La publication des «dossiers Epstein» en novembre 2025 a révélé l'étendue de l'influence et du rayonnement de Jeffrey Epstein dans les milieux politiques, diplomatiques, académiques et économiques à travers le monde.
Il est choquant de constater que de nombreuses personnes occupant des postes de direction ont continué à entretenir des liens étroits avec Epstein, même après que sa condamnation pour des infractions sexuelles en 2008 soit devenue une information publique. Parmi ces personnes figurait Thorbjørn Jagland, alors Secrétaire Général du Conseil de l'Europe. M. Jagland a dirigé le Conseil de l'Europe à un moment clé de son histoire, marqué par des relations tendues entre l'Assemblée parlementaire et la Fédération de Russie, notamment en raison de l’occupation et de l’annexion illégales de la Crimée par cette dernière, ainsi que de son agression contre le Donbass – deux régions sous la souveraineté de l’Ukraine.
Les révélations des «dossiers Epstein» ne se limitent pas à l’exploitation, au trafic, au viol, à l’abus et à une misogynie toxique manifeste, mais mettent également en lumière des vulnérabilités structurelles affectant les systèmes démocratiques. Celles-ci incluent un manque de transparence, une supervision insuffisante du lobbying et des conflits d’intérêts, ainsi que la capacité de réseaux informels à obtenir un accès privilégié à des processus décisionnels et à les influencer.
Des enquêtes approfondies devraient être menées sur les informations issues des «dossiers Epstein». Les victimes de l’exploitation sexuelle orchestrée par ce réseau doivent être protégées et indemnisées, et une pleine responsabilité pénale – et, le cas échéant, politique – doit être assurée pour tous ceux impliqués.
L’Assemblée parlementaire devrait examiner les vastes implications des «dossiers Epstein» et formuler des recommandations visant à renforcer les protections contre l’influence indue et les conflits d’intérêts, à améliorer la transparence et la supervision, ainsi qu’à renforcer l’obligation de rendre des comptes.Pour préserver la crédibilité du Conseil de l’Europe en tant qu’organisation qui promeut la gouvernance démocratique et des standards les plus élevés d’intégrité dans la vie publique, l’Assemblée devrait soutenir l’enquête interne lancée au sein du Conseil de l’Europe ainsi que les investigations menées par la Norvège.