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Réponse au premier rapport général de la Commission de la communauté Economique Européenne de l'Energie atomique (Euratom)

Rapport | Doc. 916 | 15 décembre 1958

Commission
Commission des questions économiques et du développement
Rapporteur :
M. Gerard de GEER, Suède
Thesaurus

A 1. Projet de résolution

L'Assemblée :

1. Remercie la Commission de l'Euratom de lui avoir transmis son premier rapport général et de s'être déclarée prête à participer à des réunions conjointes de l'Assemblée Parlementaire Européenne et de l'Assemblée Consultative ;
2. Espère qu'un accord pourra intervenir prochainement sur d'autres méthodes de collaboration entre l'Euratom et le Conseil de l'Europe, en application de l'article 200 du traité instituant l'Euratom et conformément aux propositions formulées par l'Assemblée dans sa Recommandation 146 et sa Résolution 130 d'octobre 1957 ; espère notamment qu'outre la communication régulière des rapports de la Commission et la tenue de sessions communes des deux Assemblées des dispositions seront prises pour organiser des réunions communes des commissions compétentes des deux Assemblées, des réunions entre la Commission de l'Euratom et les commissions de l'Assemblée Consultative, un échange de documents sur les questions d'intérêt commun, et d'étroits contacts entre les Secrétariats ;
3. Accueille avec satisfaction les arrangements déjà conclus ou en préparation avec les autres organisations internationales et les pays intéressés, en tant qu'ils témoignent de l'intention de la Commission de développer le plus possible la collaboration internationale dans le domaine des utilisations pacifiques de l'énergie atomique ;
4. Félicite la Commission de la rapide conclusion de l'accord de coopération avec les États-Unis ;
5. Souhaite pouvoir suivre de plus près, à l'avenir, l'évolution des relations de l'Euratom avec l'Agence européenne pour l'Énergie nucléaire de l'O.E.C.E., notamment en ce qui concerne la coordination des systèmes de protection sanitaire et de contrôle de sécurité et l'assurance contre le risque atomique ;
6. Prie la Commission d'explorer à fond, avec ses partenaires de l'A.E.E.N., les possibilités de les associer, individuellement ou collectivement, à des projets limités de l'Euratom, en particulier dans les domaines de la recherche et de l'enseignement ;
7. Exprime sa conviction que le rôle de l'Assemblée Consultative est d'apporter son soutien à la réalisation des objectifs de l'Euratom aussi bien que de l'A.E.E.N., et qu'en suivant de près l'évolution de leurs relations et en les aidant de ses conseils à ce sujet elle pourra contribuer à susciter dans l'opinion publique une meilleure compréhension des problèmes propres aux deux organisations nucléaires européennes et lui inspirer confiance en leurs travaux.

