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Projet de réponse aux chapitres culturel et social du deuxième rapport annuel du Conseil de l'U.E.O.

Communication | Doc. 646 | 06 avril 1957

Auteur(s) :
Comité des Ministres
Thesaurus

1 Projet de réponse au chapitre culturel (Rapporteur : M. SENGHOR)

1.1 Introduction

1. Dans une précédente réponse au rapport complémentaire du Conseil, je m'étais efforcé de rappeler à l'Assemblée les différents organes de l'U. E. O. qui oeuvrent en matière culturelle. Il m'était apparu nécessaire, au moment de la naissance de la commission des Affaires Générales de votre Assemblée, de faire un rapide tableau de ce qui avait été fait et qui continue à se faire sous l'égide de la Division culturelle du Secrétariat Général. En effet, je pensais que ces activités culturelles, que l'on a parfois tendance à considérer comme mineures au regard des grandes questions politiques ou militaires, étaient peut-être celles qui permettaient le plus, en liaison d'ailleurs avec les activités sociales, de faire progresser l'idée d'unité européenne et d'en faire une réalité.
2. Aussi est-ce avec une vive satisfaction que j'ai pris connaissance du chapitre VI du deuxième rapport annuel (Doc. 37) du Conseil relatif aux activités de l'U. E. 0 . dans le domaine culturel. L'importance de ce chapitre et la qualité des informations qu'il contient ne permettent plus d'avoir de doutes sur la nécessité de poursuivre, au sein de l'U. E. O., la tâche entreprise. Qu'il me soit permis d'ajouter, à ma satisfaction de voir le Conseil accorder aux questions culturelles une large place dans ses préoccupations, les marques de l'intérêt personnel que j ' a i pris à la lecture de ce rapport autour duquel il est nécessaire de faire une large publicité.
3. Je désirerais, dans cette réponse de votre commission des Affaires Générales, insister sur plusieurs points qui m'ont paru plus particulièrement importants, sans pour autant vouloir jeter dans l'ombre les autres activités. Je voudrais, tout d'abord, examiner le principe général de l'organisation des travaux de l'U. E. 0 . dans le domaine culturel; en second lieu, je voudrais dire l'importance que j'attache à l'activité du Comité de l'administration publique; en troisième lieu, parler des réalisations du Comité des universités, et, enfin, faire un tableau rapide des points les plus importants des autres activités de l'U. E. 0 . en matière culturelle.

1.2 Principe général de l'organisation des travaux de l'U. E. O. dans le domaine culturel

4. Le rapport du Conseil insiste sur le fait que l'activité de l'U. E. 0 . constitue une « expérience de coopération intergouvernementale essentiellement pragmatique dans ses buts et décentralisée dans ses moyens ». Il est très important que ce caractère ait été souligné. En effet, le Traité de Bruxelles modifié assigne aux États membres un but précis qui est de réaliser une certaine communauté culturelle. Il est réconfortant que la méthode de cette expérience de coopération intergouvernementale soit pragmatique. Il serait inutile d'avoir un autre tapis vert autour duquel se débattraient, avec élégance, les questions culturelles. Ce qui est essentiel, c'est d'aboutir à des résultats concrets, et l'U. E. 0 . est un organisme qui travaille dans le réel. Elle a pour tâche, ainsi que votre commission l'avait indiqué dans un précédent rapport et comme elle pense le prouver dans la suite de cet exposé, d'arriver à des solutions pratiques.
5. D'autre part, c'est une expérience de coopération intergouvernementale. Ses comités sont formés de fonctionnaires nationaux qui connaissent bien les difficultés qu'ils ont à résoudre et qui peuvent, par des délibérations franches, définir des objectifs proches de ceux prévus par le traité. Votre commission voudrait insister sur le fait qu'il s'agit de coopération intergouvernementale. Les comités et souscomités de l'U. E. 0 . ne sont pas formés d'hommes qui recherchent une solution idéale et qui, l'ayant découverte, en recommandent l'adoption à des gouvernements. Bien au contraire, les fonctionnaires nationaux sont enclins à ne rechercher que les solutions possibles et opportunes. Mais ce ne doit pas être une juxtaposition d'inerties, et la Division culturelle du Secrétariat Général doit avoir un rôle stimulant, ce qui n'est possible que si elle est suffisamment étoffée. Le budget indique que seuls quatre fonctionnaires y sont affectés sur un total de 70 au Secrétariat Général.
6. Enfin, cette action est décentralisée dans ses moyens. C'est une conséquence de son caractère d'expérience de coopération intergouvernementale. Les sous-comités fonctionnent au niveau où ils peuvent être le plus utiles; ils ont une large marge d'autonomie dans les limites des buts généraux assignés par le Traité de Bruxelles.
7. Cette expérience de coopération intergouvernementale a reçu une impulsion nouvelle lors de la signature des Accords de Paris; d'autre part, l'expérience a été étendue aux deux nouveaux Etats membres. Il faut souligner que cette extension et cette impulsion ont été rendues possibles parce que les deux nouveaux États membres étaient, dans le domaine culturel, très comparables aux cinq autres Etats européens.
8. Pour terminer ces considérations générales, et après avoir pris acte du grand nombre de réunions (109 à ce jour), de conférences, d'échanges de documents, de films et d'ouvrages de toutes sortes, je pense qu'il faut que cette expérience se développe. Si on la compare aux activités nationales dans le domaine culturel, on reconnaîtra qu'il y a encore des possibilités d'extension. Votre rapporteur, qui représente un territoire d'outre-mer de la République Française, se permet de faire référence aux liens extrêmement nombreux et profitables qui existent entre la culture française et la culture négro-africaine. Il ne peut s'empêcher de penser que, si les liens entre les différentes cultures européennes devenaient aussi nombreux et aussi étroits que ceux qui existent à l'intérieur de la communauté française entre les deux cultures qu'il vient de mentionner, il pourrait en résulter un très grand bénéfice pour le renforcement de la communauté européenne.

