Annexe 3 – Commentaires du Comité européen
de coopération juridique (CDCJ)
1. Suite à l’adoption
par l’Assemblée parlementaire de la
Recommandation 1817 (2007) ««Les parlements unis pour combattre la violence domestique
contre les femmes»: évaluation à mi-parcours de la campagne», le
Comité des Ministres a décidé de la transmettre au Comité européen
de coopération juridique (CDCJ), pour information et observations
éventuelles d’ici le 31 décembre 2007.
2. Le Bureau du CDCJ a pris acte de la recommandation de l’Assemblée
parlementaire et décidé d’attirer l’attention du Comité des Ministres
sur ses travaux actuels qui sont étroitement liés au thème traité
dans la recommandation.
3. Le Bureau du CDCJ soutient pleinement la promotion des synergies
entre les trois volets de la campagne, à savoir parlementaire, gouvernemental,
local et régional, qui permettent une approche globale et coordonnée.
4. Le Bureau du CDCJ se félicite que la recommandation invite
les parlements nationaux à «poursuivre la mise en place et le contrôle
de l’application des réformes législatives ainsi que l’organisation
d’actions de sensibilisation» en vue de promouvoir des mesures prioritaires
pour combattre la violence à l’égard des femmes, y compris la violence
domestique (paragraphe 5 de la recommandation).
5. Parmi ces mesures prioritaires figurent «la possibilité d’éloigner
le conjoint ou le partenaire violent et de prendre des mesures d’injonction
à l’encontre des auteurs de violence» et «la garantie d’un accès
effectif à la justice ainsi qu’à des mesures de protection pour
les victimes» (paragraphes 5.4 et 5.5 de la recommandation).
6. Concernant la dimension législative de l’adoption de ces mesures
prioritaires pour lutter contre la violence, soulignée au paragraphe 6
de la recommandation, le Bureau du CDCJ rappelle la Résolution no 1 relative
aux victimes d’infractions, adoptée par les ministres européens
de la Justice
Note qui
ont invité le Comité des Ministres à charger le CDCJ d’étudier la
question des voies de recours civiles, administratives et autres
à mettre à la disposition des victimes d’infractions.
7. Le CDCJ a établi, à cette fin, un Groupe de spécialistes sur
les voies de recours pour les victimes d’infractions (CJ-S-VICT).
Le groupe a récemment finalisé son rapport qui souligne l’importance
de reconnaître et de faciliter l’exercice par les victimes de leurs
droits dans la sphère civile de la justice, a fortiori lorsque les victimes
sont particulièrement vulnérables, comme c’est souvent le cas des
victimes de violence domestique.
8. Le groupe a souligné la nécessité de veiller à ce que les
recours, dont une gamme suffisante doit être offerte (recours indemnitaires
ainsi que recours destinés à protéger les victimes comme des ordonnances
de sécurité, de protection, d’interdiction ou d’exclusion), puissent
être effectivement exercés par les victimes, soulevant ainsi une
série de questions comme la communication d’informations, le droit
à une aide judiciaire gratuite, la simplification des procédures
et les avantages d’une approche pluri-institutionnelle.
9. En outre, le groupe s’est intéressé tout particulièrement
à plusieurs catégories vulnérables de victimes, dont les victimes
de violence domestique, et a rappelé les dispositions de la Recommandation
Rec(2002)5 du Comité des Ministres sur la protection des femmes
contre la violence, qui traite abondamment de la violence faite
aux femmes et comprend une section spécifique sur les mesures additionnelles
concernant les violences perpétrées au sein de la famille.
10. Le groupe a déduit des réponses reçues à un questionnaire
adressé à toutes les délégations nationales du CDCJ que les Etats
accordaient une grande attention à cette question particulière;
il a, en effet, recueilli un grand nombre d’exemples de bonnes pratiques,
illustrant la nécessité d’adopter une approche globale associant
les organismes clés, ainsi que de protéger les victimes et de leur
assurer une assistance spécialisée.
11. Le Bureau du CDCJ souligne le rôle clé du CDCJ en matière
de victimes, et l’importance des travaux menés cette année sous
son égide. Tenant compte de la nature transversale de ce thème,
le Bureau du CDCJ a convenu de partager ces travaux avec les autres
parties-prenantes concernées, et plus particulièrement la Task Force
pour combattre la violence à l’égard des femmes, y compris la violence
domestique (EG-TFV). Le rapport préparé par le groupe de spécialistes
sera par ailleurs publié et diffusé à large échelle après avoir
été présenté à la plénière du CDCJ en juin 2008.