La détention de Maja T., militante antifasciste non binaire, est un symptôme de l’érosion de l’État de droit en Hongrie
Déclaration écrite
No.
816
| Doc. 16222
| 04 juillet 2025
- Signataires :
- M. Vinzenz GLASER,
Allemagne, GUE ; Mme Sibel ARSLAN,
Suisse, SOC ; Mme Janina BÖTTGER,
Allemagne, GUE ; Mme Laura CASTEL,
Espagne, GUE ; Mme Gabrielle CATHALA,
France, GUE ; Mme Sevilay ÇELENK,
Türkiye, GUE ; Mme Sophia CHIKIROU,
France, GUE ; M. Emmanuel FERNANDES,
France, GUE ; M. Ettore Antonio LICHERI,
Italie, GUE ; M. George LOUCAIDES,
Chypre, GUE ; M. Max LUCKS,
Allemagne, SOC ; Mme Alessandra MAIORINO,
Italie, GUE ; M. Conor MURPHY,
Irlande, GUE ; Mme Valérie PILLER CARRARD,
Suisse, SOC ; Mme Filiz POLAT,
Allemagne, SOC ; Mme Sandra REGOL,
France, SOC ; Mme Anne STAMBACH-TERRENOIR,
France, GUE ; Mme Susanna VELA,
Andorre, SOC ; Mme Gala VELDHOEN,
Pays-Bas, SOC ; Mme Sandra ZAMPA,
Italie, SOC
Cette déclaration écrite ne reflète pas la position de l’Assemblée, mais uniquement celle des membres qui l’ont signée. Elle ne fera pas l’objet de mesures supplémentaires de l’Assemblée.
Nous, soussignés, déclarons ce qui suit:
Nous exprimons notre profonde inquiétude quant à la détention
en cours en Hongrie de Maja T., militante antifasciste de nationalité
allemande.
Maja est maintenu·e en détention provisoire prolongée dans
des conditions dégradantes, en violation des articles 3 et 6 de
la Convention européenne des droits de l’homme (STE no 5).
Maja a notamment un accès limité à une assistance juridique, est
placé·e à l’isolement et fait face à des conditions de détention inadéquates.
Le cas de Maja met en lumière des préoccupations plus générales
concernant l’État de droit en Hongrie, notamment l’influence croissante
du politique sur le système judiciaire et la répression pénale du
militantisme antifasciste.
Nous appelons les autorités hongroises à garantir le plein
respect des normes en matière de droits humains, y compris la libération
immédiate de Maja dans l’attente de son procès.
Nous demandons également instamment à l’Assemblée parlementaire
de s’attaquer aux déficiences systémiques de l’État de droit en
Hongrie.
Par conséquent:
- nous
demandons que les conditions de détention de Maja soient pleinement
conformes à la Convention européenne des droits de l’homme;
- nous appelons instamment à sa libération immédiate dans
l’attente de son procès, conformément au principe de proportionnalité
en matière de détention provisoire;
- nous condamnons la modification apportée à la Constitution
en mars 2025 interdisant les manifestations publiques LGBTIQ+ et
restreignant la liberté de réunion sous le prétexte de la protection
de l’enfance;
- nous demandons au Commissaire aux droits de l’homme du
Conseil de l’Europe de suivre cette affaire et de faire un rapport
sur les conditions de détention en Hongrie;
- nous invitons l’Assemblée et ses commissions à se pencher
sur le recul de l’État de droit en Hongrie et sur ses répercussions
sur la société civile et les libertés.