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Nécessité d’un accompagnement systémique des soldats ukrainiens en situation de handicap à la suite des hostilités

Avis de commission | Doc. 16483 | 19 septembre 2026

Commission
Commission sur l'égalité et la non-discrimination
Rapporteur :
M. Georgios STAMATIS, Grèce, PPE/DC
Origine
Renvoi en commission: Doc. 16063, Renvoi 4845 du 27 janvier 2025. Commission saisie du rapport: commission des questions sociales, de la santé et du développement durable. Voir Doc. 1 6464. Avis approuvé par la commission le 18 septembre 2026. 2026 - Quatrième partie de session

A Conclusions de la commission

1. La commission sur l'égalité et la non-discrimination salue le rapport de la commission des questions sociales, de la santé et du développement durable. Elle partage sa préoccupation quant à la nécessité de soutenir pleinement la réadaptation des ancien·nes combattant·esNote et leur réinsertion effective dans la vie sociale, professionnelle et familiale grâce à une approche globale.
2. La commission se réjouit de la possibilité qui lui est donnée de contribuer aux recommandations formulées dans le projet de résolution et dans le projet de recommandation, et de les renforcer en ce qui concerne la protection des femmes, des personnes LGBTI et des ressortissant·es étrangers qui servent dans les forces armées ukrainiennes. Elle estime que les autorités ukrainiennes devraient prendre des mesures pour garantir que l'ensemble des membres des forces armées et des ancien·nes combattant·es qui se retrouvent en situation de handicap à la suite de la guerre d'agression menée par la Fédération de Russie bénéficient d'un accompagnement et d'une assistance, dans des conditions d'égalité et sans aucune discrimination.
3. Le projet de résolution et le projet de recommandation soulignent la nécessité d’attirer l’attention sur la situation des membres des forces armées ukrainiennes et des ancien·nes combattant·es. Les amendements que la commission propose d'apporter au projet de résolution et au projet de recommandation visent à prendre en compte les besoins et les expériences spécifiques des anciennes combattantes en Ukraine. Ils abordent aussi la situation des militaires et des ancien·nes combattant·es qui sont des personnes LGBTI; en effet, faute de législation reconnaissant le partenariat civil et le mariage entre personnes de même sexe en Ukraine, les ancien·nes combattant·es LGBTI, ainsi que leurs partenaires et leurs familles, ne bénéficient pas des mêmes droits d'accès à l'accompagnement et à l'assistance disponibles. Enfin, bien que le titre du rapport fasse référence aux «soldats ukrainiens», la commission estime que les personnes de nationalité étrangère qui combattent en Ukraine et qui se retrouvent en situation de handicap à la suite des hostilités devraient également avoir accès à l'accompagnement et à l'assistance dont bénéficient les ancien·nes combattant·es ukrainien·nes.

B Amendements proposés

Amendement A (au projet de résolution)

Après le paragraphe 3, insérer le paragraphe suivant:

«Étant donné que plus de 75 000 femmes servent dans les forces armées ukrainiennes, leur situation et leurs besoins spécifiques devraient être pris en compte dans la politique nationale en faveur des ancien·nes combattant·es, afin que celle-ci prévoie toutes les mesures nécessaires à la réinsertion et la réadaptation des anciennes combattantes en situation de handicap.»

Note explicative

Les femmes participent activement aux forces armées ukrainiennes, où elles occupent des fonctions très variées. Certaines d’entre elles se retrouvent en situation de handicap à la suite des hostilités; par conséquent, leurs besoins spécifiques en matière de rétablissement et de réinsertion devraient aussi faire partie intégrante de la politique nationale ukrainienne en faveur des ancien·nes combattant·es.

Amendement B (au projet de résolution)

À la fin du paragraphe 8, insérer la phrase suivante:

«Elle attire aussi l'attention sur les besoins particuliers des anciennes combattantes, auxquelles il convient d'accorder une plus grande visibilité, d'autant plus qu'elles sont confrontées à des stéréotypes de genre concernant leur rôle dans la société.»

