La liberté des médias et la sécurité des journalistes constituent l’oxygène sans lequel aucune société démocratique ne pourrait respirer. Nous constatons leur importance chaque jour, même en temps de calme social et de paix, mais encore davantage en temps de crise, comme lors de la pandémie du covid-19.
Pendant les conflits armés, le travail de documentation des journalistes, souvent au péril de leurs vies, est crucial pour les enquêtes concernant les crimes de guerre; on l’a vu récemment à Boutcha ou Kramatorsk en Ukraine, tout comme à Srebrenica en Bosnie-Herzégovine en 1995. Des informations fiables ne peuvent venir que des médias libres et des journalistes indépendants. Lorsque les autorités démolissent ce rempart, il ne reste que la désinformation, la propagande et la manipulation des esprits comme actuellement en Fédération de Russie.
Le Conseil de l’Europe doit poursuivre et développer davantage son action pour garantir la liberté des médias et la sécurité des journalistes et s’attaquer aux problèmes systémiques. Les États membres doivent s’engager pour créer, ensemble, un environnement favorable pour l’exercice libre et sûr du droit à la liberté d’information; ils doivent réagir de manière immédiate, énergique et efficace aux menaces contre les médias et les journalistes, y compris dans le contexte d’un conflit armé; ils doivent coopérer de manière plus efficace avec la Plateforme pour renforcer la protection du journalisme et la sécurité des journalistes du Conseil de l’Europe.
Malheureusement, la plupart des alertes lancées par la Plateforme ne sont pas suivies d’actions concrètes pour résoudre les problèmes signalés. L’Assemblée parlementaire doit rappeler aux États membres leurs obligations à cet égard et les appeler à s’engager pour garantir la liberté des médias et la sécurité des journalistes partout où ils accomplissent leur noble mission.