considère qu'il est nécessaire d'organiser
des formations spéciales pour les membres des bureaux de vote afin
de mieux les familiariser avec les nouvelles technologies.
77. Le fait que dans les bureaux de vote où les défaillances des
machines à voter (59 au total) ont conduit à l'utilisation de bulletins
de vote en papier «classiques» aurait pu permettre le vote carrousel.
78. La délégation de l’APCE tient à remercier les autorités bulgares
pour le soutien qu’elle a reçu dans l’organisation de la mission
et leur assure que l’Assemblée et la Commission de Venise poursuivront
leur coopération afin de continuer d’améliorer la législation et
les pratiques électorales de la Bulgarie.
Annexe 1 – Composition de la commission
ad hoc
Président: M. Alfred
HEER, Suisse
Groupe des socialistes, démocrates et
verts (SOC)
- M. Pierre-Alain FRIDEZ,
Suisse
- M. Pedro CEGONHO, Portugal
- M. Yunus EMRE, Turquie
- M. André VALLINI France
- Mme Marina BERLINGHIERI, Italie
Groupe du Parti populaire européen (PPE/DC)
- M. Viorel BADEA, Roumanie
- M. Corneliu-Mugurel COZMANCIUC, Roumanie
- M. Jacek PROTASIEWICZ, Pologne
- M. Francesco SCOMA, Italie
- M. Raivo TAMM, Estonie
- M. Vladimir VARDANYAN, Arménie
Alliance des démocrates et des libéraux
pour l’Europe (ADLE)
- M. Fabien GOUTTEFARDE,
France
- M. Alfred HEER, Suisse
- M. Damien COTTIER, Suisse
- M. Jean-Pierre GRIN, Suisse
- M. Arminas LYDEKA, Lituanie
Groupe des conservateurs européens et
Alliance démocratique (CE/AD)
- M. Alberto RIBOLLA,
Italie
- M. Ulrich OEHME, Allemagne
Groupe pour la gauche unitaire européenne
(GUE)
- M. Andrej HUNKO, Allemagne
Commission de Venise
- M. Richard BARRETT,
membre
Secrétariat
- M. Bogdan TORCĂTORIU,
Administrateur, Secrétaire de la commission ad hoc, Division de l’observation
des élections et de la coopération interparlementaire
- Mme Danièle GASTL, Assistante,
Division de l’observation des élections et de la coopération interparlementaire
- M. Michael JANSSEN, conseiller juridique, Commission de
Venise
Annexe 2 – Programme de la commission
ad hoc (12-15 novembre 2021)
Vendredi 12 novembre 2021
15h00-16h00 Réunion de la délégation
- allocution de bienvenue de M. Alfred
Heer, Chef de la délégation
- présentation des aspects juridiques par M. Richard Barrett,
membre de la Commission de Venise
- briefing sur les aspects pratiques par le Secrétariat
- distribution des formulaires d'observation
16h00-17h15 Présentation par la mission d'évaluation des
élections du BIDDH
17h15-18h15 Échange de vues avec des représentants d'ONG
actives dans le domaine de l’observation des élections:
- Mme Lilian
Nikoforova, Institut pour le développement de l’environnement public
- Mme Katya Koleva, Institut
pour l’intégration sociale
- Dr Daniel Smilov, Centre pour les stratégies libérales
- Dr Stoycho Stoychev, Laboratoire sur les systèmes et techniques
électoraux
- Prof. Kjell Englbrekt, Laboratoire sur les systèmes et
techniques électoraux
18h15-19h15 Échange de vues avec des représentants des médias
- Journal Dnevnik: M. Petar Karaboev
Samedi 13 novembre 2021
9h00-11h50 Réunions consécutives avec des dirigeants
et représentants des partis politiques et coalitions:
- 9h00-9h20: Citoyens pour le
développement européen de la Bulgarie (GERB) – soutien au comité
d'initiative électorale du Prof. Anastas Gerdjkov: Mr Daniel Mitov, Ms Ekaterina
Zaharieva, Mr Georg Georgiev
- 9h25-9h45: Parti socialiste bulgare (BSP) – soutien au
comité d'initiative électorale de M. Rumen Radev: M. Ivan Ivanov,
M. Yavor Bozhankov
- 9h50-10h10: Coalition «Nous continuons le changement»
– soutien au comité d'initiative électorale de M. Rumen Radev: M. Assen
Vasilev, M. Kiril Petkov
- (10h15-10h35: Il existe un tel peuple – soutien au comité
d'initiative électorale de M. Rumen Radev (non présent)
- 10h40-11h00: Coalition bulgare démocratique – soutien
au comité d'initiative électorale de M. Lozan Panov: Mme Nadejda
Yordanova,
- 11h05-11h25: Mouvement pour les droits et libertés (MRF
– dont le chef de parti, M. Mustafa Karadayi, est candidat à l’élection
présidentielle): M. Halil Letifov, M. Yordan Tsonev
- 11h30-11h50: Coalition «Debout! Nous arrivons!» – soutien
au comité d'initiative électorale de M. Rumen Radev: M. Dimitar
Delchev, M. Danail Georgiev
12h00-12h45 Réunion avec la Commission électorale centrale:
Mme Elka Stoyanova, M. Dimitar Dimitrov,
M. Emil Voynov
12h45 Rencontre avec les chauffeurs et les interprètes
Dimanche 14 novembre 2021
Jour du scrutin – observation dans les bureaux
de vote
Lundi 15 novembre 2021
10h00-11h30 Réunion de la délégation
- débriefing
- adoption d'une déclaration
Annexe 3 – Communiqué de la commission
ad hoc
Bulgarie: déclaration de la délégation
d’observation de l’APCE sur les élections législatives anticipées et
l’élection présidentielle
15/11/2021
Les élections législatives anticipées et l’élection présidentielle
tenues en Bulgarie le 14 novembre ont été concurrentielles et les
libertés fondamentales ont été respectées. Cependant, selon les
conclusions d’une délégation de l’Assemblée parlementaire du Conseil
de l’Europe (APCE), l’intérêt et la confiance de la population vis-à-vis
du processus électoral pâtissent du problème de longue date de l’achat
de voix et de l’incapacité du processus politique à déboucher sur
la formation d’un gouvernement.
