Sauvegarder et promouvoir la démocratie véritable en Europe
Réponse à Recommandation
| Doc. 15614
| 22 septembre 2022
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la
1442e réunion des Délégués des Ministres
(14 septembre 2022). 2022 - Quatrième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2232
(2022)
1. Le Comité des Ministres
a examiné avec attention la
Recommandation
2232 (2022) de l'Assemblée parlementaire «Sauvegarder et promouvoir
la démocratie véritable en Europe» qui a été portée à l’attention des
gouvernements des États membres et transmise au Comité européen
sur la démocratie et la gouvernance (CDDG) pour commentaires.
2. Le Comité est sensible à la profonde préoccupation de l’Assemblée
face au recul de la démocratie en Europe et pourrait faire sienne
l’évaluation de l’Assemblée selon laquelle seules des démocraties
véritables peuvent garantir la sécurité démocratique et réaliser
cet objectif commun, énoncé dans le Statut du Conseil de l’Europe,
qu’est «la consolidation de la paix fondée sur la justice et la
coopération internationale».
3. Le Comité convient qu’une démocratie véritable requiert une
mise en œuvre pleine et entière des engagements auxquels ont souscrit
les États en devenant membre du Conseil de l’Europe et en particulier: garantir
le droit à la liberté de pensée et d'expression, tout en luttant
contre la désinformation; garantir la liberté de réunion et d'association;
garantir la sécurité des défenseurs des droits de l'homme; garantir
l'indépendance et le pluralisme des médias; garantir un système
judiciaire efficace, impartial et indépendant; assurer le respect scrupuleux,
par l’exécutif, le pouvoir législatif et tout autre autorité étatique,
de l’État de droit, notamment des principes de légalité, de sécurité
juridique et de l’obligation de se conformer aux arrêts et décisions
des juridictions. La démocratie véritable exige également de veiller
à ce que le processus législatif soit le plus inclusif possible;
promouvoir l'égalité et assurer une protection efficace contre la
discrimination et la haine; garantir une bonne gouvernance démocratique;
inclure l'éducation à la citoyenneté démocratique dans les programmes
scolaires dès le plus jeune âge; associer les citoyens à la prise
de décision politique, notamment par le biais de consultations et
d'autres formes inclusives de participation et de délibération.
4. Pour lutter contre le recul de la démocratie, l’Assemblée
parlementaire préconise la création d’une plateforme permanente
sur la démocratie ainsi que celle d’un mécanisme d’alerte précoce.
Le Comité estime que pour produire des résultats réels et éviter
les risques de confusion et de doublons, une plateforme permanente
sur la démocratie devrait disposer d’un objectif et d’un mandat
clairs. Il conviendrait aussi d’assurer des synergies avec des mécanismes
et des organes existants tels que le Forum mondial pour la démocratie
ou la Conférence des OING. En ce qui concerne le mécanisme d'alerte
précoce, sa mise en place nécessiterait des marqueurs et un cadre
normatif de référence permettant d'évaluer les informations recueillies concernant
la détérioration de la démocratie dans un État en particulier. Sur
ce point, le Comité rappelle que le CDDG prépare actuellement un
projet de recommandation du Comité des Ministres sur les principes
de bonne gouvernance démocratique qui fournira un ensemble de référentiels
utiles à l’aune desquels les lacunes et les insuffisances ainsi
que les améliorations souhaitables seront identifiables. Par ailleurs,
le Centre d'expertise pour la bonne gouvernance prévoit de développer
des indicateurs spécifiques pour faciliter les mécanismes d’auto-évaluation.
Parallèlement, le Comité pourrait envisager de tenir des discussions ultérieures
pour approfondir la réflexion sur un éventuel mécanisme d'alerte
précoce à partir des documents susmentionnés.
5. Le Comité des Ministres rappelle que la défense et le renforcement
de la démocratie sont au cœur même de l’action du Conseil de l’Europe.
En ce sens, dans l’hypothèse où le Comité conviendrait d’organiser un
4e Sommet des chefs d’État et de gouvernement,
les initiatives que devra prendre l’Organisation – éventuellement
en coopération avec d’autres organisations internationales – pour
lutter contre le recul de la démocratie feront l’objet d’une attention
particulière.