a la science constitue le fondement de l'éducation supérieure et de la performance technologique dans nos sociétés : de même, en rendant possible la mise au point de nouveaux instruments de recherche, la technologie fournit l'infrastructure nécessaire au progrès scientifique ;
b la coopération et la concurrence à l'intérieur de chaque pays et sur le plan international sont tout aussi essentielles à la vitalité de la science : dans le domaine scientifique, la concurrence n'est parfois possible que par une apparente mais néanmoins indispensable duplication des efforts : la compétitivité est une condition préalable à toute coopération scientifique ;
c la libre circulation des hommes de science, des connaissances et des informations entre les pays constitue la voie la plus efficace vers le progrès scientifique : cette circulation est disproportionnellement limitée entre le Japon et l'Europe occidentale : les gouvernements devraient mettre en place des mécanismes de financement afin de compenser le coût, pour les conseils de la recherche et les académies scientifiques du Japon et de l'Europe occidentale, des mesures tendant à intensifier les échanges et 4 assurer qu'ils soient mutuellement profitables ;
d de plus en plus, les progrès scientifiques obligent à faire des choix qui comportent des jugements éthiques sur des questions nouvelles, difficiles et importantes : il est un risque que la législation, de par sa nature même, ne soit plus restrictive qu'encourageante ;
e les questions éthiques soulevées par l'évolution rapide de la technologie et des sciences naturelles soulignent la nécessité de consacrer des ressources aux sciences humaines, afin d'approfondir notre connaissance des interactions entre les sciences naturelles et les sciences de l'homme ;
f le caractère de la compréhension scientifique de la nature a profondément changé au cours des soixante dernières années : mais tous les secteurs de la société d'Europe occidentale n'ont pas suivi cette évolution, ce qui est préjudiciable à notre compréhension des problèmes suscités par l'impact de plus en plus général et rapide de la science et de la technologie sur nos sociétés : les parlements, qui doivent se prononcer en dernier ressort sur ces problèmes, doivent disposer de possibilités et de ressources adéquates en matière d'information pour préparer leurs décisions qui, au-delà d'une première approximation, ne se prêtent pas à des méthodes quasi judiciaires d'évaluation et d'enquête ;
g à une époque où l'évolution scientifique et technologique est rapide, le flux de connaissances depuis le monde de l'industrie et du commerce au monde universitaire est aussi fort que dans l'autre sens : ces deux mondes doivent renforcer leurs liens : l'industrie et le commerce rechercheront de plus en plus la souplesse et l'engagement personnel parmi les qualités et attitudes des personnes qu'elles voudront recruter : nos systèmes d'éducation doivent procéder aux adaptations correspondantes, ce qui contribuera à réduire le problème extrêmement grave du chômage dont les pays d'Europe occidentale souffrent si cruellement ;
h aujourd'hui, au fur et à mesure que la «scientification » de la technologie envahit l'industrie, de nouvelles grandes voies s'ouvrent à la recherche scientifique : le Japon peut offrir son expérience aux gouvernements d'Europe occidentale, qui pourraient en tirer parti en redéfinissant en conséquence leurs politiques dans les domaines de la recherche et de l'enseignement supérieur : de la même manière, le Japon tirerait avantage du resserrement de ces liens ;
i la future contribution des pays industrialisés i l'économie mondiale aura de plus en plus un caractère intellectuel : dans le secteur en développement rapide de la technologie de l'information, la production de logiciels est celle qui connaît de loin le taux de croissance le plus élevé en même temps qu'elle offre un important potentiel de création d'emplois aux individus possédant la souplesse appropriée et le sens de l'engagement à leur travail : les logiciels d'application en particulier peuvent avoir un effet bénéfique sur le marché de l'emploi dans chacun de nos pays ;
j les nouvelles technologies de l'information peuvent rendre la participation des citoyens plus effective : elles peuvent aider à la réalisation d'un gouvernement plus ouvert et d'un équilibre raisonnable entre la démocratie représentative et la démocratie directe ;
k il importe de réduire les déséquilibres commerciaux actuels entre l'Europe occidentale et le Japon dans le domaine des produits manufacturés, afin qu'ils n'obscurcissent pas indûment la conscience des intérêts communs, ni ne compromettent la conclusion d'accords en vue d'une coopération scientifique et technologique accrue ;
l la fragmentation de l'Europe occidentale (règlements, obstacles fiscaux, organisation industrielle) inhibe fortement sa capacité à transformer ses connaissances en produits commercialisables et ainsi i réduire le chômage : de nouvelles initiatives majeures accéléreraient la marche en avant dans certains domaines et renforceraient la nécessité pour l'Europe occidentale de devenir une véritable «communauté technologique» ;
m les coûts politiques et économiques des embargos sur la technologie notamment sur les produits électroniques peuvent être d'une importance irréaliste, étant donné la rapidité de l'obsolescence technologique ;
n la recherche scientifique et les nouvelles technologies doivent tenir compte du désir de paix largement répandu et de la nécessité de faire face aux difficultés considérables des pays en voie de développement ;