Composée de 19 membres et conduite par Alfred Heer (Suisse,
ADLE), la délégation a rencontré des dirigeants et des représentants
de partis et de coalitions politiques, des membres de la mission
d’évaluation électorale du BIDDH, le président et les membres de
la Commission électorale centrale et des représentants des ONG et
des médias, préalablement à l’observation du scrutin du 14 novembre.
La délégation était consciente des défis posés par l’organisation
d’un troisième scrutin au cours de la même année, après les élections
du 4 avril et du 11 juillet – que l’APCE a également observées –
et en particulier à une période où la pandémie de Covid a un impact
aussi fort sur la société bulgare.
Ses interlocuteurs lui ont fait part de la persistance de
problèmes affectant de longue date les processus électoraux en Bulgarie,
tels que le problème largement répandu du contrôle du vote et de
l’achat de voix (en particulier dans les communautés économiquement
fragiles comme les Roms), ainsi que des difficultés concrètes à
lutter efficacement contre cette pratique. L’utilisation de machines
à voter aurait pu réduire les possibilités d’achat de voix. Il est
apparu à la délégation que l’utilisation inhabituellement répandue
d’urnes mobiles lors des dernières élections, principalement dans
ces communautés, était considérée par certains comme un moyen de
faciliter davantage le contrôle du vote et l’achat de voix.
La délégation de l’APCE a salué le fait que le ministère de
l’Intérieur ait mené ces derniers mois une campagne d’action dans
ce domaine. Les dispositions légales en vigueur concernant l’achat
de voix devraient évidemment être appliquées. Toutefois, certains
interlocuteurs de la délégation de l’APCE se sont interrogés sur
d’éventuelles motivations politiques de cette action.
La délégation a également été informée des problèmes liés
au système de vote par machine qui, selon certains interlocuteurs,
limitent la participation des électeurs peu familiers des technologies
modernes. Elle a noté que la découverte inexpliquée de centaines
de ces machines dans plusieurs locaux appartenant au gouvernement, quelques
jours seulement avant le jour du scrutin, ainsi que les explications
peu convaincantes fournies par les autorités, soulevaient de graves
questions quant à la possibilité d’une fraude électorale.
Le jour des élections, la délégation de l’APCE s’est scindée
en onze équipes qui ont observé le vote à Sofia et ses environs,
ainsi que dans les régions de Batak, Blagoevgrad, Dubnitsa, Karlovo,
Kustendil, Mezdra, Pazardzhik, Pernik, Plovdiv, Pravets, Samokov,
Slivnitsa et Velingrad. Dans les bureaux de vote observés, les membres
des commissions de bureau de vote ont été coopératifs et le vote
a été calme, transparent et bien organisé; toutefois, des problèmes
techniques ont été constatés en ce qui concerne le fonctionnement
des machines à voter, ainsi que certaines insuffisances du point
de vue de l’organisation. Certaines personnes ont eu des difficultés
à utiliser les machines à voter. La conception du processus sur
les écrans a conduit certains électeurs à s’exclure de l’une des
deux élections.
La délégation de l’APCE tient à remercier les autorités bulgares
pour le soutien qu’elle a reçu dans l’organisation de la mission
et leur assure que l’APCE et la Commission de Venise poursuivront
leur coopération afin de continuer d’améliorer la législation et
les pratiques électorales de la Bulgarie.
Un rapport sur l’observation des élections du 14 novembre
sera présenté à la session plénière de l’Assemblée parlementaire
du Conseil de l’Europe, qui se réunira à Strasbourg en janvier 2022.