Soutenir une perspective européenne pour les Balkans occidentaux
Réponse à Recommandation
| Doc. 15835
| 28 septembre 2023
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la
1473e réunion des Délégués des Ministres (6 septembre 2023). 2023 - Quatrième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2237
(2022)
1. Le Comité des Ministres
a examiné avec attention la
Recommandation 2237 (2022) de l’Assemblée parlementaire «Soutenir une perspective
européenne pour les Balkans occidentaux».
2. Le Comité des Ministres rappelle que le 20 mai 2022 à Turin,
il a, entre autres, «appelé à renforcer encore la coopération avec
l’Union européenne, en tant que principal partenaire institutionnel
du Conseil de l’Europe sur le plan politique, juridique et financier,
au vu des nombreux défis auxquels l’Europe est actuellement confrontée».
Ainsi, le partenariat stratégique établi avec l’Union européenne
a été renforcé davantage encore au travers de ses trois piliers
– le dialogue politique, la coopération juridique et la coopération
programmatique. Dans ce cadre, le Comité des Ministres a développé
le dialogue politique avec l’Union européenne au sujet des Balkans
occidentaux, notamment à travers des échanges de vues avec M. Miroslav
Lajčák, représentant spécial de l’Union européenne pour le dialogue
entre Belgrade et Pristina et les autres questions régionales concernant
les Balkans occidentaux, le 14 septembre 2022, et avec M. Olivér Várhelyi,
Commissaire européen à la politique de voisinage et à l’élargissement,
le 19 octobre 2022. Tous deux ont souligné le travail précieux réalisé
par le Conseil de l’Europe dans les domaines des droits de l’homme,
de l’État de droit et de la démocratie dans les Balkans occidentaux.
3. Le Conseil de l’Europe aide depuis longtemps les autorités
de la région à veiller au plein respect des normes du Conseil de
l’Europe, sur la base des recommandations des organes de suivi et
des organes consultatifs. La coopération dans le cadre de programmes
conjoints s’est progressivement étendue dans la région de l’élargissement
de l’Union européenne, illustrant le rôle de référence du Conseil
de l’Europe en matière de droits de l’homme, d’État de droit et
de démocratie en Europe, conformément au Mémorandum d’accord de
2007. Si le soutien est complet et multidimensionnel et englobe
tous les domaines cités, il dépend de la disponibilité des ressources
extrabudgétaires. Dans le cadre des phases successives du programme conjoint
Union européenne-Conseil de l’Europe «Facilité horizontale pour
les Balkans occidentaux et la Türkiye», un soutien conséquent a
été apporté aux niveaux national et régional. La troisième phase
du programme va permettre de maintenir ce soutien, notamment grâce
à la présence du Conseil de l’Europe sur le terrain dans la région.
4. Plus précisément, la Commission européenne pour la démocratie
par le droit (Commission de Venise) continue d’accompagner la région
dans les efforts qu’elle déploie pour se conformer aux normes en
matière de droits de l’homme, d’État de droit et de démocratie (pour
la seule année 2022, elle a émis neuf avis en lien avec les Balkans
occidentaux). La Commission européenne pour l’efficacité de la justice
(CEPEJ) mène depuis longtemps des activités de coopération dans
la région et continuera à se concentrer sur les réformes axées sur
le processus d’adhésion à l’Union européenne, la justice et les
droits de l’homme. Son «Tableau de bord pour les Balkans occidentaux»
permettra toujours d’analyser et de comparer l’efficacité et la
responsabilité des systèmes judiciaires.
5. De même, une troisième phase du programme conjoint Union européenne-Conseil
de l’Europe sur la coopération contre la cybercriminalité («iPROCEEDS»)
est actuellement à l’étude. Des travaux importants ont été également
réalisés dans le domaine du crime économique, notamment la lutte
contre la corruption, ainsi que dans les domaines pénitentiaire
et policier, et vont se poursuivre. Un soutien spécifique continuera également
à être apporté afin de prévenir le blanchiment d’argent et le financement
du terrorisme.
6. Le Centre d’expertise pour la bonne gouvernance a visé à promouvoir
la bonne gouvernance démocratique dans la région, à soutenir la
réforme de l’administration publique, la coopération transfrontalière et
la participation civile à la prise de décisions politiques, et il
y a des demandes de soutien supplémentaire fondé sur les outils
et les normes du Conseil de l’Europe, notamment en créant un Centre
régional pour la bonne gouvernance démocratique.
7. Dans le cadre du programme Facilité horizontale, un travail
considérable a été accompli grâce à la coopération avec des organisations
de la société civile dans la lutte contre la discrimination et le
discours de haine. De plus, les camps de jeunes pour la paix organisés
chaque année par le Service de la Jeunesse du Conseil de l’Europe
sont un modèle pertinent de réconciliation, de dialogue et de transformation
des conflits.
8. Le Conseil de l’Europe a soutenu des projets de réconciliation
spécifiques grâce aux mesures de confiance. Dans le cadre de son
Budget ordinaire, il a soutenu la réconciliation à travers la coopération intercommunale
en Bosnie-Herzégovine. Le programme a servi de plateforme pour renforcer
la réconciliation et la coopération inter-entités grâce notamment
à des dispositifs de microfinancement. Des sujets concrets concernant
la vie quotidienne des personnes vivant dans ces zones ont été abordés.
Ces initiatives pourraient être reproduites/adaptées au contexte
local dans toute la région, ou développées à plus grande échelle,
à condition que des financements externes et à long terme soient
garantis et à la demande des autorités. En outre, le «Groupe de
réflexion sur Mostar», mis en place par le Congrès des pouvoirs
locaux et régionaux du Conseil de l’Europe, a obtenu de bons résultats,
contribuant à l'effort visant à restaurer la démocratie locale dans
la ville.
9. Le Conseil de l’Europe continuera, à la demande de l'Union
européenne, à fournir une assistance et des conseils d'experts au
représentant spécial de l'Union européenne dans le cadre du dialogue
entre Belgrade et Pristina, en particulier en ce qui a trait aux
instruments et aux normes pertinents du Conseil de l'Europe.
10. Dans une perspective d’avenir, il convient de rappeler que
le Conseil de l'Europe, en tant qu’organisation véritablement paneuropéenne,
est particulièrement bien placé pour protéger la sécurité démocratique
en Europe et promouvoir et défendre les droits de l'homme, la démocratie
et l'État de droit. À ce titre, le Conseil de l'Europe devrait continuer
à jouer un rôle important dans les aspirations européennes de ses
États membres qui cherchent à devenir membres de l'Union européenne.