Dépendance aux médicaments prescrits
Réponse à Recommandation
| Doc. 15724
| 09 mars 2023
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la
1457e réunion des Délégués des Ministres
(22 février 2023). 2023 - Deuxième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2233
(2022)
1. Le Comité des Ministres
a examiné avec attention la
Recommandation 2233 (2022) de l’Assemblée parlementaire «Dépendance aux médicaments
prescrits». Il a fait suivre le texte au Groupe de coopération internationale
du Conseil de l'Europe sur les drogues et les addictions (Groupe
Pompidou), au Comité directeur pour les Droits de l'homme dans les
domaines de la biomédecine et de la santé (CDBIO), au Comité gouvernemental
de la Charte sociale européenne et du Code européen de sécurité
sociale (CG), au Comité européen des Droits sociaux (CEDS) et au
Comité européen pour la cohésion sociale (CSC), pour information et
commentaires éventuels. Il se félicite de l'attention accordée à
ce sujet important.
2. Le Comité des Ministres souligne qu'une approche centrée sur
la santé publique et les droits de l'homme est essentielle pour
des réponses efficaces et humaines aux drogues, aux addictions et
aux troubles connexes, comme réaffirmé dans la Déclaration de Lisbonne
de la 18e Conférence ministérielle du
Groupe Pompidou qui a eu lieu en décembre 2022. Il rappelle qu'en
juin 2021, les États membres du Groupe Pompidou ont adopté un statut
révisé qui a élargi le champ des travaux du Groupe aux conduites
addictives liées à substances illicites et nouvelles formes de dépendances.
3. En guise de commentaire introductif, le Comité des Ministres
note que si le titre de la recommandation met l'accent sur «la dépendance
aux médicaments prescrits», le paragraphe 2.1 fait référence à plusieurs questions
différentes, telles que les droits des patients, l'accès effectif,
les médicaments essentiels et la dépendance
Note qui sont autant d'éléments
importants à considérer en ce qui concerne ce sujet. En outre, le Comité
des Ministres suggère que, dans le cadre du Conseil de l'Europe,
le langage stigmatisant concernant les troubles liés à la consommation
de substances soit évité, conformément aux recommandations des professionnels
de la santé et des experts en matière de politique des drogues
Note.
4. Le Comité des Ministres souligne que l'article 11 de la Charte
sociale européenne (CSE) consacre le droit au meilleur état de santé
possible qui comprend, d'une part, le droit d'accès aux soins de
santé, y compris le droit à l'accès effectif et la disponibilité
des médicaments, et d'autre part, la prévention de tout risque pour la
santé tel que les effets nocifs potentiels de la consommation de
substances psychoactives. Ces deux aspects – accès et prévention
– sont essentiels pour atteindre le meilleur état de santé physique
et mentale possible, sans dépendance ni accoutumance. Selon l'article
11 de la CSE, la santé est un état de complet bien-être physique,
mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de
maladie ou d'infirmité, conformément à la définition de la santé
contenue dans la constitution de l'Organisation mondiale de la santé (OMS)
Note.
5. Dans le cadre de ses procédures de contrôle, le CEDS s'était
déjà penché sur l'accès effectif et la disponibilité des médicaments
prescrits en tant que partie intégrante du droit à l’accès aux soins
de santé (en vertu de l'article 11§1 de la CSE) et sur certains
aspects de la consommation de substances (en vertu de l'article
11§3 de la CSE). La consommation de substances peut être problématique
et les réponses et politiques liées à ce phénomène peuvent avoir
un impact considérable sur les droits sociaux et, plus particulièrement,
sur la jouissance d'un large éventail de droits protégés par la
CSE. Dans sa demande de rapports nationaux sur les dispositions
du groupe 2 (pour les conclusions 2021 sur la santé, la sécurité
sociale et la protection sociale) adressée aux États parties à la
Charte en 2020
Note, le CEDS a formulé diverses observations
générales et posé des questions ciblées sur les politiques nationales
conçues pour répondre à la consommation de substances et aux troubles
connexes (dissuasion, l'éducation et les approches de réduction
des risques fondées sur la santé publique, y compris l'utilisation
ou la disponibilité de médicaments essentiels figurant sur la liste
de l'OMS pour le traitement des agonistes opioïdes) tout en veillant
à ce que les critères de «la disponibilité, l’accessibilité, l’acceptabilité
et la qualité suffisante» (3AQ de l'OMS) soient respectés, sous
réserve de l'exigence du consentement éclairé (voir CEDS, Conclusions
2021, l'article 11§3).
6. Le Comité des Ministres reconnaît l'importance du respect
des droits des patients tels qu'ils sont définis dans la Convention
sur les droits de l'homme et la biomédecine, qui inclut le droit
à un accès équitable à des soins de santé de qualité appropriée,
défini à l'article 3 de la Convention d'Oviedo. Les médicaments
sont une composante essentielle des soins de santé. Il tient à souligner,
dans ce contexte, les travaux actuellement menés dans le cadre de
son Plan d'action stratégique sur les droits de l'homme et les technologies
en biomédecine (2020-2025), notamment ceux relatifs à l'accès équitable
aux soins de santé, et la Recommandation
CM/Rec(2023)1 du Comité des Ministres aux États membres sur l'accès
équitable aux médicaments et aux équipements médicaux en situation
de pénurie adoptée le 1er février 2023.
7. En réponse à la recommandation spécifique de l'Assemblée au
paragraphe 2.1 d'envisager de formuler une recommandation sur les
droits des patients en lien avec l'utilisation de médicaments sur
ordonnance, le Comité des Ministres considère qu'il s'agit d'une
proposition pertinente et en tiendra compte lors de l'examen du
futur programme et budget de l'Organisation.
8. En réponse au paragraphe 2.2, le Comité des Ministres soutient
l'appel de l'Assemblée aux organes compétents du Conseil de l'Europe
à travailler en étroite collaboration avec l'OMS dans ce domaine,
y compris en ce qui concerne la rédaction et la publication éventuelles
de lignes directrices sur la prévention, l'identification, la gestion
et le traitement de l'usage problématique de médicaments prescrits
au niveau mondial et/ou du Conseil de l'Europe.