1.3 Activités du Comité de l'administration publique

9. Votre commission avait indiqué dans son précédent rapport, que le Comité de l'administration publique est devenu un comité autonome, parallèlement au Comité culturel, au sein de la section culturelle du Secrétariat Général. Créé en 1951 sous le nom de Sous-Comité des fonctionnaires, il a été chargé de la coopération en matière administrative et a examiné, au cours de quatre stages, un grand nombre de questions intéressant l'administration des pays membres dont la liste est donnée dans le rapport du Conseil. Réorganisé en Comité de l'administration publique en 1956, il a décidé de procéder, en 1957, à l'étude de l'adaptation des administrations traditionnelles en vue de réaliser un programme d'envergure (infrastructures, redistribution et mise en valeur du sol, problèmes sociaux).
10. Votre commission attache une importance toute particulière à l'action de ce Comité. Non seulement c'est une expérience originale qui mérite d'être suivie de près, mais encore c'est une expérience qui ne pouvait sans doute être mieux menée que dans le cadre de l'U. E. 0. Sans méconnaître les différences de droit public interne des pays membres, des normes administratives et de l'organisation de la fonction publique dans les différents pays, il n'en reste pas moins que les problèmes qui sont posés aux fonctionnaires des différents pays membres, les méthodes et les traditions sont suffisamment comparables pour qu'une oeuvre utile puisse être entreprise.
11. Le Comité de l'administration publique n'est cependant pas un comité de la fonction publique. Il n'a pas pour tâche d'harmoniser les statuts des fonctionnaires, mais la manière dont les fonctionnaires s'acquittent de leur devoir dans un cadre donné. Il pourrait être souhaitable que le Comité se préoccupe cependant de la question de l'uniformisation des échelles de salaires dans les pays membres, afin de donner une base solide à la création ultérieure d'une fonction publique européenne.
12. Votre commission se réjouit de voir la place prise dans les travaux de ce Comité par les questions d'administration locale, et espère qu'une contribution très importante à la cause de l'idée européenne pourra être apportée par une harmonisation de contacts entre l'administration et ses administrés. L'administration locale a un effet certain sur la vie quotidienne des citoyens de l'Europe occidentale. N'est-il pas souhaitable de réaliser une harmonisation qui donnerait ainsi aux Européens le sentiment d'appartenir à une même communauté? Dans cet esprit, le Comité devrait avoir des liens étroits avec le mouvement des élus locaux pour réaliser une liaison étroite entre leurs travaux et comparer leurs expériences.
13. Il va sans dire que les échanges bilatéraux de fonctionnaires dont se préoccupe le Comité sont extrêmement heureux. Il faut souhaiter qu'ils soient encore plus nombreux.
14. Votre commission estime que le Comité de l'administration publique a une activité originale très riche en possibilités et qu'il importe de tout faire pour lui faciliter sa tâche. Elle estime que la liaison doit être maintenue avec les activités culturelles de l'U. E. 0., et c'est pourquoi elle se félicite que ce soit la Division culturelle de Secrétariat Général qui soit chargée de ces activités.
15. Ne serait-il pas possible de faire procéder à une étude comparée des recours tant administratifs que judiciaires ouverts aux fonctionnaires des Etats membres?
16. Le Conseil envisage-t-il d'organiser pour les fonctionnaires des pays membres des stages sur les questions d'administration locale?
17. Le Conseil peut-il informer l'Assemblée des échanges de fonctionnaires qui ont eu lieu en 1957, sur une base bilatérale ou multilatérale, entre des Etats membres?

