Le mot «Métavers», qui signifie «au-delà de l'univers», a été inventé dans les années 90 et désigne les mondes virtuels qui existent parallèlement au monde physique. Ce réseau de mondes virtuels immersifs en 3D peut être expérimenté par un nombre illimité d'utilisateurs avec un sentiment de présence individuel. Les utilisateurs interagissent par l'intermédiaire d'avatars, peuvent effectuer la plupart, sinon la totalité, des activités quotidiennes en imitant le monde réel, et sont impliqués dans la création et l'évolution des mondes virtuels.
La présence croissante de personnes, d'institutions et d'entreprises dans le Métavers est susceptible d'avoir un grand impact sur la dynamique culturelle et sociale, notamment dans le monde des services, des affaires, de la science, de l'éducation, de l'emploi, de la santé, de l'art et du divertissement. Le Métavers offrira des possibilités pour de nouvelles formes de travail, d'éducation, de communication et de participation démocratique, mais il comportera également des risques accrus pour les droits de l'homme et pourra menacer le fonctionnement des institutions démocratiques, notamment par le biais du lobbying, du contrôle des mentalités, de la désinformation, de la surveillance des États et de la manipulation des électeurs.
Quelques géants de la technologie, qui ne sont de facto pas redevables de leurs décisions, concentrent le pouvoir et contrôlent l'ensemble du système, sans se soucier de la dignité, de la sécurité, de la santé physique et psychologique, de l'égalité, de la non-discrimination et de la protection des droits de l'homme, notamment du droit à la liberté d'information et d'association, de la protection des données et de la vie privée de tous les utilisateurs, en particulier des groupes les plus vulnérables ou marginalisés. Les acteurs non étatiques pourraient également jouer un rôle significatif sur la plateforme au détriment de nos sociétés libres.
L'Assemblée parlementaire devrait analyser les enjeux, y compris le rôle que le Conseil de l'Europe pourrait jouer dans le Métavers, passer en revue les systèmes et normes existants s’agissant aussi bien de sa conception que de son utilisation, et fournir des recommandations aux États membres sur la manière d'assurer la protection et la promotion de la démocratie, des droits de l'homme et de l'État de droit, y compris via cette nouvelle technologie potentiellement révolutionnaire.