La question non résolue du «trésor roumain» concerne les biens que la Roumanie a envoyés à Moscou pour qu'ils y soient en sécurité pendant la première guerre mondiale: les réserves d'or de la Banque nationale de Roumanie, des bijoux royaux, des objets culturels et patrimoniaux et des archives. L’envoi du trésor était assorti de garanties explicites de restitution, mais les autorités russes et soviétiques successives n’ont jamais restitué ces biens.
Au total, entre décembre 1916 et juillet 1917, la Banque nationale de Roumanie a déposé 91,48 tonnes d'or fin à Moscou, une réserve souveraine qui n'a toujours pas été restituée. Au cours actuel, la valeur financière brute de l'or s'élève à environ 11,47 milliards d'euros. Au-delà de ces considérations financières, la valeur historique, culturelle et numismatique du trésor dépasse de loin la valeur brute des métaux précieux qui le composent, ce qui le rend inestimable.
Les efforts diplomatiques bilatéraux déployés jusqu’à présent, notamment les travaux de la commission d’experts roumains et russes, se sont révélés insuffisants pour obtenir la restitution des réserves d’or ou parvenir à un règlement global de la question des biens culturels et des archives.
L’examen de cette question par l’Assemblée parlementaire est d'une importance particulière au vu de son lien direct avec certains des domaines relevant de la compétence du Conseil de l’Europe: la protection du patrimoine culturel, le respect des droits de propriété et la défense de l'État de droit. La restitution du trésor roumain répond à l’intérêt européen plus large consistant à renforcer le droit international et à lutter contre la banalisation de l'impunité.
En conséquence, l'Assemblée devrait demander que soient étudiés tous les mécanismes financiers et juridiques possibles, y compris l'utilisation éventuelle des avoirs souverains gelés de la Russie, afin de garantir la restitution intégrale du trésor roumain ou une indemnisation d’une valeur équivalente.