Protection sanitaire et sociale des travailleuses et des travailleurs sans papiers ou en situation irrégulière
Réponse à Recommandation
| Doc. 15886
| 18 décembre 2023
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la
1484e réunion des Délégués des Ministres
(13 décembre 2023). 2024 - Première partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2255
(2023)
1. Le Comité des Ministres
a examiné attentivement la
Recommandation
2255 (2023) de l’Assemblée parlementaire sur la «Protection sanitaire
et sociale des travailleuses et des travailleurs sans papiers ou
en situation irrégulière». Il l’a transmise aux organes compétents
pour information et commentaires éventuels
Note.
2. Il rappelle que les chefs d’État et de gouvernement du Conseil
de l’Europe, dans la Déclaration de Reykjavík, notant que la justice
sociale est essentielle à la stabilité et à la sécurité démocratiques,
ont réaffirmé leur plein engagement en faveur de la protection et
de la mise en œuvre des droits sociaux tels qu’ils sont garantis
par le système de la Charte sociale européenne. Le Comité des Ministres
se félicite donc de l’engagement durable de l’Assemblée en faveur
du renforcement et de la mise en œuvre des droits sociaux en Europe.
3. Le Comité des Ministres tient à souligner que les travaux
approfondis menés par son Groupe de travail ad hoc sur l’amélioration
du système de la Charte sociale européenne (GT-CHARTE), auxquels
l’Assemblée fait référence, ont abouti à un certain nombre de décisions
relatives à des mesures opérationnelles visant à moderniser et à
améliorer la procédure d’établissement de rapports au titre de la
Charte et le suivi du contrôle. En ce qui concerne plusieurs autres
questions abordées au cours de ces travaux, un large consensus s’est dégagé
sur la nécessité de renforcer la mise en œuvre de la Charte, incluant
ces mesures opérationnelles, avant de procéder à des modifications
du traité ou à toute autre révision majeure du système des droits
sociaux du Conseil de l’Europe.
4. Dans ce contexte, le Comité note les suggestions faites par
l'Assemblée au paragraphe 2 de la Recommandation «de supprimer la restriction du champ d'application
de la Charte sociale européenne» («la Charte») et d’étendre
la portée des droits existants en vertu de la Charte à toutes les
personnes vivant de facto sous
la juridiction des États parties, ainsi que «d’ajouter
de nouvelles dispositions à la Charte pour renforcer la protection
des travailleurs dans les formes d’emploi atypiques».
Il informe l’Assemblée que ces questions ont été dûment examinées
par le GT-CHARTE. En ce qui concerne le premier point, le Comité
reconnaît que, bien que la restriction du champ d'application personnel
énoncée dans l’annexe de la Charte soit considérée par certains
comme étant incompatible avec la nature de la Charte en tant que
traité relatif aux droits humains, il n’existe pas de consensus
sur la nécessité de réexaminer cette restriction. De même, en ce
qui concerne la deuxième proposition, si le Comité des Ministres
n’estime pas opportun de développer le contenu substantiel de la
Charte à l’heure actuelle, il n’exclut pas la possibilité, à l’avenir,
d’examiner la meilleure manière de tenir compte des nouvelles réalités
du marché du travail en ce qui concerne la protection des travailleurs
exerçant des formes atypiques de travail.
5. Plus généralement, le Comité renvoie à sa décision du 15 mars
2023, dans laquelle les Délégués «invitent les organes de la Charte,
en particulier le Comité européen des Droits sociaux, à appliquer,
dans la mesure du possible, les dispositions existantes de la Charte
à des situations nouvelles ou en évolution et, au cas où des lacunes
qui ne peuvent être comblées dans le cadre des dispositions existantes
seraient identifiées, invitent le Comité gouvernemental (CG) à examiner
les moyens de combler ces lacunes, par l'élaboration éventuelle
d'instruments non contraignants (lignes directrices, recommandations
ou déclarations du Comité des Ministres) ou par d'autres moyens,
de manière à promouvoir une approche commune entre les États membres
sur les sujets en question».
6. Les questions qui n’ont pas été approuvées par le GT-CHARTE
pour la poursuite d’un examen immédiat plus approfondi sont considérées
comme des questions de fond et de procédure à plus long terme relatives
à la Charte, à propos desquelles le Comité des Ministres pourrait
reprendre les discussions à l’avenir
Note. L'organisation éventuelle d'une
conférence de haut niveau sur la Charte, telle qu'envisagée dans
la Déclaration de Reykjavík, pourrait être l'occasion de réfléchir
à l'opportunité d'approfondir ces questions et, le cas échéant, au
moment opportun de le faire.
7. En ce qui concerne le paragraphe 3 de la recommandation de
l’Assemblée, le Comité invite les États membres qui ne l’ont pas
encore fait à signer et à ratifier la Charte (révisée) et ses protocoles
ou à en accepter d’autres dispositions ou l’ensemble de celles-ci.
8. Le Comité prend acte des autres points avancés aux paragraphes
4 et 5 de la recommandation et invite les autorités compétentes
des États membres à les prendre dûment en considération. Enfin,
il remercie l'Assemblée pour le soutien qu’elle apporte aux efforts
nationaux en cours et à la mobilisation institutionnelle pour renforcer
les droits socio-économiques en Europe et l'encourage à poursuivre
ses efforts pour promouvoir les droits sociaux dans le cadre du
suivi du Sommet de Reykjavík.