Note explicative

Nombre de femmes ukrainiennes jouent un rôle très actif dans l'armée, mais elles se heurtent à un manque de reconnaissance en tant qu'anciennes combattantes, y compris en tant qu'anciennes combattantes en situation de handicap, ce qui peut avoir des répercussions sur leur accès aux droits et aux services d'accompagnement.

Amendement C (au projet de résolution)

À la fin du paragraphe 11.1, insérer la phrase suivante:

«Les ancien·nes combattant·es en situation de handicap devraient toutes et tous pouvoir bénéficier de l'ensemble des droits, des prestations et des services d'accompagnement prévus par la politique en faveur des ancien·nes combattant·es, sans aucune forme de discrimination.»

Note explicative

Il conviendrait d'indiquer explicitement que la politique en faveur des ancien·nes combattant·es doit être appliquée de manière non discriminatoire, en tenant compte de toutes les formes de discrimination qui risquent de se manifester, car cela pourrait supposer de prendre des mesures spécifiques pour garantir leur égalité de traitement.

Amendement D (au projet de résolution)

Après le paragraphe 11.1, insérer le paragraphe suivant:

«pour garantir la pleine participation des ancien·nes combattant·es en situation de handicap, dans toute leur diversité, ainsi que des organisations qui les représentent, à l'élaboration de la politique ukrainienne en faveur des ancien·nes combattant·es;».

Note explicative

Il est essentiel que les personnes directement concernées par les politiques en faveur des ancien·nes combattant·es, y compris les femmes et les personnes LGBTI, aient la possibilité de participer à l’élaboration de ces politiques afin que leurs expériences vécues et leurs besoins puissent être pleinement pris en compte.

Amendement E (au projet de résolution)

À la fin du paragraphe 11.3, insérer la phrase suivante:

«Les partenaires des ancien·nes combattant·es LGBTI en situation de handicap devraient être considéré·es comme «des familles et des aidants informels des ancien·nes combattant·es» et bénéficier d’un accès aux programmes de soutien, à une prise en charge psychologique, à une formation et aux solutions de répit disponibles.»

Note explicative

L'absence de reconnaissance juridique explicite des couples de même sexe en Ukraine ne doit pas entraîner de discrimination à l'égard des ancien·nes combattant·es LGBTI en situation de handicap en ce qui concerne l'accès aux droits et aux services pour ces personnes et pour leurs familles, y compris leurs partenaires.

Amendement F (au projet de résolution)

Au paragraphe 11.4, dernière phrase, après les mots «Ces données devraient être», insérer les mots suivants:

«ventilées par sexe et».

Note explicative

Il serait important de mettre en avant les besoins et les expériences des anciennes combattantes et de veiller à ce que ces besoins et expériences soient pris en compte dans la mise en œuvre des politiques publiques et dans l’élaboration de nouvelles politiques.

Amendement G (au projet de résolution)

Après le paragraphe 11.4, insérer un nouveau paragraphe:

«pour mettre en œuvre des programmes destinés aux auteurs de violences domestiques ciblant le personnel militaire et les anciens combattants»;

Note explicative

Le premier rapport d’évaluation du Groupe d’experts du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (GREVIO) sur l’Ukraine, publié le 4 septembre 2026, note avec préoccupation que la guerre d’agression menée par la Fédération de Russie a entraîné l’augmentation des cas de violence à l’égard des femmes commis par des militaires en service actif et des anciens combattants, notamment des soldats de retour du front souffrant des traumatismes liés à la guerre.

Amendement H (au projet de recommandation)

À la fin du paragraphe 1, remplacer les mots «les soldats en situation de handicap» par les mots suivants:

«la réinsertion et la réadaptation des ancien·nes combattant·es en situation de handicap, y compris les femmes, les personnes LGBTI et les personnes de nationalité étrangère».

