Prévenir la discrimination vaccinale
Réponse à Recommandation
| Doc. 15800
| 20 juin 2023
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la 1469e réunion
des Délégués des Ministres (14 juin 2023). 2023 - Troisième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2240
(2022)
1. Le Comité des Ministres a examiné avec
attention la
Recommandation
2240 (2022) de l'Assemblée parlementaire «Prévenir la
discrimination vaccinale». La recommandation a été portée à l'attention
des gouvernements des États membres et transmise aux comités compétents
pour information et commentaires éventuels
Note.
2. Bien que l'apogée de la pandémie de covid-19 soit passée,
le Comité des Ministres partage l'avis de l'Assemblée sur la nécessité
de «réfléchir aux conséquences de l'obligation du passe covid, en
particulier de l’obligation du passe vaccinal, sur les droits de
l'homme et les libertés fondamentales», au cas où de nouvelles mesures
de santé publique de nature similaire pourraient être jugées nécessaires
à l'avenir. Le Comité des Ministres se félicite que les crises sanitaires
soient au cœur du premier rapport thématique de l’Observatoire de
l’enseignement de l’histoire en Europe (OHTE) et souhaite vivement
que l’histoire des pandémies, les progrès médicaux, le développement
des vaccins et autres mesures de santé publique, soient mieux enseignés
aux jeunes générations afin de renforcer leur niveau de préparation
face au risque épidémique.
3. Le Comité des Ministres peut informer l'Assemblée que son
Comité directeur pour les droits de l'homme dans les domaines de
la biomédecine et de la santé (CDBIO) mène une réflexion sur les
moyens de mieux se préparer et faire face aux futures menaces et
de faire en sorte que les droits de l’homme et les libertés fondamentales
de toutes les personnes soient promus et protégés. Une déclaration
sur «
Covid-19
et vaccins: assurer l'équité d'accès à la vaccination pendant la
pandémie actuelle et les pandémies futures» a été publiée par
le CDBIO. La discrimination vaccinale accroît en outre le risque
de mise en vente de vaccins contrefaits et de passes anti-covid
falsifiés: le Comité des Ministres se félicite de l’avis sur l'application
de la Convention Medicrime dans le contexte de la contrefaçon de
vaccins contre la covid-19 et invite les États membres qui ne l'ont
pas encore fait à ratifier la «Convention Medicrime». En outre,
dans une
déclaration
sur les considérations relatives aux droits de l'homme concernant
le «passe vaccinal» et les documents similaires, le Comité
de bioéthique (DH-BIO) du Conseil de l'Europe a appelé à des délibérations
approfondies sur les enjeux liés à un tel «passe». Il a notamment
souligné que: «sous réserve de la possibilité pour toute personne
d'accéder à la vaccination, le traitement différencié dans l'exercice
des libertés individuelles et l'accès à certains services, des personnes
vaccinées ou immunisées et des personnes ne pouvant prouver un tel
statut, serait susceptible de mettre en jeu le principe de non-discrimination.
Il s'agit notamment des risques de discrimination par rapport au
droit à la liberté de circulation et à la liberté de réunion, mais
aussi des droits à la protection de la vie privée et des risques
de stigmatisation, comme cela a été souligné par la Secrétaire Générale
dans son document d'information sur «Protection des droits de l'homme
et «passe vaccinal»».
4. Le CDBIO échange régulièrement des informations et des bonnes
pratiques sur ces questions avec d'autres organisations internationales,
telles que l’Organisation des Nations Unies, l'Organisation mondiale
de la santé (OMS) et l'Union européenne. Il s’emploie également
à coopérer avec d’autres organisations et instances internationales,
ainsi que cela est décrit dans son Plan d’action stratégique sur
les droits de l’homme et les technologies en biomédecine (2020-2025)
et coopère depuis longtemps avec l’OMS. De plus, le Conseil de l'Europe
est membre associé du Comité inter-institutions des Nations Unies
sur la bioéthique (UNIACB), où il échange des informations avec
les institutions spécialisées de l’ONU et coordonne ses activités
avec celles de ces institutions.
5. Enfin, le Comité des Ministres souligne que la réflexion sur
l'impact des «passes sanitaires», et en particulier des passes vaccinaux,
sur les droits de l'homme et les libertés fondamentales des personnes vaccinées
ou immunisées et de celles qui ne le sont pas (quelle qu'en soit
la raison), devrait également tenir compte de la jurisprudence de
la Cour européenne des droits de l'homme, qui souligne que la vaccination protège
à la fois ceux qui la reçoivent et ceux qui ne peuvent pas être
vaccinés pour des raisons médicales et qui dépendent donc de l'immunité
collective pour se protéger contre les maladies contagieuses graves
(voir l'arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme dans l'affaire Vavřička & otrs c. République
tchèque, app. n° 47621/13 et autres, Grande Chambre, 8 avril 2021).