Les inégalités socio-économiques en Europe : rétablir la confiance sociale en renforçant les droits sociaux
Réponse à Recommandation
| Doc. 15586
| 01 juillet 2022
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la
1437e réunion des Délégués des Ministres
(15 juin 2022). 2022 - Troisième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2210
(2021)
1. Le Comité des Ministres
a examiné avec attention la
Recommandation
2210 (2021) «Les inégalités socio-économiques en Europe:
rétablir la confiance sociale en renforçant les droits sociaux»
de l’Assemblée parlementaire, qu'il a transmise au Comité européen
des Droits sociaux (CEDS) et à la Plateforme européenne pour la
cohésion sociale (PECS)/Comité européen pour la cohésion sociale
(CCS), pour information et commentaires éventuels.
2. Le Comité des Ministres partage l’avis de l’Assemblée selon
lequel, malgré l’apparente prospérité de l'Europe, les inégalités
socio-économiques continuent de se creuser entre et au sein des
pays, avec des effets négatifs sur les individus et les communautés.
Pour s’attaquer aux causes profondes de ces inégalités, il est important
de garantir les droits sociaux en vue, notamment, d’assurer un accès
effectif à un logement décent, à une éducation de qualité, aux soins
de santé, à un emploi stable et à un revenu décent, en particulier
pour les groupes les plus fragiles ou défavorisés.
3. Dans ce contexte, le Comité des Ministres attire l’attention
des États membres sur l’appel de l’Assemblée à prendre des mesures
juridiques et pratiques pour s’efforcer d’atteindre les objectifs
de la Charte sociale européenne à une échéance raisonnable, au prix
de progrès mesurables, en utilisant au mieux les ressources qu’ils
peuvent mobiliser. Il note à cet égard que l’un des objectifs des
conclusions périodiques du CEDS sur le respect des dispositions
de la Charte par les États parties est de réduire les écarts existants
entre les droits protégés par la Charte et les politiques socio-économiques
menées au niveau national, en identifiant les lacunes et les problèmes
existant dans les États parties afin de les aider à rendre leurs
politiques socioéconomiques conformes à la Charte.
4. En ce qui concerne le paragraphe 3 de la recommandation de
l'Assemblée, le Comité des Ministres note le soutien que l'Assemblée
apporte à la promotion continue de la ratification de la Charte
révisée et encourage les États parties qui ne l'ont pas encore fait
à envisager également d'accepter la procédure de réclamations collectives.
5. Le Comité des Ministres prend également note de la proposition
de l’Assemblée d’inviter le CEDS à étudier la faisabilité d’ajouter
de nouvelles dispositions à la Charte concernant la protection sociale
des travailleurs dans des formes de travail atypiques. À cet égard,
il note par exemple qu’en vertu de l’article 3§2 de la Charte révisée,
le CEDS passe en revue les mesures prises par les pouvoirs publics
pour protéger les travailleurs contre le stress, les agressions
et la violence propres aux tâches effectuées dans les rapports atypiques
de travail, lorsqu’il est amené à examiner le champ d’application
personnel de la réglementation en matière de santé et de sécurité
au travail
Note, ce qui concerne les travailleurs
temporaires, intérimaires, les employés de maison ainsi que les
travailleurs indépendants. Le Comité des Ministres renvoie également
aux questions ciblées posées par le CEDS aux États parties en 2019
et 2020 concernant les nouvelles relations de travail, notamment
le travail via des plateformes, le travail impliquant l’intelligence
artificielle, la technologie numérique, etc. Il souhaite également
appeler l’attention sur la pertinence des travaux de son Groupe
de travail ad hoc sur l’amélioration du système de la Charte sociale
européenne (GT-CHARTE), qui sera appelé, dans la deuxième phase
de ses travaux, à examiner des questions de fond et de procédure
à plus long terme relatives à la Charte.
6. Enfin, le Comité des Ministres prend note de la proposition
de l’Assemblée de poursuivre les efforts entrepris pour promouvoir
l’adhésion de l’Union européenne à la Charte révisée et parvenir
ainsi à une plus grande complémentarité entre le système de la Charte
sociale européenne et le Socle européen des droits sociaux. Cette
question de complémentarité pourrait également être examinée par
le Groupe GT-CHARTE susvisé lorsqu’il considérera les questions
de fond et de procédure à plus long terme relatives à la Charte.