1.4 Réalisations du Comité des universités

18. On sait que l'une des activités les plus fructueuses entreprises par TU. E. 0 . a été la réunion des recteurs et vice-chanceliers des universités européennes. Il a déjà été question, dans le précédent rapport, de la Conférence de Cambridge, tenue au mois de juillet 1955, en présence de 90 recteurs et vice-chanceliers et de 25 fonctionnaires venus de 15 pays d'Europe. Les études entreprises par cette conférence sur l'équilibre entre la spécialisation et la culture générale, l'autonomie et l'indépendance des universités, la sélection, la formation et le bienêtre des étudiants, et enfin l'université et la collectivité étaient au centre des préoccupations universitaires. Un rapport sur cette conférence a été publié et, comme suite à cette conférence et aux résolutions qu'elle avait adoptées, des enquêtes ont été entreprises dont les rapports sont en voie de préparation ou ont d'ores et déjà été publiés. Il serait souhaitable que votre commission en soit officiellement saisie.
19. Votre commission prend bonne note de ce qui a été fait dans le domaine des études à l'étranger, et se félicite qu'ainsi réponse soit apportée à sa question A 4 Note .
20. Votre commission attache une grande importance à la prochaine conférence des recteurs et vice-chanceliers des universités européennes qui se tiendra à Dijon, au cours de l'été 1959. Sans doute, cette manifestation groupera-t-elle un plus grand nombre de pays que ceux représentés au sein de l'U. E. O. Il n'en reste pas moins que l'U. E. O. a joué ici un rôle d'initiateur et un rôle de laboratoire. Votre rapporteur a déjà insisté sur ce rôle dans son rapport précédent et dans son rapport sur le rôle futur de l'Union de l'Europe Occidentale. Il voudrait ouvrir ici une parenthèse et rappeler ses souvenirs de membre de la délégation française aux Conférences Générales de l'UNESCO. A plusieurs reprises, à l'UNESCO, il a senti l'importance d'un groupe uni de puissances, relativement homogène et décidé non seulement à aller de l'avant, mais à favoriser des relations amicales entre les nations membres. Il ne peut s'empêcher d'évoquer la réunion de l'UNESCO à la Nouvelle-Delhi, l'été dernier, qui menaçait de tourner court en raison des oppositions déclarées entre divers groupes de puissances appartenant à des cultures différentes. Un éclatement et un échec ont pu être empêchés grâce à l'action résolue des représentants de ce que l'on a appelé alors le Groupe de V U. E. 0. qui, bien loin de se considérer comme un des groupes antagonistes, a puisé dans la vocation universaliste de l'Europe le moyen de suggérer un compromis et un accord. Dans cet espi'it, votre rapporteur se demande si, au sein du Comité des universités, les pays de l'U. E. 0 . ne peuvent pas jouer le rôle fécond qui a été le leur à la Nouvelle- Delhi.
21. En terminant, votre commission pense qu'il serait souhaitable d'être représentée à la Conférence des Universités à Dijon.
22. Votre commission considère comme très importante la préparation du « guide » destiné aux étudiants désirant poursuivre leurs études à l'étranger. Elle souhaiterait que, dès sa publication, ce guide soit adressé à l'Assemblée, et qu'une diffusion large en soit faite aux universités et aux collèges européens, aux secrétariats chargés des inscriptions dans les universités comme aux associations d'étudiants. Dans le même esprit, elle souhaiterait que le rapport sur la sécurité sociale des étudiants, qui existe sous forme polycopiée, soit également distribué dans les universités des Etats membres.
23. Elle estime, d'autre part, que, pour faciliter la recherche, tout doit être mis en oeuvre afin de rendre accessibles, notamment par reproduction microfilmée, les catalogues des principales bibliothèques européennes. Ce serait un outil de travail extrêmement précieux poulies chercheurs que d'avoir connaissance des catalogues des bibliothèques des autres pays qui n'ont pas été imprimés. De même devrait être entrepris un catalogue général des thèses soutenues dans les différentes universités des pays membres.