Note explicative

Le prochain Plan d'action du Conseil de l'Europe pour l'Ukraine devrait prévoir des mesures visant à répondre aux besoins de réinsertion et de réadaptation de toutes les personnes qui participent à la défense de l’Ukraine contre l'agression menée par la Fédération de Russie et qui, de ce fait, se retrouvent en situation de handicap, qu'il s'agisse d'hommes, de femmes, de personnes LGBTI ou de personnes de nationalité étrangère.

C Exposé des motifs de M. Georgios Stamatis, rapporteur pour avisNote

1 Introduction

1. L’exposé des motifs de M. Jan Filip Libicki (Pologne, PPE/DC) et les projets de résolution et de recommandation adoptés par la commission des questions sociales, de la santé et du développement durable, constituent un signal d’alarme visant à attirer l’attention sur l’une des conséquences les plus dévastatrices de la guerre d’agression menée par la Fédération de Russie en Ukraine depuis février 2022.
2. À cet égard, je tiens à exprimer ma satisfaction, ainsi que celle de la commission sur l'égalité et la non-discrimination, d’avoir l’occasion de contribuer à un texte important qui traite des besoins des ancien·nes combattant·es et des membres des forces armées en situation d’handicap au cours de la guerre d’agression contre l’Ukraine.
3. En novembre 2024, le gouvernement ukrainien a approuvé une stratégie concernant les ancien·nes combattant·es qui s'étend jusqu'à 2030. Sa mise en œuvre devrait faire l'objet d'un réexamen afin d’être adaptée à l'évolution des besoins et de la situation de ces personnes en Ukraine, y compris de celles qui sont en situation de handicap. Lors de l’audition qui s’est tenue en juin 2026, la ministre des Affaires des anciens combattants d'Ukraine en poste, Mme Kalmykova, a souligné que le principal enseignement à tirer de l’expérience ukrainienne est que «la réadaptation ne s’achève pas lorsque la personne quitte l’hôpital», car le retour à une vie autonome nécessite aussi des infrastructures accessibles, des possibilités d’emploi, un accompagnement psychologique, l’acceptation par la société et des réseaux familiaux solides. Ces aspects figurent effectivement dans le projet de résolution et je tiens à féliciter M. Libicki pour son rapport.
4. Avec plus de deux millions d’ancien·nes combattant·es en UkraineNote, il est essentiel que les politiques et mesures nationales visant à favoriser leur réinsertion tiennent dûment compte de la diversité de leurs besoins et des défis auxquels ils sont confrontés, en s’appuyant sur leur participation active et leur expérience.
5. Lors de l'audition qui s'est tenue le 23 juin 2026, nous avons appris qu'il y avait environ 3,6 millions de personnes en situation de handicap en Ukraine, soit un million de plus qu'avant la guerre. L'Assemblée nationale des personnes en situation de handicap, créée en Ukraine en 2002, dispose désormais d'un Conseil des ancien·nes combattant·es, chargé de prendre en compte la situation et les besoins des personnes qui se retrouvent en situation de handicap en raison de la guerre d'agression. Ce conseil contribue à l'élaboration de la politique ukrainienne concernant les ancien·nes combattant·es en collaborant avec le ministère des Affaires des anciens combattants et d'autres autorités, et en leur donnant des conseils pour garantir l'égalité des droits et l'accessibilité des services.
