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Cinquième rapport adressé à l'Assemblée Consultative du Conseil de l'Europe par l'UNESCO

Rapport | Doc. 1010 | 02 juillet 1959

Thesaurus

1 INTRODUCTION

1. Ce mémoire contient des renseignements sur les activités de l'Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture pour la période comprise entre les mois d'août 1957 et juin 1959. Il traite essentiellement des activités qui sont de nature à intéresser les membres de l'Assemblée Consultative du Conseil de l'Europe.
2. Le Directeur Général a pris note avec satisfaction de la Résolution 147 (1958) adoptée par l'Assemblée Consultative concernant notamment le projet majeur de l'UNESCO « Appréciation mutuelle des valeurs culturelles de l'Orient et de l'Occident », et des suggestions qu'elle a formulées pour y apporter une contribution du Conseil de l'Europe. Ces suggestions ont fait l'objet de consultations entre les Secrétariats des deux organisations; elles ont permis de sélectionner les éléments de cette contribution qui trouveront une place dans la présentation des valeurs culturelles européennes au public, à la jeunesse, aux éducateurs, aux instituts d'art ou aux grands musées de l'Orient. C'est pourquoi on s'est attaché, clans le présent mémoire, à signaler particulièrement les progrès accomplis dans le cadre du projet majeur Orient-Occident.

1.1 Généralités

3. La dixième Session de la Conférence générale s'est déroulée à Paris du 4 novembre au 5 décembre 1958, dans les nouveaux bâtiments du siège de l'UNESCO, dont l'inauguration solennelle a eu lieu le 3 novembre 1958. L'essentiel des travaux de la Conférence a été consacré à la discussion et à l'adoption du programme et du budget pour l'exercice 1959-1960, sur la base des propositions du Directeur Général et compte tenu des recommandations du Conseil exécutif.

1.2 Programme et budget pour 1959-1960

4. La Conférence générale a voté un budget de 25.970.463 dollars pour les deux années. Ce montant accuse une augmentation de 3.290.825 dollars par rapport à l'exercice précédent. Le programme s'inscrit dans le cadre tracé par la Conférence générale lors de ses deux précédentes sessions (Montevideo 1954, Nouvelle-Delhi 1956) par la désignation de cinq domaines prioritaires, la définition des catégories d'activités générales et d'activités spéciales, l'établissement d'un programme de participation aux activités des États membres et la création de projets majeurs. Ce programme ne comporte pas d'innovation capitale, mais tend à consolider les progrès accomplis au cours ' des dernières années tout en ouvrant la voie à certaines expansions et améliorations. Les critères et conditions applicables à l'octroi d'une aide aux États membres ont été révisés et des crédits plus élevés ont été accordés aux activités culturelles et au projet majeur relatif à l'appréciation mutuelle des valeurs culturelles de l'Orient et de l'Occident.
5. La Conférence générale n'a pas adopté de nouveau projet majeur, mais elle a décidé d'entreprendre ou d'intensifier des activités dans certains domaines particulièrement urgents ou importants. Ainsi, l'UNESCO mettra l'accent dans différentes régions du monde sur la planification de l'éducation; notamment, en Afrique tropicale, elle fera une étude des besoins en matière d'enseignement primaire, secondaire et technique, et organisera une série de réunions consacrées à l'extension de l'enseignement secondaire, technique et professionnel.
6. Conformément aux voeux exprimés par la Commission des Droits de l'Homme de l'Organisation des Nations Unies, la Conférence générale a chargé le Directeur Général de lui présenter lors de sa onzième Session (1960) des projets de recommandation et un projet de convention internationale concernant différents aspects de la discrimination dans le domaine de l'enseignement.
7. Consciente des difficultés que de nombreux pays éprouvent à faire face aux problêmes que pose la pénurie de personnel scientifique et technique, l'UNESCO élargira son programme d'enseignement des sciences exactes et naturelles en fournissant une aide accrue à ses Etats membres et en organisant en 1960 une conférence régionale en Afrique tropicale.
8. La Conférence générale s'est également préoccupée de la nécessité d'intensifier la formation de spécialistes des sciences sociales (économistes, sociologues, démographes, statisticiens) et a accordé à cet effet un appui important aux institutions régionales d'enseignement supérieur et de recherche créées par l'UNESCO en Asie et en Amérique latine. La Conférence générale a accordé une grande importance aux problèmes relatifs aux conséquences sociales du progrès technique et de l'industrialisation, ainsi qu'à l'urbanisation.
9. Enfin, il a été décidé que de nouveaux efforts seraient faits, en coopération avec les Nations Unies et les institutions spécialisées compétentes, pour aider les pays sous-dévelop-pés à accroître leurs moyens d'information.
10. D'autre part, la Conférence a poursuivi son action normative par l'adoption de deux conventions internationales sur les échanges internationaux de publications^ et d'une recommandation réglementaire aux Etats membres sur la normalisation internationale des statistiques de l'éducation. En outre, elle a décidé, comme on l'a vu plus haut, que l'UNESCO préparerait des instruments de réglementation internationale concernant la discrimination dans l'enseignement.
11. Il a été en outre décidé qu'un projet de recommandation aux États membres, concernant les moyens les plus efficaces de rendre les musées accessibles à tous, serait soumis à la prochaine session de la Conférence générale, qui aura également à décider s'il y a lieu de préparer une recommandation visant à sauvegarder la beauté et le caractère du paysage.
12. Le Secrétariat mettra à l'étude, pour la prochaine session de la Conférence générale, la question de la préparation d'un projet de convention relative à la coopération internationale dans le domaine de la science et de la technique, ainsi que celle des obstacles qui s'opposent à l'importation et à l'exportation d'oeuvres d'art à des fins culturelles.
13. Enfin, le Secrétariat continuera d'étudier la possibilité de faire adopter une rêglementation internationale visant à faciliter les déplacements des personnes qui exercent des activités éducatives, scientifiques ou culturelles.
14. La Conférence générale, en établissant le programme de l'Organisation, s'est efforcée de faire face aux besoins des différentes régions du monde, notamment à ceux de l'Afrique, dans les domaines de l'enseignement primaire, secondaire, technique et scientifique, de l'éducation des filles, et des activités culturelles.

