La disparition forcée des nouveau-nés, des nourrissons et des enfants
Proposition de résolution
| Doc. 16285
| 17 octobre 2025
- Signataires :
- Mme Laura CASTEL,
Espagne, GUE ; Mme Gabrielle CATHALA,
France, GUE ; Mme Sevilay ÇELENK,
Türkiye, GUE ; Mme Sophia CHIKIROU,
France, GUE ; M. Vladimir ĐORĐEVIĆ,
Serbie, CEPA ; M. Emmanuel FERNANDES,
France, GUE ; M. Vinzenz GLASER,
Allemagne, GUE ; M. Antonio GUTIÉRREZ LIMONES,
Espagne, SOC ; Mme Arusyak JULHAKYAN,
Arménie, PPE/DC ; M. Ettore Antonio LICHERI,
Italie, GUE ; M. George LOUCAIDES,
Chypre, GUE ; Mme Alessandra MAIORINO,
Italie, GUE ; Mme Luz MARTINEZ SEIJO,
Espagne, SOC ; M. Conor MURPHY,
Irlande, GUE ; M. Berdan ÖZTÜRK,
Türkiye, GUE ; M. Sigurður Helgi PÁLMASON,
Islande, SOC ; M. Georgios STAMATIS,
Grèce, PPE/DC ; M. Constantin STARÎŞ,
République de Moldova, GUE ; Mme Susanna VELA,
Andorre, SOC ; Mme Albana VOKSHI,
Albanie, PPE/DC
Cette proposition n'a pas été examinée par l'Assemblée et n'engage que ses signataires.
La disparition forcée de nouveau-nés, de nourrissons et d’enfants,
souvent à des fins de traite ou d’adoption illégale,
existe depuis des décennies dans plusieurs États membres du Conseil
de l’Europe. En Espagne, à partir de la guerre
civile et tout au long de la dictature, des milliers de femmes républicaines
et de femmes incarcérées ont été prises pour cible, et cette pratique
s’est poursuivie après l’instauration de la démocratie. Des phénomènes
comparables ont été signalés en Irlande, en Belgique, en Norvège,
en Serbie et, plus récemment, dans le contexte de la guerre menée
par la Fédération de Russie contre l’Ukraine.
La Résolution 2425
(2022) de l’Assemblée parlementaire «En finir avec les
disparitions forcées sur le territoire du Conseil de l’Europe» souligne
que ces pratiques constituent une violation particulièrement grave
des droits humains, qui affecte à la fois les victimes et leurs
familles. Le Comité des Ministres souscrit à cette position et estime
que ces pratiques peuvent être assimilées à des crimes contre l’humanité.
L’absence de données complètes, des enquêtes morcelées et
le déni ou la minimisation de ces crimes dans certains États membres
sont regrettables.
Il est urgent de s’attaquer à la dimension spécifique des
disparitions de nouveau-nés et d’enfants qui entraînent la falsification
de l’identité, la perte des liens familiaux et un profond traumatisme
psychologique.
Partant, l’Assemblée devrait déterminer si et comment:
- les États membres peuvent examiner
et établir efficacement les cas de disparition de nouveau-nés et d’enfants,
déclassifier les archives pertinentes et mettre en place des registres
ADN accessibles;
- le Comité des Ministres et le Comité directeur pour les
droits humains (CDDH) peuvent évaluer la nécessité de se doter d’instruments
juridiques supplémentaires, notamment de lignes directrices non contraignantes
ou d’un protocole contraignant, pour mettre en place des garanties
contre l’usurpation d’identité et l’adoption illégale;
- un groupe de travail sur les disparitions forcées d’enfants
peut être créé afin de coordonner les activités aux niveaux national
et international, de contrôler le respect des obligations et d’apporter
un soutien aux victimes;
- une conférence européenne ou mondiale peut être organisée
afin d’échanger au sujet des données, des bonnes pratiques et des
réformes juridiques;
- les États membres peuvent fournir aux victimes un soutien
sur le plan juridique, psychologique et de rétablissement de l’identité,
et reconnaître leur droit à la vérité et à la réparation.