Reconnaissant qu’il est urgent de renforcer la sécurité démocratique de l’Europe par des moyens non coercitifs, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe devrait insister sur l’importance des instruments de soft power – en particulier les arts, la culture, l’éducation et le développement des capacités à exercer des responsabilités – en tant qu’outils essentiels pour renforcer l’unité européenne, la résilience démocratique et la cohésion sociale.
Compte tenu de la nécessité de relever les défis toujours plus grands liés à la polarisation politique, à l’ingérence étrangère, à la manipulation, à la diffusion de fausses informations, à la fragmentation idéologique et aux menaces hybrides qui fragilisent les institutions démocratiques et la sécurité démocratique, il est impératif de mettre au point une stratégie globale de soft power correspondant à une conception commune de l’unité européenne.
L’Assemblée devrait montrer la voie en encourageant l’application de politiques visant à renforcer le rôle du soft power en tant que pilier de la sécurité démocratique de l’Europe. Le soft power a deux facettes: il peut soit unir les sociétés autour de valeurs démocratiques et d’une conscience historique communes, soit, s’il est manipulé à cette fin, contribuer à la division, à la radicalisation et à la déstabilisation de la société. Il est donc essentiel de promouvoir une utilisation responsable du soft power en tant qu’outil de dialogue, de prévention des conflits et de diffusion des idéaux démocratiques.
Les politiques doivent garantir un accès inclusif aux ressources de soft power pour les jeunes, les communautés marginalisées, les sociétés polarisées et les populations traumatisées par des conflits, afin de renforcer la résilience démocratique, l’État de droit et la cohésion sociale dans toute l’Europe.
Le Conseil de l’Europe, les gouvernements nationaux et toutes les parties prenantes concernées devraient être invités à approuver et à mettre en œuvre cette approche stratégique, en reconnaissant que le soft power est un élément essentiel de l’architecture de la sécurité démocratique européenne. Un cadre détaillé permettant la mise en œuvre et le financement durable de ces politiques devrait être élaboré en collaboration avec des éducateurs et éducatrices, des responsables culturels, des décideurs et décideuses politiques et des représentant·es de la société civile pour préserver l’avenir démocratique de l’Europe.