1.3 Éducation

15. La XXIe Conférence internationale de l'Instruction publique, organisée conjointement par le Bureau international d'Éducation (B. I. E.), organisme intergouvernemental, et par l'UNESCO, a eu lieu à Genève en juillet 1958. Soixante et onze États y étaient représentés et deux résolutions y ont été adoptées, concernant l'élaboration des programmes des écoles primaires et les possibilités d'accès à l'éducation dans les régions rurales.
16. La XXIIe Conférence internationale de l'Instruction publique se tiendra à Genève du 6 au 15 juillet 1959; elle étudiera le choix et l'utilisation des manuels dans les écoles primaires et les mesures destinées à faciliter la formation des cadres techniques et scientifiques. Cette question, dont l'importance ne saurait être sous-estimée, est susceptible d'intéresser tous les pays, quel que soit leur niveau de développement technique.
17. Le Bureau international d'Éducation vient de procéder à l'impression d'un livret contenant les 47 recommandations adoptées depuis 1934 par ces Conférences internationales. Les neuf premières conférences avaient été convoquées par le B. I. E. seul, les suivantes par le B. I. E. et l'UNESCO. Sans avoir le caractère de conventions, ces recommandations, votées par les délégués des gouvernements dûment mandatés, ne sauraient être confondues avec de simples voeux.
18. Ces recommandations visent non seulement à fixer des principes fondamentaux, mais aussi à donner, sur une série de points capitaux, des directives techniques propres à stimuler des initiatives des États participants et des organisations internationales.

2 Enseignement supérieur

19. Dans de nombreux domaines, l'activité de l'UNESCO est orientée vers le développement de l'enseignement supérieur. Tandis que le Département de l'éducation maintient des contacts avec l'ensemble du monde universitaire, notamment par l'intermédiaire du Bureau international des Universités, les autres départements stimulent certains domaines de recherches en matière de sciences exactes et naturelles, sociales et humaines, fournissent aux Etats membres des conseils et l'aide d'experts à l'égard des questions générales d'organisations et d'administration des universités, et facilitent les échanges d'étudiants et de professeurs d'université. Il convient de signaler à cet égard que le programme du Département des sciences sociales relève en grande partie du domaine de l'enseignement supérieur. Cet ordre d'enseignement occupe, de même, une place importante en matière d'échanges de personnes, tant en ce qui concerne les publications Études à l'étranger et Postes d'enseignement à l'étranger que pour ce qui est des bourses universitaires accordées par l'UNESCO en vue d'études régionales.

3 Universités

Le Bureau internationel des Universités (Secrétariat de l'Association internationale des Universités, organisation internationale non-gouvernementale) reçoit une subvention de l'UNESCO et y a son siège administratif; il comprend un service d'étude et d'information, un centre de coopération en matière d'enseignement supérieur, une bibliothèque de référence et centre de documentation, et un bureau d'édition. L'Association groupe actuellement 282 universités ou autres établissements d'enseignement supérieur situés dans 65 pays, et des membres associés dont le Comité des Universités européennes fait partie. En 1958, outre son Bulletin trimestriel, le Bureau a publié, en collaboration avec l'O.M.S. et l'O.A.A., le Répertoire mondial des écoles de médecine et le Répertoire international des établissements d'enseignement supérieur agricole. En 1959, il a également publié Y International Handbooh of Universities, ainsi que de nouvelles éditions de la Liste internationale des Universités et Organisations inter-universitaires. Il a également entrepris une étude concernant des instituts universitaires de recherche qui s'occupent de l'appréciation mutuelle des valeurs culturelles de l'Orient et de l'Occident. Un contrat a été passé avec l'UNESCO pour une étude sur les programmes officiels de coopération entre institutions universitaires. Un autre contrat avec l'UNESCO a été passé pour la préparation d'une série d'études sur « l'université' et la vie publique » qui doit servir de document de base pour le Congrès de l'A.LU. qui se tiendra à Mexico en 1960.

4 Statistiques de l'éducation

20. La Conférence générale avait à sa neuvième Session (1956) estimé désirable d'élaborer une réglementation internationale relative à la normalisation des statistiques de l'éducation. Un comité intergouvernemental spécial a proposé à la Conférence à sa dixième Session (1958), après étude par des experts hautement qualifiés, un projet de recommandation. Ce projet a été approuvé par la Conférence le 3^ décembre 1958 et communiqué à tous les États membres, en vue de sa soumission aux autorités nationales compétentes. Celles-ci pourront adopter, sous forme de loi nationale ou autrement, des mesures visant à donner effet aux principes et normes formulés dans la recommandation. Cette recommandation traite des définitions qui devraient être utilisées en matière statistique pour désigner l'analphabétisme, le niveau d'instruction de la population et les termes utilisés pour les divers établissements d'enseignement, les élèves, les maîtres, les classes et autres termes se rapportant à l'instruction.

5 Institut de l'UNESCO pour l'Éducation (Hambourg)

21. Deux réunions d'experts ont été tenues en mars 1958 à l'Institut de l'UNESCO pour l'Éducation à Hambourg. A la première, des experts de 14 pays ont étudié l'évaluation en matière d'éducation. La seconde était une réunion du groupe international qui étudie les jeux des enfants. L'Institut de Hambourg a également organisé à Fana (Norvège), en août 1958, un stage d'études sur l'éducation pour la compréhension internationale à l'intention des jeunes maîtres, en collaboration avec les Commissions nationales danoise et norvégienne. Ce stage a réuni 25 participants venus de 18 pays européens ; c'était le quatrième sur le même thème organisé par l'Institut de Hambourg.