B 2. Exposé des motifs

1. La communication du premier rapport général de la Commission de l'Euratom fournit, pour la première fois, à l'Assemblée Consultative l'occasion d'examiner les activités de la Communauté européenne de l'Énergie atomique depuis sa mise en place et de faire part officiellement de ses vues à ce nouvel organisme. Compte tenu des résolutions et recommandations qu'elle a adoptées antérieurement, au cours des négociations sur le traité de l'Euratom, l'Assemblée aura pour préoccupation essentielle d'apporter son soutien à la pleine et entière réalisation des objectifs de l'Euratom, tout en s'assurant que, dans son action, l'Euratom tient dûment compte des efforts déployés par d'autres nations et organisations européennes en vue du développement de l'énergie atomique à des fins pacifiques.
2. Sur le plan pratique, il appartiendra à l'Assemblée de veiller à ce que les relations entre l'Euratom et l'Agence européenne pour l'Énergie nucléaire de l'O.E.C.E. (A.E.E.N.) se développent au maximum, au profit mutuel de tous les intéressés. Il s'agit là, de toute évidence, d'une tâche délicate, mais l'Assemblée, en s'en acquittant, pourra apporter une contribution d'une réelle valeur au succès de la coopération européenne pour le développement de cette nouvelle source vitale d'énergie.
3. Le premier rapport général de la Commission a trait aux huit premiers mois de son activité. Aussi rend-il compte essentiellement des préliminaires nécessaires de l'action future de l'Euratom : mise en place des institutions et des organes subsidiaires de la Communauté, ainsi que de l'administration de la Commission ; relations entre ces organes et les deux autres Communautés ; enfin, établissement de programmes pour les nombreux secteurs d'activité prévus par le traité. Exception faite pour certains résultats concrets et importants qui seront évoqués plus loin, il convient donc de juger l'oeuvre de la Commission sur ses intentions déclarées plutôt que sur ses actes. Considéré sous cet angle, le rapport mérite sur bien des points les éloges de l'Assemblée. C'est ainsi que l'Assemblée accueillera avec satisfaction les nombreux passages du rapport — concernant le contrôle de sécurité, la protection sanitaire, la recherche et les relations de l'Euratom avec les autres pays et organisations en général — qui confirment que la Commission reconnaît la nécessité d'une collaboration européenne et internationale s'exerçant sur la base la plus large et sous les formes les plus libres possible.
4. L'Assemblée se félicitera tout particulièrement des indications fournies par la Commission sur les relations étroites qu'elle a établies avec l'A.E.E.N. Cependant, afin de souligner l'importance qu'elle attache à cette question, l'Assemblée voudra sans doute prier la Commission de lui fournir à l'avenir un exposé plus détaillé de ces relations, à mesure que l'activité des deux organisations s'intensifiera.
5. Dans l'intérêt du développement nucléaire européen dans son ensemble, l'Assemblée pourra également demander à la Commission d'examiner de très près les possibilités d'associer les autres pays membres de l'O.E.C.E., individuellement ou collectivement, à des projets de l'Euratom à caractère limité et présentant un intérêt commun, notamment dans le domaine de la recherche. Dans cet ordre d'idées, il faut espérer que la Commission sera en mesure d'examiner avec bienveillance la suggestion émise en octobre 1958 dans la Recommandation 187 de l'Assemblée sur l'éventuelle participation des autres pays membres de l'O.E.C.E. aux programmes de recherche communs de l'Euratom et des États-Unis.
6. Le résultat positif le plus important qu'ait obtenu la Commission au cours de la période considérée est la conclusion de l'accord de coopération avec le Gouvernement des États- Unis. Il y a lieu de féliciter les deux parties des conditions généreuses de cet accord.
7. Les progrès dont la Commission fait état quant à la mise sur pied du système de contrôle de sécurité, à l'établissement de normes de base dans le domaine de la prévention et de la protection sanitaires, et à l'assurance contre, le risque atomique méritent également d'être relevés avec satisfaction. L'Assemblée a déjà souligné à maintes reprises qu'il est d'une importance primordiale d'établir un cadre juridique adapté aux dangers et aux risques particuliers de l'énergie nucléaire, et propre à dissiper les craintes et les malentendus tant dans l'opinion publique que dans les milieux de l'industrie.
8. Enfin, en remerciant la Commission de lui avoir transmis son premier rapport général, l'Assemblée voudra certainement exprimer sa gratitude à la Commission pour la décision qu'elle a prise d'ores et déjà de lui communiquer régulièrement, à l'avenir, ses rapports statutaires. L'Assemblée voudra également saluer le fait que la Commission s'est déclarée prête à participer à l'avenir à des réunions conjointes de l'Assemblée Consultative et de l'Assemblée Parlementaire Européenne. Il faut d'ailleurs espérer que la collaboration entre l'Assemblée Consultative et l'Euratom s'exercera sous d'autres formes encore. L'Assemblée devrait rappeler, en particulier, la nécessité d'une collaboration étroite et de contacts fréquents, non seulement entre les organes exécutifs et parlementaires, mais aussi au niveau des Secrétariats ; elle devrait souligner également le rôle politique important qu'elle est appelée à jouer en suscitant dans l'opinion publique une meilleure compréhension des problèmes qui se posent aux deux organisations nucléaires européennes et en lui inspirant confiance dans leurs travaux.

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