La Convention d’Istanbul: progrès et défis
Réponse à Recommandation
| Doc. 15875
| 04 décembre 2023
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la 1482e réunion
des Délégués des Ministres (29 novembre 2023). 2024 - Première partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2247
(2023)
1. Le Comité des Ministres a examiné avec
attention la
Recommandation
2247 (2023) de l’Assemblée parlementaire sur «La Convention
d’Istanbul: progrès et défis». Il l’a transmise au Bureau de la
Commission pour l’égalité de genre (GEC) et au Bureau du Groupe
d’experts sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et
la violence domestique (GREVIO) pour information et commentaires
éventuels. Reconnaissant que la Convention d’Istanbul constitue
un outil unique et essentiel servant à l’élaboration de législations
et de politiques de prévention et de protection et à punir les auteurs
de violence fondée sur le genre, le Comité regrette les fausses
représentations délibérées du traité et partage entièrement l’avis
de l’Assemblée sur la nécessité de les dissiper.
2. Concernant le paragraphe 2.1 de la recommandation sur la ratification
de la Convention d’Istanbul, le Comité des Ministres se félicite
de l’adhésion de l’Union européenne à la convention et encourage
les États membres qui ne l’ont pas encore ratifiée à le faire. Le
Comité invite également les Parties ayant émis des réserves lors
de l’adhésion à la convention à envisager de les retirer.
3. Concernant le paragraphe 2.2, le Comité rappelle que la Déclaration
de Reykjavík adoptée lors du 4e Sommet
des chefs d’État et de gouvernement du Conseil de l’Europe les 16
et 17 mai 2023 affirme que l’égalité de genre et la participation
pleine, égale et effective des femmes aux processus décisionnels
publics et privés sont essentielles à l’État de droit, à la démocratie
et au développement durable. Les Principes de Reykjavík pour la
démocratie énoncent en outre l’engagement à garantir une participation
pleine, égale et significative à la vie politique et publique pour
tous, en particulier pour les femmes et les filles, sans violence, peur,
harcèlement, discours et crimes de haine, et sans discrimination
fondée sur quelque motif que ce soit.
4. Concernant le paragraphe 2.3, le Comité des Ministres salue
une nouvelle fois le travail du Groupe de réflexion de haut niveau et
a le plaisir d’informer l’Assemblée qu’une priorité élevée a été
accordée lors du 4e Sommet à la lutte
contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique.
Les chefs d’État et de gouvernement ont souligné le rôle pionnier
du Conseil de l’Europe, y compris au travers de la Convention d’Istanbul,
dans la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence
domestique. La Déclaration de Reykjavík attire l’attention sur différentes
formes de violence à l’égard des femmes, telles que les violences sexuelles
liées aux conflits, et reconnaît la nécessité d’atténuer les risques
qu’impliquent les technologies numériques nouvelles et émergentes.
Rappelant la Recommandation générale n° 1 sur la dimension numérique
de la violence à l’égard des femmes, adoptée par le GREVIO le 20
octobre 2021, le Comité informe l’Assemblée qu’il réfléchit actuellement
à mettre en place un Comité d’experts sur la lutte contre la violence
à l’égard des femmes et des filles facilitée par la technologie,
chargé d’élaborer une recommandation sur ce sujet dans le cadre
du suivi du Sommet.
5. Concernant les recommandations formulées aux paragraphes 2.4
à 2.6, le Comité partage le point de vue selon lequel la mise en
œuvre de la Déclaration de Dublin des ministres de la Justice du
Conseil de l’Europe sur la prévention de la violence domestique,
sexuelle et fondée sur le genre, adoptée en septembre 2022, devrait
être considérée comme une priorité par les Parties à la Convention
d’Istanbul. En outre, le Comité accordera un haut niveau de priorité
à la prévention de la violence à l’égard des femmes dans la nouvelle
stratégie du Conseil de l’Europe pour l’égalité de genre (2024-2029),
actuellement en préparation. Renouvelant son soutien constant et
sans réserve aux activités de coopération du Conseil de l’Europe
en matière d’égalité de genre et de lutte contre la violence à l’égard
des femmes, ainsi qu’au Réseau parlementaire de l’Assemblée pour
le droit des femmes de vivre sans violence, le Comité encourage
les États membres à verser, dans toute la mesure du possible, des
contributions financières.
6. Enfin, rappelant les niveaux toujours élevés de violence fondée
sur le genre à l’égard des femmes dans les États membres du Conseil
de l’Europe et ailleurs, le Comité des Ministres a le plaisir d’informer
l’Assemblée que l’organisation d’une campagne de sensibilisation
pour démonter la rhétorique anti-genre et transmettre des informations
sur les objectifs et l’impact de la Convention d’Istanbul et sa
contribution aux droits des femmes et à l’égalité de genre en Europe
est à l’étude dans le cadre du prochain Programme et Budget. Le Comité
informe également l’Assemblée que la Division de l’égalité de genre
a accordé plusieurs subventions visant à aider des organisations
non gouvernementales à lancer des campagnes nationales pour contrer
la désinformation sur la Convention d’Istanbul. Cette action pourra
se poursuivre sous réserve du versement des contributions volontaires.