L’impact de la pandémie de covid-19 sur les droits de l’enfant
Réponse à Recommandation
| Doc. 15465
| 02 mars 2022
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la
1426e réunion des Délégués des Ministres
(23 février 2022). 2022 - Deuxième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2206
(2021)
1. Le Comité des Ministres
a pris note avec intérêt de la Recommandation de l’Assemblée parlementaire 2206
(2021) «L’impact de la pandémie de covid-19 sur les droits de l’enfant»,
qu’il a transmise au Comité européen des Droits sociaux (CEDS),
au Comité directeur sur l’anti-discrimination, la diversité et l’inclusion (CDADI)
et au Comité directeur pour les droits de l’enfant (CDENF) pour
information et commentaires éventuels.
2. Le Comité reconnaît pleinement que les enfants ont été grandement
touchés par la pandémie. Ils ont de manière générale souffert de
l’isolement social, du manque d’accès à l’éducation, aux services
de santé et à l’égalité des chances, des pressions économiques et
sociales accrues sur leurs familles et d’une aggravation de la violence
domestique. Les enfants ont également souffert davantage de l’exploitation
et des abus sexuels, tant en ligne que hors ligne. Ceux qui se trouvent
dans des situations particulièrement vulnérables ont payé un tribut
particulièrement lourd. Par ailleurs, les enfants ont moins pris
part aux décisions relatives aux questions qui les concernent.
3. Le Comité observe que le CDENF a consacré un échange de vues
à cette question, en juillet 2020. Il a également compilé un ensemble
de bonnes pratiques à adopter face à la pandémie, mises en ligne
sur une page internet covid-19, et a lancé début 2021 une série
de webinaires sur la covid-19 et les droits de l’enfant. Le Président
et la Vice-présidente du Comité de Lanzarote ont fait une déclaration
sur le renforcement de la protection des enfants contre l’exploitation
et les abus sexuels en temps de pandémie de covid-19
Note, qui a appelé à partager les initiatives
pertinentes prises après l’instauration du confinement afin de protéger
les enfants contre la violence sexuelle, lesquels ont été publiés
sur la page internet covid-19.
4. Pour ce qui concerne la recommandation spécifique de l’Assemblée
figurant au paragraphe 4.1 de la recommandation, le Comité estime
que le Conseil de l’Europe n’aurait pas la capacité de consacrer
les ressources nécessaires à une tâche si complexe, car cela impliquerait
de passer en revue les plans de relance de tous les États membres
du Conseil de l’Europe au regard non seulement d’un instrument mais
de plusieurs instruments internationaux et européens. En revanche,
le Comité note que les travaux de multiples comités intergouvernementaux
peuvent contribuer aux passages en revue nationaux des plans de
relance post-covid des États membres sous l’angle des droits de
l’enfant. En outre, un suivi mené par l’intermédiaire du système de
la Charte sociale européenne, de la Commission européenne contre
le racisme et l’intolérance (ECRI), du Comité consultatif de la
Convention-cadre pour la protection des minorités nationales et
d’autres organes de suivi pourrait également apporter une contribution
utile. Finalement, le Comité souhaiterait mentionner les
Lignes
directrices sur la défense de l’égalité pendant la pandémie de covid-19
et d’autres crises similaires à venir, adoptées le 5 mai 2021.
5. Pour ce qui concerne la recommandation formulée au paragraphe 4.2,
le Comité des Ministres a créé un Groupe de travail sur l’amélioration
du système de la Charte sociale européenne (GT-CHARTE), qui a pour tâche
d’examiner les moyens pratiques à mettre en œuvre pour améliorer
le système à la lumière des propositions faites par la Secrétaire
Générale dans le document
SG/Inf(2021)13, le rapport soumis par le Comité directeur pour les
droits de l'homme (CDDH) et les prises de position adoptées par
le Comité européen des Droits sociaux (CEDS) et le Comité gouvernemental
de la Charte sociale européenne et du Code européen de sécurité
sociale (CG). Les premières constatations du GT-CHARTE doivent être
soumises à temps pour la Session ministérielle de mai 2022.
6. Pour ce qui est d’évaluer l’application de la Charte sociale
européenne afin d’améliorer la protection des enfants et de leurs
familles en période de pandémie et après, le Comité rappelle la
Déclaration du CEDS sur la covid-19 et les droits sociaux3,
qui précise que la Charte fournit un cadre de référence nécessaire
pour l’évaluation des mesures prises pour faire face à la pandémie
et de toute mesure de redressement post-pandémie, ainsi que pour
la préparation et les réponses à d’éventuelles crises futures de
cette nature. Bien que les droits de l’enfant soient un thème récurrent
de la Déclaration du CEDS, une section distincte évalue l’impact
de la pandémie sur les enfants et leurs familles en particulier.
De plus, en 2020, le CEDS a transmis des observations générales
et un questionnaire ciblé dans le cadre de la procédure d’établissement
de rapports nationaux au titre de la Charte
Note. Les questions ont porté notamment
sur les réponses des États à la crise sanitaire et sur les effets
de cette crise, tout en soulevant des questions spécifiques sur
les droits de l’enfant. Il est prévu que les conclusions sur ce
point soient publiées en mars 2022.
7. Le Comité des Ministres encourage le CDENF à examiner les
possibilités d’élargir davantage la participation des États non
membres du Conseil de l’Europe dans ses programmes de coopération
relatifs aux droits de l’enfant, en consacrant une attention particulière
aux pays à faible revenu, comme recommandé au paragraphe 4.4.
8. Pour ce qui concerne la recommandation formulée au paragraphe 4.5,
le Comité rappelle que la budgétisation axée sur les droits de l’enfant
et les études d’impact sur les droits de l’enfant ont été ponctuellement
abordées par le CDENF dans le cadre de son mandat 2020-2021. Elles
seront également abordées lors du mandat actuel (2022-2025) au moyen
d’activités plus spécifiques réalisées en coopération avec des partenaires
internes et externes; une collaboration avec l’Assemblée parlementaire
sera la bienvenue à cet égard.
9. Enfin, pour ce qui concerne le paragraphe 4.6, le Comité note
que les Secrétariats concernés du Conseil de l’Europe, du Parlement
européen et de la Commission européenne coopèrent étroitement et
s’informent mutuellement à intervalles réguliers des possibilités
de collaboration qu’offrent leurs stratégies respectives.