6 Institut de l'UNESCO pour la Jeunesse (Gauting-Munich)

22. Le programme de l'Institut de l'UNESCO pour la Jeunesse à Gauting comprend, en 1958-1959, des réunions d'experts ou des stages sur l'éducation civique des filles, l'acquisition des connaissances économiques de base, l'action sportive à l'intention de la jeunesse rurale, l'utilisation des loisirs et l'appréciation mutuelle des valeurs culturelles de l'Orient et de l'Occident. Avec l'aide de la Commission nationale de la République Fédérale d'Allemagne, l'Institut a organisé en mars 1958 un stage d'études sur les moyens de développer la compréhension mutuelle des jeunes gens de l'Inde et de l'Europe. Ce stage a réuni 30 participants venus de 12 pays.

6.1 Sciences exactes et naturelles

23. Les activités de l'UNESCO sous ce chapitre se répartissent entre le perfectionnement de la documentation scientifique, l'enseignement et le développement des sciences, la contribution à la recherche scientifique, l'avancement des sciences et les activités scientifiques régionales.
24. Les domaines prioritaires de la recherche scientifique sont la zone aride, qui constitue un projet majeur, la zone tropicale humide, les sciences de la mer, la biologie cellulaire, les nouvelles sources d'énergie et le calcul électronique. La Conférence générale, au cours de sa dernière session, a également approuvé un programme dans le domaine de la recherche fondamentale en physique nucléaire, des recherches interdisciplinaires sur le cerveau et, en collaboration avec les Nations Unies, l'exploration de l'espace extra-atmosphérique.
25. Le Comité consultatif des sciences de la mer a tenu sa troisième Session à Paris en septembre 1958 et, entre autres questions, il a donné son opinion sur la façon dont l'UNESCO pourrait encourager l'exploration des océans, notamment avec l'aide d'un navire océanographique international. La Conférence générale a décidé (Résolution 2.42) de convoquer en 1960 une conférence intergouvernementale chargée d'adopter les mesures nécessaires pour assurer l'utilisation en commun par les Etats intéressés de navires océanographiques internationaux. Cette conférence se tiendra au Danemark. Pendant la période préparatoire, l'UNESCO demandera aux Etats membres de mettre à disposition leurs propres moyens de recherches océanographiques.
26. L'UNESCO a continué ses travaux pour encourager les recherches relatives à la biologie cellulaire en faisant appel aux organisations internationales compétentes. En I960, un colloque aura pour thème « les effets immédiats et les effets de petite dose des radiations ionisantes ».
27. Dans le cadre de ses activités scientifiques régionales pour 1959, l'UNESCO a organisé vingt-trois symposia et cours de perfectionnement dans diverses régions du monde. Des cours de météorologie synoptique dans le bassin de la Méditerranée ont été organisés à Rome en novembre et décembre 1958 par l'UNESCO et l'Organisation météorologique mondiale avec le concours des services météorologiques italiens. Deux représentants de chacun des pays riverains de la Mer Méditerranée^ y ont participé. L'Agence internationale de l'Énergie atomique et l'UNESCO organisent du 6 au 10 juillet 1959, avec la collaboration de l'Institut national des Sciences et Techniques nucléaires (France), des journées d'études sur l'énergie atomique et ses problèmes de formation scientifique et technique. La réunion se tiendra à Saclay.
28. Enfin, il convient de signaler qu'à la suite d'une demande de l'Assemblée Générale des Nations Unies en 1958 l'UNESCO a entrepris, conjointement avec les Nations Unies, les institutions spécialisées et l'Agence internationale de l'Énergie atomique, une enquête sur les tendances principales de la recherche scientifique dans le domaine des sciences exactes et naturelles, la diffusion des connaissances scientifiques et leur application à des fins pacifiques. Ces travaux pourront fournir ultérieurement les bases d'actions internationales.

7 Centre international de Calcul

29. Les rapports précédents ont décrits les circonstances qui ont abouti à la convention instituant à Rome un Centre international de Calcul et, en attendant son entrée en vigueur, à la décision de créer un Centre international provisoire. La convention a été ratifiée par six États membres : Belgique, Ceylan, France, Italie, Japon et Mexique. On espère qu'avant la fin de 1959 les dix ratifications nécessaires pour que la convention puisse entrer en vigueur auront été recueillies. Le Centre international provisoire a été constitué en septembre 1957 et a commencé à fonctionner en janvier 1958. Ce Centre provisoire ne se substitue pas aux organismes nationaux ou aux firmes privées pouvant effectuer des calculs au moyen d'un équipement électronique moderne, mais facilite l'obtention de tels services par les pays qui ne disposent pas de l'équipement nécessaire sur leur propre sol, et travaille pour les institutions spécialisées des Nations Unies. Le Centre est entouré d'un réseau de laboratoires nationaux avec lesquels un programme important de recherches scientifiques et de formation de spécialistes a été entrepris.
30. L'Organisation des Nations Unies, l'Union internationale des Télécommunications et l'Organisation européenne pour la Recherche nucléaire ont demandé au Centre provisoire d'exécuter pour elles des travaux de calcul, et le Centre a déjà effectué certains calculs pour l'O.À.A. En 1959, le Centre a commencé la publication d'un répertoire international des laboratoires de calcul et prépare un glossaire plurilingüe de termes relatifs au traitement numérique de l'information.
31. Le Comité d'organisation du Centre international — où siègent les pays qui ont ratifié la convention — a approuvé la conclusion de contrats pour l'installation de calculatrices électroniques, qui seront installées dès que le Centre aura pris un caractère permanent.
32. Le Directeur Général se borne à exprimer le souhait que le plus grand nombre possible de pays européens (en plus de la Belgique, de la France et de l'Italie) adhèrent à cette institution. Il a déjà pris connaissance, par la Résolution 147 (1958) de l'Assemblée, de la décision prise par le Comité des Ministres sur la recommandation déjà adoptée par l'Assemblée Consultative à cet égard.
33. La puissance des machines électroniques de calcul entraîne rapidement la transformation complète de l'aspect de nombreux problèmes scientifiques et techniques de notre époque. Pour étudier ces problèmes, une conférence internationale, de caractère non-gouvernemental, sur le traitement numérique de l'information, a été organisée à Paris sous les auspices de l'UNESCO du 15 au 20 juin 1959, en exécution d'une des clauses de la Résolution 2.41 (contribution à la recherche scientifique) de la Conférence générale. Des communications relatives à l'utilisation des machines électroniques et aux nouveaux problèmes de caractère mathématique et technique soulevés par les machines y ont été discutées. Environ 1 800 spécialistes venus de 37 pays y ont participé; les actes de cette conférence seront publiés en 1960. Une nouvelle organisation non-gouvernementale, la Fédération internationale pour le Traitement numérique de l'Information, a été créée à cette occasion, dont les statuts entreront en vigueur à partir du 1er janvier 1960 lorsque sept associations nationales au moins auront confirmé leur adhésion. Cette organisation aura son siège à Bruxelles. Elle préparera une seconde conférence internationale qui se tiendra en 1963.
34. L'UNESCO a continué à aider les organismes scientifiques internationaux non-gouvernementaux dans leur action en faveur de la coopération des savants et des laboratoires. Des subventions de l'ordre de 250.000 dollars au total sont accordées chaque année à ces organisations spécialisées dans les diverses branches des sciences exactes (sciences médicales, astronomie, géophysique, mathématiques, chimie, physique, etc.). L'UNESCO les aide ainsi à faire entendre la voix de leurs membres et reçoit d'elles des renseignements, des avis et une collaboration technique.