1.5 Diverses activités du Comité culturel

24. Il serait injuste de passer sous silence les autres activités culturelles de l'U. E. 0., dont l'importance n'échappe pas à votre commission. Les Sous-Comités de l'éducation scolaire, de la jeunesse, du cinéma, de la radiodiffusion- télévision et des relations culturelles ont poursuivi leurs activités au cours de la période couverte par le présent rapport.
25. Dans le domaine de l'éducation scolaire, les stages d'enseignement ont été poursuivis. Un stage de professeurs de l'enseignement technique et professionnel s'est tenu en Allemagne, et cette année se tiendra, au Royaume- Uni, un stage de professeurs ayant pour thème « La musique, l'art et la poésie à l'école ». Une visite des inspecteurs d'enseignement des pays membres aura lieu, en 1957, en Allemagne et portera sur l'utilisation pédagogique des auxiliaires audio-visuels.
26. Les recherches que le groupe de travail pour l'équivalence des diplômes de fin d'études secondaires avait entreprises ont pu être étendues au Conseil de l'Europe, et c'est pour cette raison que le Comité culturel a, depuis 1955, décidé de ne pas en poursuivre l'examen. Ainsi est répondu à la question A 3 de votre commission des Affaires GénéralesNote . Enfin, le Sous-Comité d'éducation scolaire a examiné, en 1956, la question de la construction et de l'aménagement des écoles dans les pays du Bénélux.
27. Le Sous-Comité de la jeunesse a procédé à un certain nombre de stages d'experts sur les problèmes sociologiques de la jeune fille au travail, sur les problèmes résultant pour les jeunes gens du service militaire, et sur la lecture vivante. Il est prévu, en 1957, trois stages sur la formation artistique extrascolaire, sur les résultats obtenus grâce aux activités physiques et sportives chez les enfants inadaptés et physiquement diminués, et sur l'éducation des enfants en ce qui concerne les problèmes de la circulation. C'est sans doute le second de ces stages en préparation qui est le plus important, et il semblerait souhaitable qu'une coopération effective soit entreprise avec le Sous-Comité social, chargé d'une tâche similaire. Votre commission se félicite des mesures recommandées et adoptées pour une simplification des formalités aux frontières pour les groupes d'étudiants et se réjouit du développement des échanges de jeunes travailleurs, organisés concurremment aux échanges des jeunes étudiants. Votre commission désirerait savoir si des mesures ont été prises pour étendre à l'Allemagne et à l'Italie l'accord sur les passeports collectifs conclu en 1952 entre les cinq pays du Pacte de Bruxelles. Cette extension, si elle n'est pas en cours, devrait être réalisée prochainement.
28. Parmi les activités de l'année en cours qui méritent d'être signalées, il faut mentionner le stage sur l'éducation des enfants en ce qui concerne les problèmes de la circulation, qui se tiendra en Allemagne. C'est une activité concrète qui correspond à un besoin réel et pressant.
29. Le même rôle de laboratoire se retrouve dans le Sous-Comité du cinéma, dont le groupe de travail des films pour enfants a pu transmettre à l'UNESCO les conclusions auxquelles il était arrivé. Votre commission prend bonne note de la production prochaine du film Décembre, mois des enfants, dont il a déjà été parlé dans un précédent rapport. Elle souhaiterait pouvoir assister à une présentation de ce film lorsqu'il sera terminé et avoir des informations précises sur son circuit de distribution. Les initiatives entreprises pour développer le cinéma en matière d'éducation géographique lui paraissent intéressantes et dignes d'être étendues à d'autres sciences, et notamment à la géologie et à la botanique.
30. En ce qui concerne les actualités, la commission désirerait savoir pourquoi, depuis 1954, il n'est plus procédé aux échanges de listes de films d'actualités projetés commercialement.
31. A nouveau, il est permis de se féliciter de voir que le glossaire trilingue du cinéma entrepris par l'U. E. 0 . doit être continué par les soins de l'UNESCO, ainsi d'ailleurs qu'un fichier général de films culturels et d'enseignement produits par les différents pays. Votre commission s'était interrogée précédemment sur les raisons de la mise en sommeil des activités du Comité en matière de radiodiffusion et de télévision. Elle regrette que l'activité du Comité culturel en cette matière se soit limitée à un caractère essentiellement expérimental. Elle souhaite que l'échange ou l'achat par les pays membres de films destinés à la télévision scolaire soit réalisé dès que possible. Une tâche importante pourrait cependant être effectuée : il s'agirait de rechercher les leçons de l'expérience de la télévision américaine, qui peuvent être appliquées à la télévision européenne, éviter les écueils rencontrés outre-atlantique et peut-être envisager une politique commune de la télévision en Europe occidentale.
32. Votre commission aimerait avoir des éclaircissements sur l'Appel de Bruxelles pour la création d'une communauté culturelle européenne. Elle souhaiterait savoir les conclusions auxquelles le Comité a abouti à la suite des études qu'il en a fait afin de pouvoir d'ores et déjà se préoccuper de cette question.

