Technologies quantiques et intelligence artificielle : une stratégie européenne d’anticipation et de gouvernance s’impose
Proposition de résolution
| Doc. 16455
| 26 juin 2026
- Signataires :
- M. Damien COTTIER,
Suisse, ADLE ; Mme Boriana ÅBERG,
Suède, PPE/DC ; M. Régis BERGONZI,
Monaco, ADLE ; M. Bogdan BOGDANOV,
Bulgarie, ADLE ; M. Bertrand BOUYX,
France, ADLE ; M. Patrick CASEY,
Irlande, ADLE ; M. Titus CORLĂŢEAN,
Roumanie, SOC ; Mme Edite ESTRELA,
Portugal, SOC ; Mme Béatrice FRESKO-ROLFO,
Monaco, ADLE ; M. Martynas GEDVILAS,
Lituanie, SOC ; Lord Michael GERMAN,
Royaume-Uni, ADLE ; M. Pablo HISPÁN,
Espagne, PPE/DC ; M. Szymon HOŁOWNIA,
Pologne, ADLE ; M. Aleksei JEVGRAFOV,
Estonie, ADLE ; M. James MacCLEARY,
Royaume-Uni, ADLE ; M. Joseph O'REILLY,
Irlande, PPE/DC ; M. Dominik OBERHOFER,
Autriche, ADLE ; Mme Marijana PULJAK,
Croatie, ADLE ; M. Nicola RENZI,
Saint-Marin, ADLE ; M. Georgios STAMATIS,
Grèce, PPE/DC ; M. Tony VAUGHAN,
Royaume-Uni, SOC ; Mme Rian VOGELS,
Pays-Bas, ADLE ; M. Emanuelis ZINGERIS,
Lituanie, PPE/DC
Cette proposition n'a pas été examinée par l'Assemblée et n'engage que ses signataires.
La révolution de l’informatique quantique n’est plus une hypothèse
lointaine. Dès 2026, les processeurs quantiques commenceront à surpasser
les systèmes classiques dans des domaines stratégiques, et leur convergence
avec l’intelligence artificielle ouvrira la voie à une ère de puissance
de calcul sans précédent – avec des implications transformatrices
pour la sécurité, la santé, l’économie, la gouvernance démocratique
et la souveraineté numérique.
Les États membres du Conseil de l’Europe sont exposés à des
risques majeurs auxquels ils n’ont pas encore apporté de réponse
collective adéquate. Le risque de voir des acteurs malveillants
«voler aujourd’hui pour décrypter plus tard» – c’est-à-dire collecter
dès aujourd’hui des données cryptées en vue d’un décryptage quantique
futur – menace déjà les infrastructures essentielles et les données
publiques sensibles dans toute l’Europe. Parallèlement, l’accélération
des capacités de l’IA grâce à l’informatique quantique soulève de nouvelles
questions fondamentales pour les droits humains, l’État de droit
et les institutions démocratiques.
Ces bouleversements offrent également d’immenses opportunités
pour l’humanité, notamment des avancées médicales majeures, la lutte
contre les maladies incurables, une vie plus saine et de nouveaux
moyens de faire face à l’urgence climatique.
L’Europe dispose d’atouts de recherche considérables dans
ce domaine, notamment des institutions universitaires de renommée
mondiale, des pionniers de la cryptographie quantique et des organismes d’anticipation,
tels que le Geneva Science and Diplomacy Anticipator (GESDA). Ces
atouts ne s’accompagnent toutefois pas encore d’un cadre de gouvernance
paneuropéen cohérent.
L’Assemblée parlementaire devrait élaborer un rapport qui
examine:
- les implications de
la convergence entre l’informatique quantique et l’intelligence
artificielle pour les droits humains, la démocratie et l’État de
droit dans les États membres;
- l’adéquation des cadres juridiques existants, y compris
la Convention-cadre du Conseil de l’Europe sur l’intelligence artificielle
et les droits de l’homme, la démocratie et l’État de droit (STCE
n° 225), pour faire face aux risques liés à l’intelligence artificielle
amplifiée par la technologie quantique;
- les moyens permettant aux États membres de tirer le meilleur
parti des opportunités offertes par ces bouleversements et de mettre
en place des mécanismes de gouvernance anticipative, afin que l’Europe puisse
façonner ces technologies conformément à ses valeurs, au lieu de
se contenter de s’y adapter;
- les mesures que les États membres devraient prendre pour
assurer la transition vers la cryptographie post-quantique, tout
en préservant les normes démocratiques et les droits fondamentaux.