La protection des droits humains dans et par le sport: obligations et responsabilités partagées
Recommandation 2297
(2025)
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Discussion
par l’Assemblée le 25 juin 2025 (23e séance)
(voir Doc. 16196, rapport de la commission de la culture, de la science,
de l'éducation et des médias, rapporteur: M. Kim Valentin). Texte adopté par l’Assemblée le
25 juin 2025 (23e séance).
1. L’Assemblée parlementaire rappelle
la
Résolution 2607 (2025) «La
protection des droits humains dans et par le sport: obligations
et responsabilités partagées», qui appelle à l’adoption de normes
contraignantes en matière de droits humains à tous les niveaux du
sport, afin en particulier de lutter contre les abus, la discrimination
et les inégalités entre les femmes et les hommes, et demande instamment
aux gouvernements et aux organisations sportives de renforcer la
protection, la transparence et la responsabilité, d’assurer une participation
inclusive et de prendre en compte les droits humains dans l’organisation
des grandes manifestations sportives.
2. Considérant qu’une approche coordonnée et multiparties prenantes
est essentielle pour parvenir à un changement durable, l’Assemblée
réaffirme le rôle unique que joue le Conseil de l’Europe dans la
promotion des droits humains, de la démocratie et de l’État de droit
dans et par le sport, notamment par le biais de ses conventions
sur le sport et de l’Accord partiel élargi sur le sport (APES).
3. Tout en saluant des initiatives telles que «Donnons de la
voix» et «Tous·tes ensemble», ainsi que les travaux de l’APES dans
le domaine du sport inclusif plus généralement, l’Assemblée demeure
préoccupée par les informations persistantes faisant état d’abus,
de discrimination et de violations des droits humains dans le sport,
qui touchent en particulier les enfants, les femmes et les groupes
marginalisés.
4. Afin d’aider les États membres du Conseil de l’Europe et les
organisations sportives à aligner la gouvernance sur les normes
relatives aux droits humains, l’Assemblée recommande au Comité des
Ministres:
4.1 de renforcer le
mandat et les ressources de l’APES pour promouvoir les droits humains
dans le sport, notamment en poursuivant l’élaboration d’orientations
sur la bonne gouvernance, les mesures de protection et les politiques
de lutte contre la discrimination;
4.2 de charger l’APES d’élaborer des dispositions types applicables
aux législations nationales et aux règlements sportifs visant à
prévenir les abus, à garantir des environnements sportifs sûrs et
à soutenir les victimes;
4.3 d’inviter l’APES à continuer de mettre au point des outils
techniques et des indicateurs pour contrôler le respect des normes
internationales en matière de droits humains et d’égalité de genre
à tous les niveaux du sport, en collaboration avec les autorités
nationales et la société civile;
4.4 d’encourager l’APES à œuvrer en collaboration avec les
partenaires internationaux, notamment l’Union européenne et les
agences des Nations Unies, à la définition et à la promotion d’un
code international pour un sport sûr;
4.5 de demander à l’APES d’aider les États membres et les
organisations sportives à réaliser des évaluations des risques pour
les droits humains dans le cadre des grandes manifestations sportives,
de donner des conseils sur l’intégration de conditions en matière
de droits humains dans les processus de candidature et d’organisation,
et de faciliter le dialogue interrégional, en particulier avec les
économies émergentes et les pays à faible revenu.
5. L’Assemblée estime que l’APES est bien placé pour coordonner
une approche à l’échelle du Conseil de l’Europe en faveur d’un sport
sûr, inclusif et fondé sur des valeurs et des droits. Elle invite
le Comité des Ministres à veiller à ce que l’APES dispose de la
capacité institutionnelle lui permettant de remplir cette mission urgente
et de plus en plus importante.