1.6 Réponse du Conseil à la Recommandation n° 2

33. La commission des Affaires Générales prend acte de la réponse du Conseil à sa Recommandation n° 2 et marque sa satisfaction aux réponses qui ont été apportées. Elle souhaiterait toutefois que le Conseil puisse prochainement donner effet au voeu de la Commission de faire compléter et traduire en allemand et en italien les brochures publiées par l'organisation en - matière culturelle. Elle constate que, dans le budget, 100 livres sterling seulement ont été consacrées à des brochures. Cette somme paraît insuffisante à une diffusion convenable des rapports ou des brochures du Comité culturel.
34. Afin de résumer, dans un texte succinct les principaux desiderata de la commission, celle-ci soumet à l'Assemblée le projet de recommandation suivant :

2 Projet de recommandation sur les activités du Conseil en matière culturelle

L'Assemblée,

Ayant examiné le rapport de sa commission des Affaires Générales sur les activités du Conseil en matière culturelle;

Se félicitant des résultats concrets obtenus en ce domaine par le Conseil;

Considérant, à nouveau, que la culture est l'un des moyens majeurs de l'intégration européenne,

Recommande au Conseil de poursuivre ses activités culturelles dans le même esprit et avec la même méthode, et notamment :

a de faire traduire, dans toutes les langues des Etats membres les brochures publiées par l'U. E. 0 . et, pour cela, d'augmenter les crédits destinés à ce travail;
b d'étudier la possibilité d'une reproduction microfilmée des catalogues des principales bibliothèques européennes;
c d'étendre à l'Allemagne et à l'Italie l'accord de 1952 sur les passeports collectifs;
d d'étendre les activités culturelles du Conseil en matière de radio-télévision et d'étudier, plus particulièrement, la possibilité d'une coopération étroite dans le domaine de la télévision en Europe occidentale;
e de soumettre à l'Assemblée ses conclusions sur l'Appel de Bruxelles pour la création d'une communauté culturelle européenne.

3 Projet de réponse au chapitre social (Rapporteur : M. MONTINI)

3.1 Introduction

35. Dans un précédent rapport de votre commission sur les activités de l'Union de l'Europe Occidentale en matière sociale, il avait été tenté de vérifier si les réalisations sociales de l'organisation correspondaient à la lettre et à l'esprit du Traité de Bruxelles. L'importance du chapitre du deuxième rapport du Conseil renvoyé à votre commission et relatif aux activités sociales témoigne de l'intérêt que ces questions revêtent aux yeux du Conseil. Vingt pages d'un rapport qui en compte cinquante-sept sont dévolues au domaine social, et votre commission est heureuse de souligner qu'elle est en accord avec le point de vue du Conseil à cet égard. Il a pris connaissance avec intérêt du bilan qui est ainsi établi de l'oeuvre sociale entreprise depuis la signature du Traité de Bruxelles. Il ne faudrait pas, cependant, que, dépassant cet objectif, on en arrive à ne plus savoir ce qui est fait aujourd'hui, ce qui a été fait l'année dernière ou ce qui est envisagé. Votre commission prend bonne note du travail accompli. Elle souhaiterait que désormais se détache de l'exposé du Conseil ce qui est réellement nouveau, permettant ainsi à l'Assemblée d'apporter au Conseil une aide plus efficace. Le dialogue entre l'Assemblée et le Conseil ne doit pas se maintenir dans une ligne trop formaliste, trop académique, mais acquérir un véritable caractère parlementaire. L'Assemblée apporte un élément nouveau à l'organisation. Ce n'est pas en prenant seulement acte de projets, ou de réalisations de l'exécutif qu'elle remplira son rôle, mais par une action positive, permettant de faire avancer la politique sociale de l'Union de l'Europe Occidentale. C'est ainsi que votre commission voit le rôle de l'Assemblée en matière sociale.
36. Votre commission prend bonne note de ce que « le but des travaux des Comités est d'obtenir des résultats qui, lorsqu'ils sont appliqués par les administrations, influencent l'évolution de la politique et de la pratique sociales dans les pays membres ». Elle estime que telle est, en effet, la bonne méthode. Elle souhaite que le Conseil veille à ce que les résultats des travaux des Comités soient appliqués par les Etats membres. Mais le travail des Comités reste dans une sphère qui est assez détachée de celle des parlementaires; il serait utile que le travail ne s'accomplisse pas seulement au niveau bureaucratique. Une convention ne serait-elle pas plus facilement reçue et ratifiée dans les parlements nationaux si les parlementaires de l'Assemblée de l'U. E. 0 . avaient pu être associés aux travaux préparatoires des Comités?
37. Votre commission avait demandé au Conseil quelles mesures il comptait prendre pour développer l'activité sociale de l'O. T. B . Note . La réponse du Conseil est satisfaisante Note , en ce qui concerne la création de nouveaux Sous-Comités qui répondent à des besoins nouveaux et qui se sont attelés à des tâches nouvelles. Les deux nouveaux Etats membres ont adhéré à divers accords conclus dans le cadre de l'O. T. B. La liste qui en est donnée dans le rapport est réellement encourageante. Toutefois, ici encore, il faudrait pousser la collaboration entre le Conseil et l'Assemblée. Le Traité de Bruxelles n'avait pas prévu une Assemblée. C'est là la nouveauté des Accords de Paris, c'est donc là qu'il faut faire du nouveau.
38. Ce surcroît d'activités de la Division sociale amène votre commission à se demander si les trois fonctionnaires prévus dans le budget pour cette division peuvent supporter la tâche écrasante de trois grands comités et de onze sous-comités et groupes de travail, et l'incite également à demander quelle sorte de liaison peut être entretenue avec les services de l'Assemblée.
39. Dans le domaine de la publicité donnée aux activités sociales de l'U. E. 0., en réponse à une question de votre commission Note , le Conseil a sans doute raison de rappeler que le but de son activité est de faire évoluer une politique par l'intermédiaire de contacts intergouvernementaux. Votre commission a conscience de la difficulté d'intéresser le grand public à des activités sociales de caractère technique et limité. Elle souhaiterait, cependant, qu'un effort soit fait pour faire comprendre aux peuples de l'Europe occidentale que l'U. E. 0. agit en matière sociale dans le sens de la construction européenne. Ainsi que votre commission l'indiquait dans son premier rapport, l'organisation a des buts politiques, « c'est dire que le social tient une place de premier ordre dans la vie et dans le travail futur de l'organisation ».
40. Mais il y a aussi un aspect de l'information dont l'importance n'est pas négligeable, c'est celui des « relations publiques de l'U. E. 0 . » pour une collaboration efficace avec les autres institutions qui travaillent dans le même domaine et ainsi d'éviter tout double emploi. C'est pour assurer une collaboration entre ces agences qu'il est nécessaire que la publicité autour des travaux des comités revête le caractère de contacts continuels, sans attendre la formulation de textes.
41. Dans le présent projet de réponse au rapport du Conseil, votre commission s'est efforcée de mettre en lumière diverses activités sociales actuelles de l'organisation qui lui paraissent très importantes, au cours de l'étude de l'activité de l'U. E. 0., dans les domaines de la santé publique, de la réadaptation et du réemploi des invalides, et des questions sociales.

