La pornographie violente: un test pour les droits humains
Recommandation 2310
(2026)
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Discussion
par l’Assemblée le 25 juin 2026 (26e séance)
(voir Doc. 16422,
rapport de la commission sur l'égalité et la non-discrimination,
rapporteure: Mme Laura Castel; et Doc. 16444, avis de la commission
des questions sociales, de la santé et du développement durable,
rapporteur: M. Joseph O'Reilly). Texte adopté par l’Assemblée le
25 juin 2026 (26e séance).Version
provisoire sous réserve de révision éditoriale.
1. L’Assemblée
parlementaire se réfère à sa
Résolution
2670 (2026) «La pornographie violente: un test pour les
droits humains» et souligne que la pornographie violente constitue
une menace pour l’égalité de genre et pour le bien-être des femmes,
des filles et de la société dans son ensemble, car elle normalise
et va jusqu’à glorifier la violence à l’égard des femmes.
2. L’Assemblée estime que la lutte contre la pornographie violente
nécessite une meilleure connaissance du sujet, de son ampleur, de
ses effets, de la législation et des politiques adoptées pour la
prévenir et la combattre, ainsi qu’une évaluation de leur impact.
3. L’Assemblée considère que, le matériel de pornographie violente
étant par nature transnationale, puisqu’elle est hébergée sur des
plateformes opérant à travers les frontières, souvent hors de portée
des juridictions européennes, une coopération internationale renforcée
est nécessaire pour y faire face efficacement. Le Conseil de l’Europe
est le mieux placé pour prendre l’initiative dans la lutte contre
ce fléau.
4. Dans ce contexte, l’Assemblée recommande au Comité des Ministres
de promouvoir l’action internationale dans ce domaine, en particulier:
4.1 de lancer, en coopération avec
ONU Femmes et l’Union européenne, ainsi qu’avec d’autres organisations
et organismes concernés, une campagne mondiale contre la pornographie
violente;
4.2 d’envisager d’organiser conjointement avec l’Organisation
mondiale de la santé (OMS) une conférence ou un panel d’expert·es
indépendants en neurosciences, en psychologie, en santé publique et
dans d’autres domaines connexes, afin d’échanger des informations
sur les effets addictifs et l’impact neurologique de la pornographie
violente ainsi que sur la corrélation dans la réalité entre la consommation
de pornographie violente et la violence à l’égard des femmes.
5. L’Assemblée invite instamment le Comité des Ministres à adopter
sans délai une recommandation sur une éducation complète à la sexualité,
obligatoire, adaptée à l’âge, fiable sur le plan médical et fondée
sur des données probantes, rédigée conformément aux indications
figurant dans plusieurs textes adoptés par l’Assemblée. Cette éducation
devrait inclure des thèmes tels que l’égalité de genre, le consentement, l’autonomie
corporelle, les relations personnelles respectueuses, l’éducation
émotionnelle et la prévention des violences sexuelles et basées
sur le genre.