La solidarité européenne dans le contexte de l’asile et de la protection internationale
Réponse à Recommandation
| Doc. 15802
| 20 juin 2023
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la
1469e réunion des Délégués des Ministres
(14 juin 2023). 2023 - Troisième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2248
(2023)
1. Le Comité des Ministres
a examiné avec attention la
Recommandation
2248 (2022) de l'Assemblée parlementaire «La solidarité européenne
dans le contexte de l'asile et de la protection internationale».
Cette recommandation a été portée à l'attention des gouvernements
des États membres et transmise à la Représentante spéciale de la
Secrétaire Générale (RSSG) sur les migrations et les réfugiés. Le
Comité des Ministres salue la préoccupation constante manifestée
par l'Assemblée au sujet de la situation des réfugiés, des personnes
déplacées à l'intérieur de leur pays et des personnes bénéficiant
d'une protection internationale.
2. Soucieux depuis de nombreuses années de la situation des migrants
et des réfugiés, le Conseil de l’Europe s’est particulièrement préoccupé
de la protection des plus vulnérables, tels que les femmes en situation
de vulnérabilité et les enfants en déplacement, y compris les enfants
non accompagnés ou séparés. En réponse aux paragraphes 4.1 et 4.4
de la recommandation de l'Assemblée, le Comité des Ministres rappelle que
depuis 2016, le soutien apporté aux États membres du Conseil de
l'Europe pour aider les réfugiés et les migrants d’une manière conforme
aux droits de l’homme s’est intensifié, notamment par le biais des
activités de la RSSG sur les migrations et les réfugiés. Le mandat
de la RSSG prévoit entre autres de suggérer une assistance et un
soutien immédiats aux États membres et de compléter les activités
d’autres organes compétents du Conseil de l'Europe liées aux migrations
et aux réfugiés. Dans le cadre d'un multilatéralisme effectif, la
RSSG coordonne également l’action du Conseil de l'Europe avec d'autres
partenaires internationaux, notamment le HCR, l'OIM, l'UNICEF, l'Union
européenne et ses agences spécialisées, ainsi qu’avec d'autres parties
prenantes nationales, régionales et internationales, y compris la
société civile.
3. À cet égard, la RSSG a récemment effectué des missions d’information
dans des États membres du Conseil de l'Europe extrêmement touchés
par les conséquences de l'agression de la Fédération de Russie contre
l'Ukraine. Elle a constaté une extraordinaire solidarité avec les
personnes fuyant l'Ukraine, dont la majorité sont des femmes et
des enfants. Les bénévoles, les organisations de la société civile
et les communes ont joué un rôle crucial en offrant leur aide, et
les gouvernements ont encouragé cette générosité. Le Comité des
Ministres a également noté avec satisfaction la toute première activation
de la directive relative à la protection temporaire dans l'Union
européenne par le biais de la décision d’application 2022/382, qui
permet aux personnes venant d’Ukraine de se déplacer librement dans
certaines circonstances, d'avoir des droits de séjour, d'accéder
aux emplois et aux activités indépendantes, aux services sociaux,
aux soins de santé, à l'éducation, au logement. De plus, ils peuvent
bénéficier d'une protection temporaire dans le pays de leur choix.
4. La RSSG a également adressé des recommandations aux États
membres dans lesquels elle a effectué une visite, offrant un soutien
ciblé au nom du Conseil de l'Europe afin de renforcer la protection
des personnes en situation de vulnérabilité. Ces activités sont
proposées dans le cadre du Plan d’action du Conseil de l’Europe
sur la protection des personnes vulnérables dans le contexte des
migrations et de l’asile en Europe (2021-2025), qui a été adopté
par tous les États membres du Conseil de l'Europe en mai 2021 et
dont la mise en œuvre effective est coordonnée par le Bureau de
la RSSG.
5. Le Comité des Ministres invite tous les États membres à s'inspirer
des conclusions de ces rapports de missions d’information, ainsi
que des recommandations qui y figurent, et à utiliser pleinement
les outils et normes du Conseil de l'Europe qui sont adaptés à la
situation et qui ont été élaborés dans le cadre du plan d'action
susmentionné afin de mieux protéger les personnes en ayant besoin.
6. La Commissaire aux droits de l’homme a elle aussi souligné
l'importance de la solidarité entre les États membres du Conseil
de l'Europe à diverses occasions. Elle a notamment appelé à des
mesures de solidarité concrètes pour les États membres qui sont
en première ligne dans l’accueil des personnes fuyant la guerre
en Ukraine, à la suite de ses missions d'urgence sur cette question.
Elle a appelé à plusieurs reprises à un renforcement de la solidarité
et à un partage des responsabilités dans le cadre de solutions conformes
aux droits de l’homme visant à relever les défis en matière de migration
qui se posent pour certains États membres. Elle a d’ailleurs souligné
le rôle essentiel de la solidarité et du partage des responsabilités
dans ses recommandations thématiques, comme celles qui portent sur
la protection des vies et des droits en mer (2019 et 2021) ou sur
la fin des refoulements en Europe (2022). Dans ces publications,
elle indique que la responsabilité collective des États membres,
notamment par le biais d'une solidarité accrue, est un facteur important
pour garantir qu’ils remplissent pleinement leurs obligations en
matière de recherche et de sauvetage; cela peut aussi contribuer
à les empêcher de mettre en œuvre des pratiques aux frontières qui
sont incompatibles avec les normes relatives aux droits de l'homme.
7. En outre, les chefs d'État et de gouvernement du Conseil de
l’Europe ont rappelé dans la Déclaration finale du Sommet de Reykjavík
(paragraphe 31) «les défis croissants de la migration et la nécessité
de lutter contre la traite et le trafic de migrants». Ils se sont
engagés «à intensifier les efforts pour favoriser et améliorer la
coopération internationale à cet égard, tout en continuant à protéger
les victimes et à respecter les droits de l’homme des migrants et
des réfugiés, ainsi qu’à soutenir les États en première ligne, dans
les cadres existants du Conseil de l’Europe».
8. Enfin, en réponse aux paragraphes 4.2 et 4.3, le Comité des
Ministres invite les États membres qui ne l'ont pas encore fait
à envisager d'adhérer à la Banque de développement du Conseil de
l'Europe (CEB) et au Centre européen pour l'interdépendance et la
solidarité mondiales (Centre Nord-Sud), qui, dans le cadre de leurs
mandats respectifs, sont très appréciés pour leurs activités de
soutien à ces groupes de personnes vulnérables.