8 Activités culturelles Projet majeur relatif à l'appréciation mutuelle des valeurs culturelles de l'Orient et de l'Occident

35. L'année 1957 avait été, pour le projet majeur relatif à l'appréciation mutuelle des valeurs culturelles de l'Orient et de l'Occident, une année de consultations, d'explorations préalables et de lancement. Au cours de l'année 1958, sans négliger le caractère de « mutualité » qui définit l'esprit même du projet majeur, un accent particulier a continué à être placé sur la diffusion en Occident des valeurs culturelles de l'Orient. Le programme adopté par la Conférence générale pour 1959-1960 ne comporte pas de changements profonds quant à l'orientation générale du projet; l'accent sera mis sur un développement plus poussé de l'action menée par les États membres et par les organisations internationales non-gouvernementales.
36. Le Comité consultatif du projet majeur, réuni en sa seconde Session en février 1958, a formulé une déclaration à laquelle l'UNESCO a assuré une large diffusion. Dans cette déclaration, le Comité analyse les conditions actuelles du dialogue des peuples d'Orient et d'Occident, souligne certains facteurs psychologiques qui peuvent rendre difficile la compréhension mutuelle, et définit le point de vue et la méthode qui doivent présider aux échanges en matière de valeurs culturelles.
37. La troisième Session du Comité consultatif s'est tenue en mai 1959 et s'est penchée sur les problèmes que pose l'établissement du programme pour 1961-1962.
38. Un grand intérêt a été suscité dans les Etats membres par le projet majeur. Jusqu'à présent, 37 comités spéciaux ont été créés. Les modalités de mise en oeuvre ont de nouveau été étudiées à la faveur de deux conférences régionales de Commissions nationales : celle des pays de langue arabe, qui s'est tenue à Fez (Maroc) du 27 au 30 janvier 1958, et celle des pays de l'hémisphère occidentale, qui s'est tenue à San José (Costa-Rica) en juin 1958. De même la deuxième réunion de directeurs de services nationaux de relations culturelles, tenue à la Maison de l'UNESCO en octobre 1958, a consacré une partie importante de ses travaux au rôle des services nationaux de relations culturelles dans la réalisation du projet majeur.
39. Certains pays ont consacré leurs premiers efforts à des études préliminaires. D'autres ont organisé des conférences afin d'intéresser au projet majeur des secteurs importants de l'opinion publique. D'autres enfin ont entrepris ou développé d'amples programmes de publications : brochures, collections d'ouvrages d'initiation à d'autres cultures, et séries de traductions.
40. La vie universitaire a vu dans plusieurs pays se développer les premiers effets du projet majeur : création de certaines chaires, réorganisation des enseignements de culture générale, encouragement à la recherche sur les valeurs culturelles. Particulièrement notable est l'action entreprise dans de nombreux pays au niveau de l'enseignement, notamment du second degré : mise à l'étude d'un ajustement des programmes, amélioration des manuels et du matériel d'enseignement, préparation de textes de lecture et de matériel nouveaux, mise en oeuvre de programmes expérimentaux dans certaines écoles, stages et séances de discussions pédagogiques. Dans différents pays, les échanges de personnes avec les pays d'une autre zone culturelle ont été développés; surtout, un effort a été accompli pour que le séjour de boursiers étrangers soit mis à profit pour des expériences et des échanges culturels vivants.
41. Une autre forme d'action qui a retenu l'attention de nombreux Etats membres est l'organisation de manifestations intellectuelles et artistiques diverses, d'expositions historiques ou comparatives, de concerts, de représentations théâtrales ou chorégraphiques. Il faut encore signaler les programmes de radiodiffusion ou de télévision, les festivals cinématographiques, les articles publiés dans la presse et, dans certains cas, l'organisation de campagnes coordonnées de compréhension Orient-Occident assurant la convergence des activités qui visent à l'information du grand public. Enfin, des programmes conjoints ont été établis, entre deux ou plusieurs pays, pour des échanges bilatéraux ou multilatéraux sur leurs valeurs culturelles.
42. Afin d'assurer la circulation régulière d'informations sur les programmes des Etats membres et des organisations diverses associées au projet majeur, et sur l'action de l'UNESCO, et de diffuser des conseils, des suggestions, des indications bibliographiques et autres, l'UNESCO a entrepris la publication d'un bulletin de liaison intitulé Orient-Occident, dont les trois éditions — anglaise, française et espagnole — font l'objet d'une large diffusion.
43. Les travaux de l'UNESCO se sont développés sur trois plans principaux : études et recherches, éducation scolaire et extrascolaire, programmes à l'intention du public.
44. Dans le cadre des études et recherches de base, trois entretiens internationaux ont été organisés : sur le thème « L'homme moderne en Orient et en Occident », à Bruxelles du 26 juin au 3 juillet 1958; sur le thème « Religion et pensée en Orient et en Occident, un siècle d'échanges culturels », à Tokio du 27 au 31 août 1958; enfin, sur le thème « L'expression musicale en Orient et en Occident », à la Maison de l'UNESCO du 24 au 30 octobre 1958.
