Droits et obligations des ONG venant en aide aux réfugiés et aux migrants en Europe
Réponse à Recommandation
| Doc. 15472
| 08 mars 2022
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Réponse adoptée lors
de la 1427e réunion des Délégués des
Ministres (2 mars 2022). 2022 - Deuxième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2192
(2020)
1. Le Comité des Ministres
a examiné avec attention la
Recommandation
2192 (2020) «Droits et obligations des ONG venant en aide aux réfugiés
et aux migrants en Europe» et se félicite du soutien de l’Assemblée
parlementaire à l’action des ONG dans la protection des droits fondamentaux
des migrants et réfugiés.
2. Il rappelle que les ONG venant en aide aux réfugiés et aux
migrants en Europe bénéficient des droits et de la protection offerte
par la Convention européenne des droits de l’homme, et en particulier
du droit à la liberté d’association prévu par l’article 11 de la
Convention, qui constitue un principe fondamental du Conseil de
l’Europe et dont l’exercice ne peut faire l’objet d’autres restrictions
que celles prévues au paragraphe 2 dudit article.
3. Comme tout individu, les réfugiés et les migrants jouissent
des libertés fondamentales et droits de l’homme universels, qui
doivent être respectés, protégés et exercés en toutes circonstances.
Le Comité rappelle aussi que les réfugiés, les migrants en situation
régulière et ceux en situation irrégulière, relèvent de cadres juridiques
distincts.
4. Il rappelle également la pertinence des autres instruments
juridiques du Conseil de l’Europe existants, y compris de la Convention
européenne sur la reconnaissance de la personnalité juridique des
organisations internationales non gouvernementales (STE n° 124),
que les États qui ne l’ont pas encore fait sont encouragés à signer
et/ou ratifier, ainsi que la Recommandation
CM/Rec(2007)14 sur le statut juridique des ONG en Europe et la Recommandation
CM/Rec(2018)11 sur la nécessité de renforcer la protection et la promotion
de l'espace dévolu à la société civile en Europe.
5. Il se réfère également aux Lignes directrices conjointes de
la Commission européenne pour la démocratie par le droit («Commission
de Venise») et du Bureau des institutions démocratiques et des droits de
l’homme de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en
Europe (OSCE/BIDDH) sur la liberté d’association et aux Grandes
lignes sur la protection du travail des ONG en faveur des réfugiés
et autres migrants, établies par le Conseil d’experts sur le droit
en matière d’ONG de la Conférence des OING du Conseil de l’Europe.
Il appelle également l’attention sur les nombreux avis rendus par
la Commission de Venise qui aborde directement un certain nombre
de points soulevés dans la recommandation tels que la création de bureaux
de terrain ou les privilèges fiscaux.
6. Compte tenu de ce qui précède, et en l’absence de lacunes
juridiques clairement identifiées, le Comité considère qu’il importe
de donner la priorité à la mise en œuvre des normes juridiques existantes
qui s’appliquent aux ONG venant en aide aux réfugiés et aux migrants
en Europe. Dans ce contexte, il rappelle que tous les acteurs doivent
agir dans le respect des normes juridiques pertinentes et souligne
la nécessité de s’assurer que les ONG puissent mener leurs activités
librement en conformité avec les droits garantis par la Convention
européenne des droits de l’homme.