Education contre la violence à l'école
Réponse à Recommandation
| Doc. 12823
| 17 janvier 2012
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée à la 1130e réunion
des Délégués des Ministres (11 janvier 2012). 2012 - Première partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 1965
(2011)
- Thesaurus
1. Le Comité des Ministres a examiné avec
attention la
Recommandation
1965 (2011) de l’Assemblée parlementaire sur l’«Education
contre la violence à l’école». Comme l’Assemblée, il estime que
la violence à l’école est une violation des droits de l’enfant.
La fonction éducative des établissements scolaires n’est légitime que
si elle offre des modèles comportementaux positifs.
2. A cet égard, il tient à rappeler les Lignes directrices du
Conseil de l’Europe sur les stratégies nationales intégrées de protection
des enfants contre la violence, contenues dans la Recommandation
CM/Rec(2009)10, qui appellent les Etats membres à prendre «des mesures
législatives, administratives, sociales et éducatives appropriées
(…) afin d’interdire toute violence, en tous temps et dans tous
les cadres à l’encontre des enfants, et d’assurer la protection
de tous les enfants relevant de la compétence de l’Etat».
3. De nombreux aspects de la recommandation de l’Assemblée sont
pris en compte dans les activités menées par le Conseil de l’Europe.
Ainsi, comme le préconise l’Assemblée parlementaire au paragraphe
3.4 de sa recommandation, le Comité directeur de l’éducation (CDED)
a commencé le travail de mise en œuvre de la «Charte du Conseil
de l’Europe sur l’éducation à la citoyenneté démocratique et l’éducation
aux droits de l’homme» (Recommandation CM/Rec(2010)7), dont l’un
des objectifs majeurs est la promotion de la culture et des pratiques
démocratiques dans l’environnement scolaire.
4. La thématique de la violence à l’école a aussi fait l’objet
de plusieurs ateliers de formation des enseignants menés ces dernières
années dans le cadre du Programme de formation des professionnels
de l’éducation «Pestalozzi». Dans le cadre de ce même programme,
le CDED a également lancé, courant 2011, l’élaboration d’un module
européen de formation des maîtres relatif à l’Education à la prévention
de la violence à l’école. La formation est axée sur la création
d’un environnement scolaire dans lequel les apprenants peuvent se
sentir en sécurité, où chacun peut vivre et travailler, apprendre
et jouer sans crainte.
5. Le Comité des Ministres relève également l’importance du travail
de jeunesse et de l’éducation non formelle dans les questions liées
à la prévention de la violence, notamment à l’école. Le secteur
de la jeunesse du Conseil de l’Europe accorde une attention particulière
au rôle que peuvent jouer les jeunes dans la prévention de la violence,
notamment à travers son travail d’éducation aux droits de l’homme
pour et avec les enfants et les jeunes. En ce qui concerne plus
spécifiquement le paragraphe 3.3 de la recommandation, qui porte
sur l’action dans des zones de conflit ou de postconflit, le Comité
des Ministres porte à l’attention de l’Assemblée le projet «Jeunes
ambassadeurs pour la paix», qui promeut et soutient le rôle des
jeunes dans les activités en faveur de la paix qui contribuent au
vivre-ensemble dans la dignité et le dialogue.
6. Par ailleurs, le Comité des Ministres informe l’Assemblée
de la tenue d’une réunion d’experts à haut niveau sur le thème «Combattre
la violence à l’école», à Oslo en juin 2011. Cet événement était
organisé par le Programme du Conseil de l’Europe «Construire une
Europe pour et avec les enfants», en coopération avec le Gouvernement
norvégien et avec la Représentante spéciale du Secrétaire Général
des Nations Unies sur la violence à l’encontre des enfants. Les
participants ont formulé un certain nombre de recommandations visant
à mieux combattre la violence à l’école, telles que la mise en œuvre
d’une politique globale et proactive ainsi que d’une approche multiprofessionnelle,
l’investissement dans la formation aux droits de l’homme et à la
citoyenneté démocratique, y compris l’amélioration des compétences
dans l’environnement internet, la mise en place de mécanismes de
signalement, de plainte et de suivi adaptés aux enfants, et le choix
d’une approche fondée sur le dialogue ouvert, la confiance réciproque
et la participation.
7. Le Programme «Construire une Europe pour et avec les enfants»
a également mené entre avril 2009 et décembre 2010, en Géorgie,
un projet joint du Conseil de l’Europe, de l’Unicef et de la Banque
de développement du Conseil de l’Europe sur le thème «Faire de l’école
un environnement sûr pour tous les enfants». Cette initiative a
reçu un accueil positif auprès des participants et pourrait, le
cas échéant, servir de base à d’autres programmes de coopération
pour la prévention de la violence à l’école.
8. Considérant que la violence sexuelle est aussi une forme de
violence pouvant se produire dans le cadre scolaire, le Comité des
Ministres rappelle la Convention du Conseil de l’Europe sur la protection
des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels, qui invite
les Etats membres à faire en sorte «que les enfants reçoivent, au
cours de la scolarité primaire et secondaire, des informations sur
les risques d’exploitation et d’abus sexuels (...). Cette information,
dispensée, le cas échéant, en association avec les parents, s’inscrit dans
une information plus générale sur la sexualité». Il rappelle en
outre la campagne UN sur CINQ du Conseil de l’Europe contre la violence
sexuelle à l’égard des enfants, qui promeut la prévention et la
protection contre toutes les formes de violence sexuelle dans la
société, y compris dans les établissements d’enseignement.
9. Enfin, s’agissant des perspectives d’action futures, le Comité
des Ministres gardera à l’esprit les recommandations de l’Assemblée
lorsqu’il examinera le projet de Stratégie du Conseil de l’Europe
pour les droits des enfants pour 2012-2015, qui est élaboré en consultation
avec les membres de la Plateforme pour les droits des enfants, des
partenaires internationaux (UE, Unicef, la Représentante spéciale
du Secrétaire Général des Nations Unies sur la violence à l’encontre
des enfants) et des organisations non gouvernementales intéressées.
Il note également les propositions relatives à la thématique de
la prochaine session de la Conférence du Conseil de l’Europe des
ministres de l’Education, qu’il examinera ultérieurement, conformément
à la procédure régissant ces conférences.