Cette déclaration écrite ne reflète pas la position de l’Assemblée, mais uniquement celle des membres qui l’ont signée. Elle ne fera pas l’objet de mesures supplémentaires de l’Assemblée.
Nous, soussignés, déclarons ce qui suit:
nous exprimons notre vive préoccupation
concernant les poursuites motivées par des considérations politiques
dont fait l’objet le maire d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu, et qui visent
à empêcher sa candidature à l’élection présidentielle de 2028;
nous rappelons que la Türkiye est tenue, en vertu de la
Convention européenne des droits de l’homme (STE n° 5), de faire
respecter la démocratie, l’État de droit et les libertés fondamentales,
notamment le droit à des élections équitables et à la participation
politique;
nous dénonçons le recours abusif des autorités turques
à des procédures judiciaires pour réduire au silence l’opposition
et manipuler les élections;
nous exprimons notre inquiétude face au renforcement des
restrictions imposées aux manifestations, à la censure des médias
sociaux et aux arrestations de journalistes, de personnalités de
l’opposition et de militant·es;
nous soulignons que, dans les systèmes démocratiques,
y compris dans les États membres et observateurs du Conseil de l’Europe,
les procédures judiciaires ne doivent pas être utilisées comme une arme
pour disqualifier des candidat·es politiques. Le choix des dirigeant·es
ne doit être déterminé que par le corps électoral;
nous demandons à l’Assemblée d’examiner d’urgence le problème
du recul démocratique en Türkiye lors de la prochaine session plénière;
nous appelons la Türkiye à libérer immédiatement M. İmamoğlu,
à abandonner les poursuites engagées pour des motifs politiques
contre des dirigeant·es de l’opposition et à garantir des élections
libres;
nous demandons instamment à la Türkiye de rétablir l’indépendance
de la justice et de mettre fin aux poursuites politiques;
nous invitons la commission des questions politiques et
de la démocratie à évaluer la détérioration de la démocratie en
Türkiye et à établir un rapport assorti de recommandations;
nous appelons le Secrétaire Général à établir un dialogue
avec les autorités turques, en invoquant si nécessaire l’article 52
de la Convention européenne des droits de l’homme.