45. Le Secrétariat prépare actuellement, en collaboration avec des organisations non-gouvernementales, des entretiens qui auront lieu en 1959-1960 notamment sur : « Les applications sociales des doctrines philosophiques d'Orient et d'Occident », « Cultures et tradition en Orient et en Occident », et « Les grandes religions et les problèmes du monde actuel ».
46. La contribution des disciplines des sciences sociales a été étudiée par un comité d'experts spécialement réuni à cet effet à Calcutta (Inde) en janvier 1959. Ce groupe a recommandé que soient entreprises deux séries d'études : d'une part, des études de synthèse en vue de présenter au public non spécialisé d'Occident certains aspects de l'évolution actuelle des valeurs culturelles dans les sociétés orientales; d'autre part, des recherches sur les modalités de la communication des valeurs d'une culture à des personnes appartenant à une culture différente. Sur la base de ces conclusions, une première série d'études a été mise en chantier, au sujet des changements intervenus dans la condition des femmes et dans la structure de la famille dans différentes régions d'Orient. En outre, l'UNESCO vient de charger des spécialistes dans quatre pays d'Orient et d'Occident d'entreprendre, dans leurs pays respectifs, des études-pilotes sur les modalités de la communication entre différentes cultures.
47. L'UNESCO a développé dans le sens du projet son activité de stimulation, de coordination et de diffusion d'information dans le domaine des échanges de personnes. De plus, elle a attribué, en 1958, sur la proposition des Etats membres intéressés, 25 bourses permettant à des chercheurs de se rendre dans des pays d'une autre zone culturelle afin d'approfondir leur connaissance de divers aspects de la culture de ces pays.
48. Dans le domaine de l'enseignement, l'activité la plus importante a été l'organisation à Tokio, du 22 septembre au 4 octobre 1958, d'un comité international d'experts sur l'amélioration des manuels et du matériel d'enseignement des pays d'Asie, en ce qui concerne la présentation des pays d'Occident. A cette réunion avaient pris part les éducateurs de nombreux pays d'Orient et d'Occident. En 1956, l'UNESCO avait organisé un premier comité international d'experts sur la présentation de l'Asie dans les manuels et le matériel d'enseignement occidentaux. Les conclusions de cette réunion et de celle de Tokio contribueront à orienter l'action de l'Organisation et celle de ses Etats membres, au cours des années à venir.
49. Le Comité consultatif international des programmes scolaires a consacré à l'amélioration des programmes scolaires, dans le sens de la compréhension mutuelle de l'Orient et de l'Occident, une partie des travaux de sa 3e Session, tenue à la Maison de l'UNESCO du 29 septembre au 10 octobre 1958. Ces travaux avaient été préparés, notamment, par ceux d'une conférence européenne sur les programmes de l'enseignement secondaire, organisée à Sèvres (France) du 8 au 19 avril 1958.
50. Sur la proposition des Etats membres intéressés, l'UNESCO a accordé en 1958, dans le cadre du projet, 24 bourses de voyage à des personnes occupant, dans leurs pays respectifs, des positions de responsabilité dans le domaine de l'éducation scolaire et extra-scolaire. L'UNESCO a accordé une assistance aux Commissions nationales du Cambodge, de l'Irak, du Japon et des Philippines, en vue de la préparation de brochures sur la culture nationale de ces pays, à l'intention des élèves des écoles secondaires des autres pays.
51. Un stage d'études sur la mise en oeuvre du projet majeur dans les écoles secondaires et les écoles normales de l'Inde a été organisé à Bombay du 26 février au 2 mars 1959 par la Commission nationale indienne avec le concours de l'UNESCO. Un stage d'études régional pour l'Amérique latine, à l'intention des écoles associées appliquant un programme d'éducation pour la compréhension internationale, a eu lieu à Quito du 30 mars au 5 avril 1959; il a adopté une série de recommandations relatives au rôle que peuvent jouer les écoles secondaires et les écoles normales dans la mise en application du projet majeur.
52. Les organisations non-gouvernementales d'éducateurs ont été étroitement associées à l'action de l'UNESCO, notamment la Confédération mondiale des Organisations de la Profession enseignante, qui a apporté au projet majeur une contribution importante.
53. Dans le domaine de Yéducation des adultes, un programme-pilote comportant des séries de conférences, une exposition itinérante, des séances de discussions relatives aux cultures orientales et aux problèmes que pose leur compréhension, a été mis en oeuvre par un . groupe formé à l'Université d'Oxford. L'Union catholique internationale de Service social, l'Alliance internationale des Femmes, la Commission nationale d'Israël, les organisations syndicales internationales ont organisé ou préparé des conférences et des stages d'études internationaux à Bruxelles, à Athènes, à Tel-Aviv, pour associer les animateurs de l'éducation des adultes, et notamment de l'éducation ouvrière, à l'effort de rapprochement entre l'Orient et l'Occident, et leur apporter à cette fin une formation complémentaire.
54. Un stage d'études, réunissant les syndicalistes de l'Asie et de l'Europe, a été organisé par la Confédération internationale des Syndicats chrétiens à Saïgon au mois de janvier 1959. Un autre stage d'études a eu lieu à Florence en mai 1959 sous les auspices de la Confédération internationale des Syndicats libres pour un échange de vues sur les valeurs qui sont à la base des mouvements syndicalistes en Orient et en Occident.