6. Le nombre de personnes en situation de handicap en Ukraine a augmenté et continuera d'augmenter, parmi les militaires et parmi les civils, tant que la guerre d'agression se poursuivra. Lors de notre audition, Mme Olga Rudneva, directrice du «Superhumans War Trauma Center» (un hôpital qui propose un accompagnement psychologique, des prothèses, des interventions de chirurgie réparatrice et des services de réadaptation aux personnes blessées pendant la guerre), nous a indiqué qu'en Ukraine, le nombre de personnes ayant perdu un membre était estimé à environ 100 000. Les troubles auditifs (perte partielle ou totale de l'audition) touchent environ 200 000 personnes.
7. Par ailleurs, les problèmes de santé mentale constituent une préoccupation majeure. Mme Rudneva a expliqué qu'il s'agissait là de l'un des plus grands défis auxquels l'Ukraine, en tant que pays, devrait faire face au cours des cinq à dix prochaines années. Elle a souligné la nécessité d'un soutien international pour renforcer la capacité de l'Ukraine à prendre en charge les nombreux cas de troubles mentaux parmi les civils et les militaires. Elle a plaidé en faveur de la création d'un hôpital national spécialisé dans les traumatismes de guerre, qui permettrait de collecter des données et de mettre en commun l'expérience acquise.
8. Ainsi que l'a indiqué la ministre Mme Kalmykova, lors de l'audition de juin 2026, la politique en faveur de ces personnes «est en définitive une question de dignité, de participation et d'égalité des chances». Cela signifie que toutes les ancien·nes combattant·es en situation de handicap suite à leur participation aux combats pendant la guerre d'agression doivent pouvoir bénéficier, dans des conditions d’égalité, d’un accompagnement et d’une aide en vue de leur réadaptation.
9. Le rapport de M. Libicki, le projet de résolution et le projet de recommandation arrivent à point nommé et sont importants. Je ne peux que soutenir ce texte et encourager les membres de la commission sur l'égalité et la non-discrimination, ainsi que l’Assemblée dans son ensemble, à faire de même. Les amendements que je propose visent à renforcer le texte en ce qui concerne la nécessité de reconnaître et de prendre en compte les besoins de toute la diversité des membres des forces armées en situation de handicap à la suite des hostilités en Ukraine, y compris les femmes, les personnes LGBTI et les personnes de nationalité étrangère. De plus, il est essentiel d'œuvrer pour que le grand public comprenne et accepte mieux les personnes en situation de handicap, notamment les ancien·nes combattant·es, car cela constitue une condition préalable indispensable à leur pleine réinsertion dans la société.