3.1.1 Santé publique

42. Votre commission souhaite que l'Assemblée prennent note du caractère original du Comité de santé publique de l'Union de l'Europe Occidentale. Il oeuvre dans un domaine qui n'est pas très connu et qui retient rarement l'opinion publique. Au surplus, l'Organisation Mondiale de la Santé, dont les services sont très étoffés et l'implantation régionale très poussée, a plus de moyens de se faire connaître que le Comité intergouvernemental. Votre commission désirerait savoir quelle collaboration existe entre l'U. N. I. C. E. F. et votre organisation dans le domaine de l'assistance, à l'enfance. Ce n'est qu'une raison supplémentaire pour se féliciter de l'information donnée par le Conseil dans le rapport annuelNote , selon laquelle l'organisation a établi une seule « zone de contrôle sanitaire ». Cette initiative ne pourrait-elle être étendue à d'autres domaines? C'est, ainsi que l'indique le rapport, un pas en avant très considérable pour faciliter la libre circulation des hommes dans les pays membres.
43. Votre commission s'était inquiétée dans un précédent rapport Note de l'activité du Sous- Comité pour l'étude des problèmes de protection sanitaire que pose l'utilisation pacifique de l'énergie atomique. Elle est satisfaite d'apprendre que deux rapports ont été examinés qui formulent des suggestions sur les principes qui pourraient servir de base à une législation commune en cette matière dans les sept pays membres.
44. Parallèlement à l'action de ce Sous- Comité, le groupe de travail pour « l'harmonisation des législations de protection en matière atomique » a examiné les problèmes à résoudre par le moyen d'accords internationaux.
45. En ces matières touchant les questions d'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire, l'action de ces Sous-Comités et groupes de travail est très importante. Il s'agit, en effet, d'une sorte de complément de l'action éventuelle de la Communauté européenne pour l'Energie atomique. Il faut veiller à ce qu'en cette matière les travaux ne soient pas menés de façon différente par l'Euratom et par l'U. E. 0 . Et le fait que le Royaume-Uni participe, avec toute l'expérience acquise par ce pays dans ces domaines, aux travaux ainsi entrepris est très heureux et peut constituer un commencement d'association entre les Six de l'Euratom et le Royaume-Uni. Il est à noter que, dans ce domaine, une action, peut-être capitale, est entreprise, et votre commission souhaite que le Conseil continue à lui accorder toute son attention. Elle attend communication du rapport qui lui est promis sur les questions sanitaires en matière atomique Note .
46. Le groupe de travail sur l'emploi des substances toxiques en agriculture a commencé ses travaux en novembre dernier. Il est évident que les résultats ne peuvent en être très spectaculaires. Mais c'est le type d'action où l'U. E. 0. doit exceller. Ainsi, elle apporte une contribution à la formation de l'Europe à la base.
47. En ce qui concerne la question de la lutte contre le cancer, votre commission souhaiterait qu'un groupe spécial de travail soit créé.
48. Les conventions franco-sarroises de 1950 et 1953 ont apporté une contribution importante à la classification des produits pharmaceutiques. Ne serait-il pas possible que le Sous-Comité puisse bénéficier de cette expérience et qu'elle soit étendue aux États membres?

