L'Assemblée,
Vu la résolution du Comité des Affaires culturelles et de l'Information adoptée par la quatrième Conférence Parlementaire de l'O. T. A. N. au mois de novembre 1958 3;Note
Vu l'existence d'une Convention culturelle du Conseil de l'Europe qui permet l'adhésion de pays non membres du Conseil et d'un Fonds culturel du Conseil de l'Europe,
Recommande au Comité des Ministres :
Or, la doctrine de la mission culturelle de l'O. T. A. N. n'a pas été sans susciter de sérieuses critiques. Celles-ci sont de deux ordres. D'une part, celles qui s'inspirent d'un souci de rationalisation; d'autre part, celles qui témoignent d'une certaine réticence de voir le « patrimoine culturel » servir à des fins de propagande.
La quatrième Conférence annuelle de Parlementaires de l'O. T. A. N.,
Considérant l'importance essentielle des valeurs morales comme fondement et élément d'union de l'alliance atlantique; Consciente de la nécessité de développer chez les peuples, membres de l'alliance, le sentiment de leur unité morale; Estimant qu'il est opportun de stimuler, par une coopération plus étroite, les efforts des Membres de l'O. T. A. N. pour élever toujours davantage le niveau moral et intellectuel de leurs jeunes générations, pour maintenir et augmenter le prestige de la civilisation qui constitue leur héritage commun; Rendant hommage aux heureuses initiatives qui ont déjà été entreprises à ces fins par le Secrétariat Général de l'O T. A. N., Invite le Secrétariat Général à convoquer une conférence de personnalités particulièrement qualifiées pour faire une étude complète et comparative des programmes d'enseignement et des systèmes éducatifs dans les pays membres.
Valeurs morales et spirituelles de la communauté atlantique
La communauté atlantique reconnaît que la société politique et économique repose indissolublement sur le double principe de la liberté individuelle et du bien commun. Elle condamne aussi bien un individualisme égoïste que toute forme de totalitarisme. Elle est d'ailleurs ouverte à des régimes politiques et économiques divers qui respectent ses principes fondamentaux.
La garantie des droits comme des devoirs des individus et des peuples doit s'exprimer sous forme constitutionnelle : la loi est l'instrument essentiel de la mise en pratique des principes de la civilisation.
Le respect dû à toute personne humaine implique le devoir de faire accéder progressivement tous les hommes aux biens matériels et spirituels sur le plan national et international.
La paix et l'union entre tous les hommes dans la justice et la liberté sont l'expression supérieure de l'application des principes que cherche à promouvoir la communauté
La civilisation est l'oeuvre commune de tous les peuples : en particulier les pays d'Asie, d'Afrique, d'Océanie sont appelés à y jouer un rôle parallèle à celui des peuples d'Occident. Il importe de reconnaître que les valeurs communes de la civilisation humaine ont des expressions différentes selon les diverses traditions des peuples.
A cette heure où se joue l'avenir du monde, où les peuples captifs attendent une espérance, où les peuples d'Afrique, d'Asie et d'Océanie ont à faire une option décisive, la communauté atlantique se doit de proposer une conception constructive de la civilisation de demain qui puisse rallier tous les hommes, et de montrer par ses actes qu'elle est décidée à la promouvoir.
Le Congrès atlantique recommande au Conseil de l'Atlantique Nord de donner plein effet aux propositions du Comité des Trois au sujet de la coopération dans le domaine de l'information.
De plus, le Congrès estime que l'O. T. A. N. doit activement informer les citoyens des pays membres et du reste du monde quant aux buts, aux principes et aux plans de l'O. T. A. N., et à ses efforts pour établir une compréhension plus grande au sein de la communauté atlantique dans les domaines politique, économique et culturel, aussi bien que militaire.
A cet effet, le Congrès recommande instamment aux gouvernements de renforcer le programme d'information de l'O. T. A. N., et de rehausser le statut du Directeur de l'Information, ainsi que de lui confier la direction de l'information, des affaires culturelles, de la presse et des relations avec le public. Toutes les fois que cela sera souhaitable, il faudra instituer dans les pays membres de l'O. T. A. N. des bureaux de liaison des services d'information. Un budget adéquat devrait être prévu à cet effet.
Le service de l'information de l'O. T. A. N. devrait avoir plus de liberté de tirer parti d'éléments originaux d'information, afin d'aider les organisations gouvernementales comme privées. De plus, le Congrès recommande instamment aux gouvernements d'accorder, dans leurs programmes nationaux d'information, une plus grande priorité aux services d'information.
Il faut augmenter le rôle des organisations bénévoles et les encourager au moyen d'un appui moral et financier accru. Le Fonds spécial, institué à l'occasion du dixième anniversaire du traité pour soutenir les activités d'organisations bénévoles a donné des résultats heureux. Il convient de maintenir en existence ce Fonds et de l'étendre, en en faisant un élément permanent du budget d'information de l'O. T. A. N.
Le Congrès atlantique est d'avis qu'il est de la plus grande importance que garçons et filles de notre époque soient bien en mesure de jouer leur rôle de citoyens dans les affaires futures de leurs pays.
Ayant conscience de la nécessité d'enseigner aux adultes l'importance de la communauté atlantique et de ses institutions libres, le Congrès recommande que les autorités éducatives dans les pays atlantiques encouragent et soutiennent davantage les organisations qui offrent aux adultes l'occasion d'étudier les origines et l'évolution de la communauté atlantique.
Se référant aux déclarations antérieures de plusieurs organisations, et notamment de la Conférence de Parlementaires de l'O. T. A. N., de l'Association du Traité de l'Atlantique Nord, de la Déclaration pour l'unité atlantique, de la Conférence sur la communauté atlantique (Bruges, 1957), le Congrès tient à rappeler à l'O. T. A. N. que ses buts ne sont pas seulement militaires et politiques, mais aussi culturels. Il propose de créer dans un avenir très prochain un centre d'études pour la communauté atlantique.
La réalisation en sera confiée à un groupe de personnalités choisies par les membres faisant partie de la préparation du présent Congrès avec pouvoir de cooptation.