2 L'importance de prendre en compte les besoins de tous les ancien·nes combattant·es, notamment les femmes, les personnes LGBTI et les personnes de nationalité étrangère

10. La cinquième évaluation rapide des dommages et des besoins (Fifth Rapid Damage and Needs Assessment) concernant la situation en Ukraine, qui a été publiée en février 2026 par la Banque mondiale, le gouvernement ukrainien, l’Union européenne et l’Organisation des Nations Unies, et qui couvre la période allant de février 2022 à décembre 2025, indique que les ancien·nes combattant·es et les membres des forces armées, hommes et femmes, subissent des conséquences propres à leur genre liées à l’exposition au combat, aux blessures et au handicap, aux difficultés de réinsertion et aux besoins en matière de santé mentale. Cela justifie de réaliser une évaluation qui tienne compte des spécificités de chaque genre et de prendre en considération les besoins des ancien·nes combattant·es.
11. Des rapports de l'Union européenneNote soulignent que les ancien·nes combattant·es en Ukraine rencontrent des difficultés qui varient en fonction de leur niveau d'études, de leur rôle dans l'armée, de leur accès aux soins (y compris à un accompagnement psychologique), de leur genre et de leur accès au logement, en particulier pour les personnes qui viennent des territoires occupés par la Russie.
12. En 2018, le Gouvernement ukrainien a ouvert pour la première fois 63 postes de personnel combattant à des femmes dans les forces armées. Cela a conduit à la création du Mouvement des anciennes combattantes (VETERANKA), qui soutient les femmes servant dans l'armée et aide les anciennes combattantes à se réinsérer dans la vie civile. Des uniformes adaptés aux femmes sont fournis depuis 2024, mais il n'y a pas eu de gilets pare-balles adaptés à l'anatomie féminine avant juillet 2026, ce qui a entraîné des blessures chez des femmes soldatsNote.
13. Lors de notre audition du 23 juin 2026, nous avons pu entendre directement l'une des fondatrices de VETERANKA, Mme Primark, évoquer l'univers très masculin de l'armée, qui n'est pas toujours accueillant pour les femmes. Mme Primark a fait remarquer que les femmes doivent faire leurs preuves chaque jour sur le terrain, pour montrer qu’elles sont capables de se battre aux côtés des hommes sur un pied d’égalité; elle a ajouté qu’une fois démobilisées, les femmes sont «obligées de prouver à nouveau leur contribution, car l’État et la société continuent de considérer les personnes ayant combattu comme étant majoritairement des hommes». Mme Primark a souligné que ces stéréotypes et préjugés ont un impact direct sur les politiques concernant les ancien·nes combattant·es, car les politiques publiques «ne s'élaborent pas en vase clos».
14. Près de 16 000 volontaires étrangers, originaires d'au moins 72 pays, servent dans les forces de défense ukrainiennesNote. Le Bureau du médiateur militaire a mis en place un groupe de travail chargé d'examiner la situation des militaires étrangers, depuis leur recrutement et leur déploiement jusqu'à leur démobilisation et leur retour dans leur pays d'origine ou leur insertion dans la vie civile en Ukraine. Ces personnes de nationalité étrangère devraient aussi pouvoir bénéficier de l'aide et de l'accompagnement mis à la disposition des ancien·nes combattant·es qui se retrouvent en situation de handicap à la suite de la guerre d'agression.
15. Lors de l'audition, les spécialistes ont aussi fait passer un message fort: l'Europe ne doit pas craindre la radicalisation des ancien·nes combattant·es ukrainiens, mais doit plutôt se préoccuper de leur santé mentale et des conséquences des addictions, du chômage chronique et d'un sentiment de détresse persistant. Le meilleur moyen de venir en aide aux ancien·nes combattant·es en situation de handicap est d'investir dans l'accessibilité et de lever les obstacles à l'emploi, au logement et au rétablissement, en mettant l'accent sur leur santé mentale et leur dignité.

3 Lacunes dans la protection des droits des personnes LGBTI en Ukraine

16. Un projet de nouveau Code civil, présenté par un groupe de députés dirigé par le Président de la Verkhovna Rada, M. Ruslan Stefanchuk, a suscité une vive inquiétude parmi les organisations de défense des droits des personnes LGBTI, car le nouveau texte priverait les partenaires de même sexe et leurs familles de la reconnaissance, quoique limitée, qui leur est accordée actuellement – et qui est subordonnée à une décision de justice. Le projet de Code civil définit l’«union familiale de fait» comme la cohabitation de deux personnes de sexe différent vivant comme une famille. Cela signifie que le texte proposé prive les couples de même sexe de toute reconnaissance en tant que membres d'une familleNote. La Verkhovna Rada a adopté le projet en première lecture, mais, vu les manifestations publiques et les réactions négatives qu’elle a déclenchées, la possibilité d'amender le texte reste ouverte.
17. La situation des personnes transgenres servant dans l'armée ukrainienne est également préoccupante, car ces personnes sont victimes de discrimination et font l'objet de restrictions juridiques. Le changement officiel de genre n'est pas réglementé en matière d'enregistrement militaire et les personnes transgenres ne peuvent pas exercer de fonctions de commandement, car le diagnostic de «transsexualisme» continue à être associé à des troubles mentaux Note, malgré les changements dans la Classification internationale des maladies (CIM-11).
18. Les protestations contre le projet de nouveau Code civil et le plaidoyer pour la légalisation du partenariat civil pour les couples de même sexe sont devenus le thème central des événements LGBTI organisés en 2026. Le gouvernement et le Président ukrainiens ont fait des déclarations en faveur de l'égalité des droits pour les personnes LGBTI, mais l'adoption de la législation est freinée au Parlement par des députés conservateurs et par le lobbying de certaines Églises ukrainiennes.