3.1.2 Réadaptation et réemploi des invalides

49. Le Comité mixte de l'U. E. 0 . qui fonctionne pour la réadaptation et le réemploi des invalides a une activité dont l'intérêt social et humain est évident. On n'est peut-être pas assez conscient en Europe occidentale du nombre de personnes touchées par l'action de ce Comité. Il faut rappeler, à cet effet, que le nombre des invalides de guerre se chiffre par millions dans les sept pays de l'Union de l'Europe Occidentale.
50. Ces hommes ont droit non seulement au respect et à la reconnaissance de leurs concitoyens; ils ont droit à ce qu'un effort soit accompli pour leur permettre de trouver dans la collectivité une A'ie qui assure leur épanouissement.
51. D'autre part, il est nécessaire de tenir compte des possibilités de libération de maind'oeuvre obtenue grâce au réemploi de ces invalides. L'emploi adéquat des invalides est non seulement une oeuvre humaine nécessaire ; elle a aussi des raisons économiques. Le Comité s'est penché sur l'échange et la libre circulation des invalides d'un pays à l'autre, suivant les besoins qui se font jour. Votre commission demande au Conseil de donner toute l'attention désirable à cet important problème. La construction de l'Europe passe dans le concret chaque fois que des résultats affectant des milliers d'hommes peuvent être obtenus. Et il est tout particulièrement heureux que les victimes des grands drames européens soient parmi les premières à bénéficier de l'unité européenne.
52. Votre commission souhaiterait en outre que des stages d'étude de physiothérapistes soient organisés entre les États membres, en raison de la grande diversité des méthodes actuellement employées et des bénéfices qu'apporterait un tel échange de vues.