55. Quant aux mouvements de jeunesse, dix « entreprises associées » conduites par des organisations internationales non-gouvernementales ont reçu l'appui et le concours de l'UNESCO. Ces entreprises tendent principalement à encourager les jeunes à dégager les valeurs essentielles de leur propre culture, et à développer les courants d'échanges entre pays d'Orient et d'Occident. Des réunions internationales d'animateurs de mouvements de jeunesse ont aussi permis d'examiner le développement futur des programmes tendant à associer la jeunesse à la mise en oeuvre du projet. Parmi ces réunions, mentionnons celle du mois de mai 1959 a Chamonix pour la préparation d'une étude concertée relative aux valeurs auxquelles sont attachés les jeunes de l'Orient et de l'Occident. Cette étude formera le centre d'intérêt des activités menées par les organisations de jeunesse en 1959-1960 au titre du projet majeur.
56. En ce qui concerne les activités intéressant directement le public, l'UNESCO a tout d'abord poursuivi ses efforts pour faire connaître aussi largement que possible le projet par l'intermédiaire des grands moyens d'information : presse, radio, télévision, cinéma. Deux numéros du Courrier de l'UNESCO, ceux de juillet et de décembre 1958, ont été consacrés aux thèmes du projet.
57. Une brochure illustrée a été publiée en anglais et en français sous le titre : East and West—Towards Mutual Understanding (Orient et Occident : Peuvent-ils se comprendre?). Elle est surtout destinée au public occidental.
58. Outre la production et la diffusion de nombreux programmes-types de radio, l'UNESCO a mis à l'étude, avec le concours de diverses associations internationales de radiophonie et des responsables des programmes « culturels » de différentes stations, les problèmes que pose le développement des échanges d'émissions entre stations de l'Orient et de l'Occident.
59. Des listes de films donnant une image des valeurs culturelles de l'Orient ont été élaborées avec le concours d'organismes spécialisés et des jurys de divers festivals. Des films fixes, des programmes de télévision ont été produits et distribués. Une pochette photographique d'exposition, accompagnée d'un commentaire explicatif, a été composée à l'intention des écoles et du public : elle illustre de manière comparative les modes de vie les plus caractéristiques des valeurs culturelles orientales et occidentales.
60. L'UNESCO a invité d'éminentes personnalités de différents Etats membres à se rendre dans des pays d'une région culturelle différente de la leur, afin d'y prononcer des séries de conférences sur les valeurs de leur propre culture, d'y participer à des séances de discussions ou à des tables rondes radiophoniques. La première de ces tournées, celle du professeur Hideo Kishimoto, de l'Université de Tokio, spécialiste de l'étude comparée des religions, a eu lieu dans les derniers mois de l'année 1958 en Europe et aux États-Unis.
61. L'UNESCO a poursuivi en 1958 sa collaboration avec la Commission internationale pour la traduction des chefs-d'oeuvre, de Beyrouth, avec l'Université de Téhéran ainsi qu'avec les Commissions nationales des États membres intéressés, pour les traductions de classiques des séries arabe, persane, indienne, chinoise, japonaise, pakistanaise, vietnamienne et des littératures non russes de l'U.R.S.S. Cette activité connaît une extension croissante.
62. Du 22 au 24 septembre 1958, une réunion d'éditeurs de collections de classiques universels a été organisée à la Maison de l'UNESCO; vingt et un éditeurs appartenant à sept pays différents ont collaboré à l'examen de mesures susceptibles de stimuler la publication de traductions de classiques orientaux dans les grandes collections de classiques universels d'un prix modique.
63. Une exposition sur l'interdépendance des cultures, intitulée « Orient-Occident : Rencontres et influences durant cinquante siècles d'art », a été réalisée au Musée Cernuschi à Paris avec le concours du Conseil international des Musées et des autorités nationales et locales.
64. Les six séries d'expositions itinérantes de reproductions en couleurs d'oeuvres d'art réalisées au cours des années précédentes ont continué à circuler parmi les États membres, et ont été largement utilisées dans le cadre des programmes que ceux-ci ont mis en oeuvre au titre du projet. Une nouvelle exposition, consacrée à « L'aquarelle dans l'art d'Orient et d'Occident » a été mise en circulation au cours du dernier trimestre. Trois nouveaux albums de reproductions en couleurs de la collection UNESCO de l'art mondial ont été publiés en 1958 et 1959 : U.R.S.S. : Icônes anciennes de Russie; Mexique : Peintures préhistoriques; et Japon : Peintures anciennes de l'art bouddhique.
65. L'UNESCO a poursuivi son action d'encouragement aux artistes contemporains d'Orient et d'Occident, en assurant, par des reproductions, une large diffusion à des oeuvres choisies en consultation avec les grandes biennales d'art. Une étude approfondie du développement de l'art contemporain au Japon est actuellement menée par l'Association internationale des critiques d'art. De manière analogue, le Conseil international de la Musique a été chargé de contribuer à une meilleure diffusion des oeuvres de compositeurs contemporains d'Orient et d'Occident, en collaboration avec les organismes de radiodiffusion.

