Le meurtre de femmes fondé sur le genre est la forme la plus extrême de violence à l’égard des femmes. Il n’existe toutefois pas de définition commune de ce phénomène au niveau international, qu’il soit désigné par les termes «femicides», «féminicides» ou «meurtres fondés sur le genre». Dans la plupart des pays, on manque de données sur sa prévalence et d’analyses établissant un lien entre le meurtre de femmes et la violence domestique, l’inégalité entre les femmes et les hommes, les stéréotypes de genre et la misogynie.
L’Assemblée parlementaire a adopté la Résolution 1654 (2009) et la Recommandation 1861 (2009) «Féminicides», appelant à la collecte de données, à l’analyse des lacunes en matière de protection, à la mise en place de mesures préventives et à l’intégration de circonstances aggravantes dans la législation pénale lorsque des femmes sont tuées «en raison de leur sexe». Près de deux décennies plus tard, alors que des centaines de femmes sont tuées chaque année en Europe par leur actuel ou ancien partenaire intime, des membres de leur famille ou d’autres personnes, ces appels restent largement ignorés.
La Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (STE n° 210, «Convention d’Istanbul») traite des formes de violence à l’égard des femmes fondées sur le genre, qu’elles soient physiques, psychologiques, sexuelles, économiques ou autres. Cependant, dans de nombreux pays, le contexte sociétal et/ou individuel plus large de la violence fondée sur le genre conduisant à des meurtres de femmes n’est pas pris en compte, ce qui empêche de caractériser correctement la nature de ces meurtres et de s’attaquer à la dynamique du continuum de la violence à l’égard des femmes.
Les parlementaires jouent un rôle clé dans la sensibilisation à la violence fondée sur le genre, y compris les meurtres, ainsi que dans la mise en place et l’application effective de mesures visant à prévenir et à combattre cette violence. L’Assemblée devrait identifier et appeler à des mesures fermes pour renforcer la sensibilisation, la reconnaissance et l’obligation de rendre de comptes dans l’ensemble de nos États membres concernant les meurtres de femmes, en reconnaissant leurs motivations et caractéristiques fondées sur le genre par le biais de mesures juridiques, de la collecte et de l’analyse de données, conformément à la Convention d’Istanbul et aux travaux en cours du Groupe d’experts sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (GREVIO).