3.1.3 Questions sociales

53. Votre commission avait poussé un cri d'alarme dans son précédent rapport, à l'occasion de la politique sociale de l'Union de l'Europe Occidentale. Elle s'était inquiétée du silence du Conseil sur des activités qui lui semblent de la plus grande importance. Elle avait noté que l'uniformisation des charges sociales devait être poursuivie pour faire avancer l'idée européenne.
54. Il lui semble que le Comité social, qui est composé de hauts fonctionnaires chargés dans les États membres de la politique sociale, est un véritable embryon de « l'Europe sociale » ou, si l'on préfère, d'une « Communauté sociale européenne ». Sans doute devrait-on en venir à une réunion périodique des sept ministres des Affaires Sociales dont le Conseil permanent serait formé par des hauts fonctionnaires. Dès maintenant, le Comité social joue un rôle appréciable et devrait devenir le policy-making Commiltee en matière sociale. Il est important que le Comité social fasse évoluer parallèlement les services sociaux. Votre commission exprime le voeu que le Conseil fasse tout ce qui est en son pouvoir pour encourager l'harmonisation des politiques sociales.
55. A^otre commission a vivement apprécié les informations que le Conseil lui a fournies relativement aux conventions, recommandations et résolutions de l'Organisation Internationale du Travail. Elle souhaiterait recevoir le rapport collectif mentionné dans le rapport1 qui a déjà été transmis aux experts traitant des problèmes relatifs au marché commun européen.
56. Le Comité social se préoccupera spécialement cette année de la question de l'obligation alimentaire qui a une incidence sur la libre circulation de la main-d'oeuvre. C'est, en effet, une question d'actualité. Et tout ce qui touche à la libre circulation des hommes en Europe préoccupe votre commission.
57. C'est pourquoi votre commission prend bonne note des progrès réalisés en matière de conventions de sécurité sociale. Huit des dix conventions bilatérales étaient en vigueur. Il faut en souhaiter l'élargissement. Elle désirerait savoir où en est la rédaction d'une convention européenne de sécurité sociale et demande au Conseil d'en activer la négociation.
58. Ces questions de sécurité sociale sont fort importantes. Elles le deviendront davantage encore lors de l'établissement d'un marché commun européen. Il serait désastreux que l'action entreprise par l'U. E. 0 . , associant la Grande-Bretagne aux Six, tombe en désuétude par l'ouverture du marché commun général, que l'U. E. 0 . devrait avoir pour but de compléter et de parfaire.
59. Le caractère intergouvernemental de l'organisation devrait, de l'avis de votre commission, rendre possible un échange d'informations sur les besoins qualitatifs et quantitatifs en main-d'oeuvre. Certains Etats membres manquent de main-d'oeuvre. Il serait souhaitable qu'ils puissent satisfaire ces besoins dans la mesure du possible, chez leurs partenaires. Et à cette fin, le Sous-Comité de la main-d'oeuvre ayant fonctionné comme un clearing-house en matière de besoins et d'offres de main-d'oeuvre, il devrait alors s'orienter vers une politique générale de facilités des mouvements de travailleurs entre les sept pays, le tout lié à une éducation pour la qualification de la maind'oeuvre. Tout ce qui a été accompli par le Conseil en ce domaine est salué avec intérêt par votre commission qui espère que ce n'est là qu'un début.
60. Votre commission n'ignore pas qu'elle oulève à cette occasion un problème politiques. Bien au contraire, elle aborde la question dans une perspective politique, avec toute la prudence nécessaire, mais dans une visualité qui peut être très utile pour la cause de l'Europe unie. L'éducation des jeunes travailleurs dans les pays à main-d'oeuvre excédentaire doit être orientée suivant les besoins qui se font jour ailleurs. Il serait peut-être à envisager une participation de l'éventuel pays employeur dans les frais de scolarité et de formation professionnelle de ces jeunes, tandis que le pays d'origine pourrait garantir la stabilité de l'emploi pour le cas où un retour au pays d'origine serait rendu nécessaire.
61. Dans son précédent rapport, votre commission avait suggéré que s'organise un « institut de la statistique sociale européenne grâce auquel les statistiques sociales dans les sept pays seraient établies suivant des normes communes qui les rendraient de ce fait aisément comparables ». Elle prend acte de la réponse du Conseil, mais n'en est pas entièrement satisfaite. Elle demande au Conseil de considérer de près cette question qui lui paraît d'une importance très grande.
Réponse à la Recommandation n° 4 de l'Assemblée
62. Votre commission a examiné avec attention la réponse à la Recommandation n° 4. Elle souhaiterait que soit réalisée rapidement la participation de tous les membres aux « accords multilatéraux en voie d'extension ». Et votre commission se demande s'il ne serait pas possible que l'Assemblée soit associée plus étroitement à cette action notamment en lui communiquant la liste des conventions et des Membres les ayant déjà ratifiées, de façon à ce qu'une action soit entreprise dans les parlements nationaux.

3.2 Conclusion

63. Non seulement le rapport du Conseil sur les activités sociales est important, mais encore il démontre la nécessité de se servir de TU. E. 0., et en particulier de l'Assemblée, c'est-à-dire de la fonction parlementaire, pour réaliser, dans un cadre de coopération intergouvernementale souple, entre pays à structures sociales comparables, des tâches dont l'importance pour l'avenir de l'Europe ne doit pas être négligée. Votre commission se félicite des informations précieuses qui lui sont communiquées. Elle se réjouit de constater que le Conseil semble attacher comme elle une place de choix aux activités sociales dans l'activité générale de l'Union de l'Europe Occidentale. Cette place, cependant, mérite d'être encore plus grande, et votre commission demande à l'Assemblée qu'elle montre sa volonté de parvenir à la réalisation des objectifs sociaux qui assureront à l'Europe un niveau élevé de développement social et par là môme une de ses raisons d'être.
64. Afin de résumer, dans un texte succinct, les principaux desiderata de la commission, celle-ci soumet à l'Assemblée le projet de recommandation suivant :

4 Projet de recommandation

L'Assemblée,

Considérant la nécessité de faire marcher de pair l'organisation sociale de l'Europe, et son développement économique;

Considérant la création prochaine d'une Communauté Economique Européenne et d'une Communauté européenne de l'Énergie atomique ; Considérant l'oeuvre remarquable entreprise par l'Union de l'Europe Occidentale en matière sociale et la nécessité de la poursuivre sur un plan toujours plus concret,

Recommande au Conseil :

65. de faire étudier l'harmonisation des charges sociales entre les sept Etats membres après la ratification du traité instituant la Communauté Économique Européenne;
66. de faire procéder à une étude complète des questions d'alimentation qualitative et quantitative et d'en appliquer les résultats, notamment dans les zones sous-développées de l'Europe;
67. de prévoir un examen détaillé de la question de l'orientation professionnelle des jeunes travailleurs en vue d'une politique générale des migrations;
68. de renforcer les services de la Division sociale du Secrétariat Général.