9 Autres activités dans le domaine culturel

66. Une deuxième réunion des directeurs de services nationaux de relations culturelles s'est tenue à Paris du 28 au 31 octobre 1958; elle a groupé 110 délégués de 60 pays, 9 observateurs de 7 pays et des observateurs de 3 organisations intergouvernementales, dont le Conseil de l'Europe. Les participants ont examiné les principes généraux des relations culturelles et la contribution particulière des services de relations culturelles des Etats membres au projet majeur Orient-Occident. Une troisième réunion sera organisée immédiatement avant la onzième Session de la Conférence générale, en novembre 1960.
67. Dans l'introduction, mention a été faite du projet de recommandation internationale concernant les mesures les plus efficaces pour rendre les musées accessibles à tous. Ce projet est élaboré par le Secrétariat en liaison avec le Conseil international des Musées et sera soumis à la onzième Session de la Conférence générale.
68. Le Secrétariat a entrepris également de recueillir une documentation sur les lois et pratiques nationales en vigueur pour sauvegarder certains aspects particulièrement significatifs du paysage dans les différents États membres en vue de soumettre cette question à la prochaine session de la Conférence générale, qui examinera l'opportunité d'élaborer une recommandation dans ce domaine.

10 Échanges internationaux

69. Une étude sera entreprise, en collaboration avec l'Association internationale des Arts plastiques, sur les obstacles qui s'opposent encore à l'importation et à l'exportation d'oeu-vres d'art à des fins culturelles.
70. En réponse à une invitation du Conseil Économique et Social au cours de sa 26e Session (Résolution 695, XXVI), la Conférence générale de l'UNESCO, au cours de sa dixième Session, a décidé d'entreprendre, en collaboration avec l'Organisation des Nations Unies, les institutions spécialisées intéressées, l'Agence internationale de l'Énergie atomique et certaines autres organisations, une étude sur les relations et les échanges internationaux dans les domaines de l'éducation, delà science et delà culture, et a chargé le Directeur Général de préparer des projets de recommandation quant aux moyens d'agir, tant séparément que conjointement, pour développer encore la coopération internationale dans ce domaine. La coopération des organisations intergouvernementales régionales, parmi lesquelles le Conseil de l'Europe, a été sollicitée pour réunir les informations nécessaires.
71. Le Centre international d'études pour la conservation et la restauration des biens culturels a été établi à Rome, ses statuts sont entrés en vigueur le 10 mai 1958 et il a commencé à fonctionner le 1er mars 1959. Il a essentiellement pour rôle de rassembler, d'étudier et de diffuser de la documentation sur les problèmes scientifiques et techniques de conservation et de restauration des biens culturels et de concourir à la formation des chercheurs et des techniciens. L'UNESCO contribuera aux dépenses du Centre pendant les quatre premières années de son fonctionnement. Treize gouvernements ont actuellement déposé au Secrétariat la déclaration formelle dè leur adhésion (Autriche, Ceylan, République Dominicaine, Ghana, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Pays-Bas, Pologne, Espagne, Suisse et Yougoslavie).

11 Conventions internationales

72. La Convention et le Protocole pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, signés à La Haye en mai 1954, sont entrés en vigueur le 7 août 1956. Actuellement, la convention a été ratifiée par 29 États dont trois Membres du Conseil de l'Europe : France (17 juin 1957), Italie (9 mai 1958) et Pays-Bas (octobre 1958). Lors de sa dixième Session, la Conférence générale de l'UNESCO a de nouveau invité les États membres à devenir parties à la convention (Résolution 4.31), et a autorisé le Directeur Général à convoquer une réunion des hautes parties contractantes au cours des années 1959 et 1960. Le Directeur Général a informé les États membres qu'il se propose, si le Conseil exécutif en décide ainsi au cours de sa session de novembre 1959, de tenir cette réunion vers le milieu de l'année 1960. Les États qui peuvent y participer sont ceux qui ont déposé un instrument de ratification ou d'adhésion trois mois au moins avant la date fixée pour la réunion. Si la majorité des hautes parties contractantes se trouve représentée, il peut éventuellement être procédé à la révision de la convention et de son règlement d'exécution.
73. A la date du 30 juin 1959, 31 États, dont 8 membres du Conseil de l'EuropeNote, avaient déposé leur instrument de ratification ou d'adhésion à la Convention universelle sur le droit d'auteur.

12 Droits des exécutants, des enregistreurs et des radiodijfuseurs (droits dits voisins du droit d'auteur)

74. Les travaux en vue de l'élaboration d'une réglementation internationale des droits des exécutants, des enregistreurs et des radio-diffuseurs (droits voisins) ont été poursuivis en collaboration avec l'Organisation Internationale du Travail et l'Union internationale pour la Protection des OEuvres littéraires et artistiques (Union de Berne). Plus de quarante États, dont dix États membres du Conseil de l'Europe, ont formulé des observations et suggestions au sujet des projets de textes qui leur ont été soumis en juillet 1957. Le Conseil exécutif de l'UNESCO, ayant examiné au cours de sa 54e Session (juin 1959) des suggestions formulées par le Bureau International du Travail à la suite des consultations avec l'UNESCO et le Bureau de Berne, a décidé qu'une conférence intergouvernementale unique sera convoquée conjointement par l'Organisation Internationale du Travail, l'Union internationale pour la Protection des OEuvres littéraires et artistiques et l'UNESCO, en vue d'établir et d'adopter un accord international sur la protection de certains droits des exécutants, des enregistreurs et des radiodiffuseurs (droits voisins), et que le texte du projet d'instrument international et le rapport à soumettre à la Conférence intergouvernementale seront élaborés par un comité d'experts convoqué conjointement par les trois organisations susmentionnées.

13 Conventions internationales sur les échanges de publications

A sa dixième Session, la Conférence générale a adopté deux conventions concernant l'expansion et le développement des échanges de publications : une Convention concernant les échanges internationaux de publications et une Convention concernant les échanges entre États de publications officielles et documents gouvernementaux. Ces deux conventions ont été communiquées aux États membres pour ratification ou acceptation.

L'adoption de ces conventions marque l'aboutissement de plus de dix années d'efforts visant à mettre à jour la Convention de Bruxelles (1886) qui, en raison des changements survenus dans le monde depuis soixante-dix ans, n'a plus la vigueur nécessaire pour stimuler et régir les échanges de cet ordre. Conformément à une décision prise par la Conférence générale de l'UNESCO à sa neuvième Session (Nouvelle-Delhi, 1956), deux projets de convention sur ce sujet avaient été envoyés pour observations aux États membres, puis soumis à un comité intergouvernemental de techniciens et d'experts réuni à Bruxelles en juin 1958.

Ce comité a estimé qu'il convenait de soumettre à la Conférence générale, pour adoption, deux conventions distinctes :

a une convention concernant les échanges de publications entre organismes gouvernementaux et organisations non-gouvernementales de caractère éducatif, scientifique ou culturel sans but lucratif ; et
b une convention concernant uniquement les échanges intergouvernementaux de publications et documents officiels.
Chacune de ces conventions contient des dispositions relatives à leur champ d'application et aux méthodes d'échange, au rôle des services d'échange, aux responsabilités des parties en cause, aux frais de port, aux tarifs et conditions d'expédition, aux facilités douanières et autres, etc.

