En finir avec les disparitions forcées sur le territoire du Conseil de l’Europe
Réponse à Recommandation
| Doc. 15725
| 09 mars 2023
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la 1458e réunion
des Délégués des Ministres (1er mars
2023). 2023 - Deuxième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2223
(2022)
1. Le Comité des Ministres a examiné avec
attention la Recommandation
2223
(2022) «En finir avec les disparitions forcées sur le
territoire du Conseil de l’Europe» et l’a transmise au Comité directeur
pour les droits de l’homme (CDDH) pour information et commentaires
éventuels. Le Comité des Ministres convient que les disparitions
forcées représentent une violation particulièrement grave et cruelle
des droits de l’homme non seulement des victimes immédiates mais
aussi de leurs familles, et peuvent dans certains cas être considérées comme
un crime contre l’humanité.
2. Dans cet esprit, le Comité des Ministres encourage tous les
États membres du Conseil de l’Europe à ratifier la Convention internationale
pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions
forcées (International Convention for the Protection of All Persons
from Enforced Disappearance, ICPPED), à intégrer dans leur droit
national les mesures pertinentes et à considérer la reconnaissance
de toutes les compétences du Comité des disparitions forcées (paragraphe 2.1
de la recommandation de l’Assemblée).
3. En ce qui concerne les propositions de l’Assemblée dans les
paragraphes 2.2 à 2.6 de la recommandation, le Comité invite le
CDDH à examiner ces aspects pour une éventuelle inclusion dans son futur
programme de travail, en coopération avec d’autres secteurs pertinents
du Conseil de l’Europe et des partenaires externes, notamment les
organes des Nations Unies compétents et la société civile. Toute assistance
technique apportée aux États intéressés pour les aider à mettre
en œuvre l’ICPPED devrait s’appuyer sur l’expérience acquise en
vertu de la Convention européenne des droits de l’homme et de la surveillance
de l’exécution des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme
dans les affaires de disparition forcée.
4. Dans ce cadre, le Comité rappelle ses lignes directrices de
2011 sur l’élimination de l’impunité pour les violations graves
des droits de l’homme, y compris les disparitions forcées, notamment
leur section IV sur les garanties visant à protéger les personnes
privées de leur liberté des violations graves des droits de l’homme, ainsi
que les recommandations du Comité pour la prévention de la torture
et des peines ou traitement inhumains ou dégradants (CPT). Le CDDH
est également invité à réfléchir à la nécessité de mettre en place d’autres
instruments spécifiques non contraignants pour aider les États membres
à mettre en œuvre les obligations juridiques pertinentes dans ce
domaine.
5. En outre, en ce qui concerne les cas documentés de disparition
forcée de civils par les forces russes en Ukraine et leur transfert
illégal vers la Fédération de Russie, le Comité rappelle que lors
de sa 132e Session ministérielle (Turin,
20 mai 2022), il a appelé la Fédération de Russie à cesser immédiatement
l'agression, à retirer complètement et sans condition ses forces
d'occupation du territoire de l'Ukraine, et à libérer tous les civils
enlevés, y compris ceux transférés de force sur le territoire de
la Fédération de Russie contre leur gré. Des «Ajustements prioritaires
du Plan d'action du Conseil de l'Europe pour l'Ukraine 2018-2022»
ont été adoptés, notamment le soutien aux initiatives visant à rassembler
des preuves sur les violations des droits de l'homme. En outre,
le nouveau Plan d'action du Conseil de l'Europe pour l'Ukraine «Résilience,
relance et reconstruction» 2023-2026 contient une section sur la
protection des droits des enfants dans le contexte de la guerre
et de l'après-guerre, avec une action spécifique proposée sur le
soutien à apporter pour mettre fin à toutes les formes de violence
à l’égard des enfants, y compris l’enlèvement.