Politique en matière de drogues et droits de l’homme en Europe: une étude de référence
Réponse à Recommandation
| Doc. 15489
| 04 avril 2022
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la
1429e réunion des Délégués des Ministres
(17 mars 2022). 2022 - Deuxième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2177
(2020)
1. Le Comité des Ministres
a examiné avec attention la
Recommandation
2177 (2020) «Politique en matière de drogues et droits de l’homme
en Europe: une étude de référence» et l’a transmise à l’Accord partiel élargi
sur le Groupe de coopération internationale du Conseil de l’Europe
sur les drogues et les addictions (Groupe Pompidou), au Comité européen
pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains
ou dégradants (CPT) et au Comité européen des Droits sociaux (CEDS)
pour information et commentaires éventuels.
2. Le Comité des Ministres se félicite du travail de l’Assemblée
dans ce domaine, en tant que contribution importante aux discussions
en cours aux niveaux européen et mondial pour prendre pleinement
en considération le respect des droits de l'homme dans l'élaboration,
l'adoption et la mise en œuvre des politiques en matière de drogues.
3. En ce qui concerne spécifiquement le paragraphe 2.1, le Comité
des Ministres informe l’Assemblée que selon le Statut révisé du
Groupe Pompidou, qui a été adopté par le Comité des Ministres le
16 juin 2021, le Groupe Pompidou, entre autres, «promeut le respect
des droits de l’homme dans la conception, l’adoption, la mise en
œuvre et l’évaluation des politiques en matières de drogues et d’addictions»
et «développe la compréhension et les réponses aux défis posés par
les drogues et les addictions, en se concentrant sur la santé, la
sûreté et la sécurité publiques, selon une approche multidisciplinaire,
équilibrée, sensible à la dimension de genre et intégrée, fondée
sur des preuves scientifiques et les meilleures pratiques dans tous
les domaines du problème en matière de drogues, dans le plein respect
des droits de l’homme».
4. Le Comité des Ministres invite les États membres à prendre
dûment en considération le paragraphe 2.2 de la recommandation.
Dans ce contexte, il attire en particulier l’attention sur les travaux
actuels du Groupe Pompidou sur la création d'outils qui permettront
à ses États membres de procéder à une auto-évaluation sur une base
volontaire de leurs politiques en matière de drogue en relation
avec leurs obligations dans le domaine des droits de l'homme, tant
au niveau des Nations Unies que du Conseil de l'Europe. Le groupe
d'experts qui a été créé à cette fin a finalisé ses travaux à l'automne
2021, lorsque le Groupe Pompidou a célébré son 50e anniversaire.
5. Concernant le paragraphe 2.3, le Comité des Ministres note
que le Groupe Pompidou n'est pas (et ne deviendra pas) un organe
de suivi et il n'est donc pas prévu qu’il adopte des orientations
faisant autorité aux États membres sur la conception de leurs politiques
en la matière. Cependant, les États membres du Groupe Pompidou sont
encouragés à utiliser la facilité dont ils disposent en demandant
au Groupe Pompidou de fournir des conseils d'expert sur des questions
spécifiques liées à leurs politiques en matière de drogue, y compris bien
entendu le respect des droits de l'homme.
6. Enfin, en ce qui concerne le paragraphe 2.4, le Comité des
Ministres prend note des commentaires du CPT qui soutiennent l'action
proposée par diverses parties prenantes visant à miser sur la réduction
des risques et des préjudices, ainsi que le traitement et les services
de réadaptation pour lutter contre les effets préjudiciables des
drogues sur la santé et la société, selon une approche plus respectueuse
des droits de l'homme, en particulier en garantissant le droit de
chacun de jouir du meilleur état de santé physique et mentale susceptible
d'être atteint, en assurant l'équivalence et la continuité des soins
aux personnes usagères de drogue dans les prisons ou autres lieux
de détention, et en protégeant la santé des détenus souffrant de dépendance
aux drogues.
7. Dans ce contexte, le Comité des Ministres note les défis auxquels
sont confrontées les administrations pénitentiaires pour gérer les
détenus souffrant de troubles liés à l’usage de substances, qui
constituent souvent une proportion importante de la population carcérale.
Lors de ses visites dans les prisons de différents États membres,
le CPT a souvent constaté des lacunes importantes concernant la
situation des personnes souffrant de troubles liés à l’usage de
substances. Trop souvent, il est apparu qu'il y avait un écart entre
le niveau des soins de santé dispensés à l'intérieur et à l'extérieur
du système pénitentiaire, notamment en ce qui concerne le traitement
des toxicomanies, la disponibilité des mesures de réduction des
risques et la prévention des maladies transmissibles.
8. Sur la base de ses constatations, le CPT a fréquemment formulé
des recommandations spécifiques dans les rapports de visites concernant
ces questions, à la lumière de ses normes établies de longue date
(voir le 3e rapport général du CPT,
https://rm.coe.int/1680696aa0), ainsi que des Règles pénitentiaires européennes et
d'autres recommandations pertinentes du Conseil de l'Europe. Le
Comité des Ministres note que, en accord avec la recommandation
de l’Assemblée, le CPT continuera à l'avenir à accorder une attention particulière
à la situation des personnes souffrant de troubles liés à l’usage
de substances lors de ses visites dans les prisons et autres lieux
de privation de liberté.