La Convention concernant les échanges I internationaux de publications stipule que peuvent être considérées comme objets d'échange, aux fins d'utilisation mais non de revente :

a les publications de caractère éducatif, juridique, scientifique et technique, culturel ou d'information;
b les publications visées par la Convention concernant les échanges entre Etats de publications officielles et documents gouvernementaux.
A l'égard de cette première convention, le comité de Bruxelles a estimé qu'en raison de la nature des échanges envisagés les Etats contractants ne pouvaient guère faire plus que s'engager à encourager de tels échanges. Il a exprimé l'espoir que l'UNESCO étudierait à une date ultérieure la possibilité d'étendre le bénéfice de la convention au matériel audiovisuel de caractère non commercial. Bien que la convention prévoie différents moyens d'assurer un service national d'échanges, le comité a estimé souhaitable de tirer le plus grand parti possible des facilités offertes par les autorités centrales, de façon que les échanges bénéficient au maximum des dispositions que contiennent les articles relatifs au régime douanier, aux transports, etc. Il a également estimé que les organisations non-gouvernementales admises au bénéfice de la convention devraient avoir un caractère éducatif, scientifique et technique ou culturel, à l'exclusion de tout caractère commercial.

Pour ce qui est de la Convention concernant les échanges entre Etats de publications officielles et documents gouvernementaux, le comité de Bruxelles s'est déclaré hostile à toute disposition qui rendrait les échanges obligatoires à cause du nombre extrêmement Ara-riable des publications et documents de ce genre diffusés par les divers États, et de la diversité de leurs besoins de documentation étrangère. Il a marqué sa préférence pour un texte qui laisserait aux États contractants le soin de préciser, par voie d'accords réciproques quelles sont les publications qu'ils désirent échanger.

Bien que certaines catégories de publications et de documentsNote soient mentionnées dans la convention comme appelées à faire l'objet d'échanges, le comité, tenant compte de l'impossibilité de trouver une définition acceptable pour tous les États, a estimé qu'il devait appartenir à chaque État contractant de préciser quelles sont selon lui les publications officielles ou documents gouvernementaux qui peuvent être échangés. Sans insister pour que tous les échanges se fassent par l'entremise du service national d'échange, le comité a pensé que ce service, ou une autre autorité compétente, devrait être investi des pouvoirs nécessaires pour se procurer les publications à échanger, et doté de ressources financières qui lui permettent d'exercer ses fonctions. Quant à la mise en oeuvre de la convention, il a semblé au comité qu'elle devrait normalement être assurée par voie d'arrangements réciproques entre les services nationaux d'échange ou autres autorités compétentes des États contractants; la convention stipule néanmoins que les États contractants pourront, chaque fois qu'ils le jugeront opportun, conclure des accords bilatéraux de caractère plus formel.

14 Information

Le précédent mémoire (Document 696, paragraphe 53) signalait l'état des ratifications ou adhésions concernant l'Accord pour l'importation d'objets de caractère éducatif, scientifique ou culturel au mois de juillet 1957 (vingt États dont la Grèce, la Suède et le Royaume-Uni). Depuis cette date, onze États, dont sept autres Membres du Conseil de l'Europe, ont déposé des instruments de ratification ou d'adhésion : Autriche (12 juin 1958), Belgique (31 octobre 1957), France (14 octobre 1957), République Fédérale d'Allemagne (9 août 1957). Luxembourg (31 octobre 1957), Pays-Bas (31 octobre 1957), Norvège (2 avril 1959).

L'Accord visant à faciliter la circulation internationale du matériel visuel et auditif de caractère éducatif, scientifique et culturel est entré en vigueur le 12 août 1954. Douze États sont actuellement parties à cet accord, notamment le Danemark, la Grèce et la Norvège qui sont membres du Conseil de l'Europe.

Le mémoire précité soulignait également que des propositions ayant pour objet de favoriser la libre circulation de l'information par un plus large recours aux communications postales avaient été transmises aux États membres de l'UNESCO pour une soumission possible au XIVe Congrès de l'Union postale universelle qui s'est tenu à Ottawa d'août à octobre 1957. Un certain nombre de ces propositions a été adopté par ledit congrès. En avril 1958 le Directeur Général de l'UNESCO a adressé par lettre circulaire à tous les Etats membres un document attirant leur attention sur les décisions du XIVe Congrès de l'Union postale universelle présentant un intérêt particulier pour la libre circulation de l'information. Vingt-deux Etats membres, dont la Grèce, l'Italie, les Pays-Bas, l'Espagne et le Royaume-Uni, ont fait connaître les mesures qu'ils ont prises dans ce domaine.

Comme suite à une résolution adoptée par la Conférence générale de l'UNESCO lors de sa huitième Session, le Secrétariat a reçu de 34 Etats membres, dont la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Norvège, des renseignements sur les facilités accordées aux personnes qui exercent des activités éducatives, scientifiques ou culturelles et désirent se déplacer à des fins en rapport avec ces activités. La Conférence générale de l'UNESCO, lors de sa dixième Session, a de nouveau invité les États membres à accorder de telles facilités.

En vertu d'un contrat passé avec le Centre international du film pour la jeunesse, Bruxelles, celui-ci est chargé de certains travaux de documentation. Il publie régulièrement un bulletin d'information et poursuit ses efforts en vue de la création de centres nationaux. Le centre a tenu une assemblée générale à Bruxelles le 18 septembre 1958. A cette date, huit centres nationaux avaient été constitués et l'on comptait qu'il en existerait une quinzaine à la fin de l'année. L'assemblée générale du Centre a été suivie d'une présentation internationale de films pour la jeunesse, qui a eu lieu du 19 au 23 septembre 1958. Vingt pays avaient accepté d'y participer et y ont envoyé des films. Six spécialistes ont été invités à assister aux projections et à rédiger un rapport commun. Outre ces spécialistes, de nombreuses personnalités qui s'occupent du cinéma pour la jeunesse ont assisté à cette présentation.

Le Centre international d'Enseignement supérieur du Journalisme à Strasbourg a bénéficié de l'aide de l'UNESCO pour l'organisation d'un deuxième cours de perfectionnement qui a eu lieu du 3 au 29 novembre 1958. Ce cours a été suivi par 47 étudiants de 27 pays : l'effectif, comparé à celui de l'année précédente, a donc plus que doublé. Neuf boursiers de l'UNESCO qui poursuivent leur formation de journalistes ont assisté à ce cours dans le cadre de leurs programmes d'études.