Mise en œuvre des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme
Recommandation 2295
(2025)
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Discussion
par l’Assemblée le 9 avril 2025 (15e séance)
(voir Doc. 16134, rapport de la commission des questions juridiques et
des droits de l'homme, rapporteur: M. Constantinos Efstathiou). Texte adopté par l’Assemblée le
9 avril 2025 (15e séance).
1. Se référant à sa
Résolution 2599 (2025) «Mise
en œuvre des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme»,
l’Assemblée parlementaire se félicite des mesures prises par le
Comité des Ministres et le Conseil de l’Europe dans son ensemble
pour mettre en œuvre les dispositions de la Déclaration de Reykjavík de
2023 relatives à l’exécution des arrêts de la Cour européenne des
droits de l’homme («la Cour»). Il s’agit notamment des mesures prises
pour accroître les ressources du Service de l’exécution des arrêts,
renforcer la synergie entre le Service de l’exécution des arrêts
et les programmes de coopération du Conseil de l’Europe, accroître
la transparence du processus de surveillance des arrêts, établir
un réseau de coordinateurs nationaux pour l’exécution des arrêts,
renforcer le dialogue institutionnel entre la Cour et le Comité
des Ministres, mener des activités conjointes avec l’Assemblée et
le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe,
et définir les mesures prévisibles et progressives que le Comité
des Ministres doit prendre avant d’engager la procédure en manquement
en vertu de l’article 46 de la Convention européenne des droits de
l’homme (STE n° 5, «la Convention»).
2. La grande majorité des arrêts de la Cour est exécutée. Néanmoins,
et malgré le travail accompli pour mettre en œuvre les mesures demandées
par les chefs d’État et de gouvernement dans la Déclaration de Reykjavík,
le nombre d’affaires de référence en attente d’exécution reste élevé.
L’Assemblée recommande donc au Comité des Ministres d’intensifier
encore ses efforts pour mettre en œuvre les mesures énoncées dans
la Déclaration de Reykjavík en vue d’améliorer l’exécution des arrêts
de la Cour.
3. L’Assemblée rappelle le rôle central que joue l’exécution
des arrêts de la Cour dans le système de la Convention et la charge
de travail de la Cour. Compte tenu de la forte proportion d’affaires
de la Cour classées répétitives, le financement du travail supplémentaire
nécessaire pour promouvoir l’exécution des arrêts de la Cour, en
particulier pour les affaires de référence, représente un investissement
dans le système qui garantira sa viabilité à long terme. L’Assemblée
demande donc:
3.1 une nouvelle
augmentation des ressources mises à la disposition du Service de
l’exécution des arrêts;
3.2 une augmentation du financement des projets de coopération
technique visant à promouvoir l’exécution des arrêts de la Cour,
en mettant particulièrement l’accent sur les affaires de référence
qui révèlent des problèmes structurels ou complexes;
3.3 la poursuite du financement et de l’engagement des États
en faveur du projet Soutien aux moyens efficaces à mettre en œuvre
au niveau interne pour l’exécution rapide des arrêts de la Cour européenne
des droits de l’homme en particulier, compte tenu de son rôle essentiel
dans le renforcement des capacités nationales d’exécution des arrêts.
4. L’Assemblée note également que la Déclaration de Reykjavík
appelle à un renforcement du dialogue politique en cas de difficultés
dans l’exécution des arrêts et encourage la participation de représentants
de haut niveau des États défendeurs. L’Assemblée appelle le Comité
des Ministres à redoubler d’efforts pour assurer un engagement de
haut niveau aux discussions sur l’exécution des arrêts de la Cour,
afin de faciliter le dialogue au niveau politique. L’Assemblée intensifiera
ses propres activités pour promouvoir le dialogue politique dans
les affaires complexes.
5. En outre, en ce qui concerne ses propres activités, l’Assemblée
se félicite de la reconnaissance, dans la Déclaration de Reykjavík,
de l’importance de la participation des parlements nationaux à l’exécution
des arrêts, ainsi que de l’invitation faite au Président de l’Assemblée
de renforcer son dialogue politique avec les interlocuteurs nationaux
sur l’exécution des arrêts. L’Assemblée se félicite en outre de
la décision prise par le Comité des Ministres le 7 février 2024
d’inviter «l’Assemblée parlementaire et le Congrès des pouvoirs
locaux et régionaux à renforcer leur dialogue avec leurs interlocuteurs
nationaux respectifs sur l’exécution des arrêts, tant au niveau
politique que technique, et [de charger] le Service de l’exécution
des arrêts [de leur] apporter son assistance» (CM/Del/Dec(2024)1488/4.4).
6. L’Assemblée prend note des mesures qu’elle a prises pour renforcer
le travail des parlementaires en vue de promouvoir l’exécution des
arrêts de la Cour conformément à la Déclaration de Reykjavík, notamment le
renforcement du soutien apporté au Président de l’Assemblée pour
soulever la question de l’exécution des arrêts lors de réunions
de haut niveau, et l’organisation par le Service de l’exécution
des arrêts de réunions d’information à l’intention des délégations
nationales sur l’exécution des arrêts de la Cour dans les États membres.
L’Assemblée fait part de son intention d’intensifier encore ses
activités dans ce domaine.