4 Activités du Conseil de l'Europe concernant les ancien·nes combattant·es en Ukraine

19. Le Conseil de l'Europe mène actuellement un projet sur les droits des ancien·nes combattant·es et du personnel des forces armées en Ukraine («Rights of Veterans and Personnel of Armed Forces in Ukraine»), dans le cadre du Plan d’action du Conseil de l’Europe pour l’Ukraine «Résilience, relance et reconstruction» 2023-2026. Le projet vise à contribuer à la protection des droits humains (notamment des droits sociaux) des militaires, des ancien·nes combattant·es, des membres des forces de l'ordre et de leurs familles.
20. Le projet intègre une approche inclusive et sensible au genre dans l'ensemble de ses activités, en reconnaissant que les ancien·nes combattant·es ont des expériences, des besoins et des vulnérabilités qui leur sont propres. Une attention particulière est accordée aux difficultés que les anciennes combattantes peuvent rencontrer, ainsi qu’aux moyens concrets de surmonter ces difficultés et d'apporter à ces femmes un soutien adapté. Cette approche se traduit dans les principales activités du projet:
  • Communication et accompagnement sensibles aux traumatismes pour les personnes libérées de captivité: Une attention particulière est accordée aux expériences et aux vulnérabilités particulières des femmes dans les forces armées, notamment à leur exposition accrue aux risques de discrimination, de harcèlement et de violence fondée sur le genre, qui peuvent avoir un impact sur leur bien-être psychologique et leur rétablissement.
  • Soutien à l'insertion des ancien·nes combattant·es sur le marché du travail: La formation destinée aux conseiller·ères d'orientation aborde aussi les difficultés spécifiques auxquelles les anciennes combattantes peuvent être confrontées dans le domaine de l'emploi, notamment les stéréotypes de genre, les attitudes et pratiques potentiellement discriminatoires, ainsi que d'autres obstacles susceptibles d'entraver leur insertion professionnelle.
  • Prise en charge des dossiers et accompagnement global: Une formation est dispensée aux spécialistes chargés d’accompagner les ancien·nes combattant·es. Cette formation comporte notamment des cas pratiques illustrant les situations complexes dans lesquelles peuvent se trouver les anciennes combattantes. Des femmes peuvent ainsi devoir faire face à des difficultés cumulées, car elles peuvent être à la fois anciennes combattantes, conjointes ou membres de la famille de militaires, en situation de handicap ou originaires de territoires temporairement occupés.
21. Le 27 août 2026, le Commissaire aux droits de l’homme du Parlement ukrainien a présenté le rapport spécial intitulé «On the State of Implementation of Veterans’ Policy in Ukraine» (État de la mise en œuvre de la politique en faveur des ancien·nes combattant·es en Ukraine)Note. Cet événement public a bénéficié du soutien du projet du Conseil de l’Europe intitulé «Rights of Veterans and Personnel of Armed Forces in Ukraine» (Droits des ancien·nes combattant·es et du personnel des forces armées en Ukraine). Ce rapport spécial analyse l’état actuel de la politique en faveur des ancien·nes combattant·es. Il comprend des informations fournies par les autorités gouvernementales et les citoyen·nes, ainsi que les résultats d’une enquête menée auprès de 1 000 ancien·nes combattant·es.
22. Le 4 septembre 2026, le GREVIO a publié son premier rapport d’évaluation sur la mise en œuvre de la Convention d’Istanbul en Ukraine. Le rapport salue les mesures prises par les autorités ukrainiennes pour préparer activement les hommes démobilisés et les anciens combattants à leur retour à la vie civile, étant donné l’aggravation des cases de violence domestique due en grande partie aux expériences et aux traumatismes liés à la guerre. Le rapport recommande la mise en œuvre des programmes pour les auteurs de violences domestiques ciblant le personnel militaire et les anciens combattants, soit dans le cadre des programmes existants destinés aux auteurs de violences, soit dans le cadre des actions menées par les centres pour anciens combattants ou d’autres organismes qui leur viennent en aide (voir les paragraphes 65, 68, 71, 99 et 101).