Les accords de réadmission, un mécanisme de renvoi des migrants en situation irrégulière
Réponse à Recommandation
| Doc. 12562
| 07 avril 2011
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- adoptée
à la 1110e réunion des Délégués des Ministres (30-31 mars 2011) 2011 - Deuxième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 1925
(2010)
- Thesaurus
1. Le Comité des Ministres note avec intérêt
la
Recommandation 1925
(2010) sur « Les accords de réadmission, un mécanisme de renvoi
des migrants en situation irrégulière », qui a été transmise, pour commentaires,
au Comité directeur pour les droits de l’homme (CDDH) et au Comité
européen de coopération juridique (CDCJ).
2. Le Comité des Ministres observe qu’un grand nombre d’Etats
membres ont conclu des accords de réadmission entre eux ou avec
des pays tiers, soit de façon bilatérale soit, le cas échéant, au
niveau de l’Union européenne, en vue de faciliter la réadmission
rapide des personnes en situation de migration irrégulière vers leur
pays d’origine ou de transit. Ces accords de réadmission définissent
généralement les obligations réciproques, la procédure et les délais
applicables aux procédures de réadmission. Ils constituent par conséquent
l’un des éléments importants de la politique de gestion des migrations
des pays concernés.
3. Le Comité des Ministres prend acte des recommandations de
l’Assemblée aux Etats membres visant à s’assurer que les droits
de l’homme des migrants en situation irrégulière et des demandeurs
d’asile soient respectés et protégés dans le cadre de la négociation
et de la mise en œuvre des accords de réadmission. Il encourage
les Etats membres à s’assurer particulièrement de la mise en œuvre
des recommandations inspirées directement des instruments adoptés
par le Conseil de l'Europe. Dans ce contexte, il attire l’attention sur
les Lignes directrices sur la protection des droits de l’homme dans
le contexte des procédures d’asile accélérées qu’il a adoptées lors
de sa 1062e réunion (1er juillet
2009). Les lignes directrices, bien que concernant prioritairement
la procédure d’asile accélérée, font état de principes pertinents
également pour la situation des migrants irréguliers et des demandeurs
d’asile. Il en est ainsi, en particulier, de la Ligne directrice V
« Concept de pays d’origine sûr », de la Ligne directrice VI « Concept
du pays tiers sûr » et de la Ligne directrice VII « Non-refoulement
et retour ». Il convient également de tenir compte de la Recommandation
Rec(97)22, adoptée par le Comité des Ministres lors de sa 609e réunion (25 novembre 1997),
qui énonce des lignes directrices sur la notion de pays tiers sûr.
Le Comité des Ministres attire également l’attention sur les Vingt
principes directeurs sur le retour forcé qu’il a adoptés lors de
sa 925e réunion (4 mai 2005), texte regroupant
l’ensemble des normes et directives élaborées au sein du Conseil
de l'Europe applicables dans ce domaine et identifiant les meilleures
pratiques possibles. Le premier des Vingt principes directeurs invite
les Etats membres à encourager le retour volontaire.
4. Le Comité des Ministres rappelle le principe général selon
lequel un individu ne peut faire l’objet d’une mesure de retour
que si cette mesure est cohérente avec les obligations pesant sur
l’Etat au titre de la Convention européenne des droits de l’homme
ou d’autres traités internationaux pertinents, tels que la Convention
de Genève relative au statut des réfugiés, et cela quand bien même
il existerait un accord de réadmission entre les Etats concernés.
Il rappelle la jurisprudence pertinente de la Cour européenne des
droits de l’homme relative aux mesures d’éloignement des étrangers
et, en particulier, celle développée sur le terrain des articles
3 et 8 de la Convention.
5. Le Comité des Ministres informe l’Assemblée qu’à l’heure actuelle,
compte tenu du contexte budgétaire et du processus de réforme en
cours, il n’est pas en mesure de répondre favorablement à l’invitation
qui lui est faite de définir des critères de sélection des pays
(3.1) et d’élaborer des lignes directrices sur les modalités de négociation
et de mise en œuvre des accords de réadmission (3.2). Il note par
ailleurs que les différents principes et instruments auxquels il
est fait référence dans la présente réponse offrent déjà aux gouvernements des
Etats membres un cadre pour la négociation et la mise en œuvre des
accords de réadmission.