Répertoires de la pratique des Etats en matière de droit international public
Recommandation 309
(1962)
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Discussion par l'Assemblée le 16 janvier 1962 (21e séance) (voir Doc. 1385, rapport de la commission juridique).
L'Assemblée,
Prenant acte de la volonté exprimée par le Comité des Ministres
"de promouvoir une action plus étendue et plus systématique de la
part du Conseil de l'Europe", et "de se concentrer sur l'ensemble
d'un programme d'action pratique" ;
Vu la longue et riche tradition des Etats membres dans le domaine
des relations internationales ;
Considérant que c'est de la pratique constante des Etats que
sont dérivés les principes de droit international généralement reconnus
et qu'il est, dès lors, souhaitable de rendre publics les textes
illustrant cette pratique ;
Convaincue que la publication, par les Etats membres, de leur
correspondance diplomatique et des autres textes qui constituent
des sources du droit international contribuerait notablement à la
clarification et au développement de celui-ci, tout en fournissant
aux services gouvernementaux et aux organisations internationales une
aide précieuse pour l'accomplissement de leurs tâches courantes
;
Estimant que la compilation de répertoires de la pratique des
Etats est l'un des meilleurs moyens de rendre plus accessible la
documentation relative au droit international coutumier,
Recommande au Comité des Ministres :
1 de recommander, conformément à l'article 15 (b) du Statut, aux gouvernements membres qui ne l'ont pas encore fait de faciliter la publication de répertoires de leur correspondance diplomatique et des autres textes constituant des sources du droit international, conformément aux propositions contenues dans le rapport de la commission juridique (
Doc. 1385) et dans le résumé des conclusions d'un groupe d'experts indépendants dont le texte se trouve reproduit ci-après ;
2 d'autoriser la création d'un comité consultatif d'experts
qui coordonnerait les projets nationaux relatifs à la publication
des répertoires et mettrait en commun l'expérience acquise dans
leur réalisation.
Résumé des conclusions
(adopté le 18 octobre 1961 par
un groupe d'experts indépendants composé de : Mme Suzanne Bastid,
le professeur P. Guggenheim, M. A. Ch. Kiss, Lord NcNair, le professeur
H. Mosler, M. Clive Parry, M. H. Reichmann (remplaçant le professeur
S. Verosta) et le professeur M. Sörensen)
1. Il est éminemment souhaitable que les Etats membres
du Conseil de l'Europe et d'autres Etats européens publient, comme
l'a proposé M. Toncic, des recueils de leurs documents constituant
des sources du droit international. Ces recueils serviraient, d'une
part, à rendre plus accessible la documentation relative au droit international
coutumier. Ils contribueraient ainsi à préciser les règles effectivement
suivies dans la pratique des Etats et ne manqueraient pas d'en provoquer
le développement. D'autre part, ils faciliteraient aux services gouvernementaux
(en particulier aux Ministères des Affaires Etrangères) et aux organisations
internationales l'accomplissement de leurs tâches courantes. La publication
de ces recueils montrerait en outre que, dans la conduite de leurs
relations extérieures, les gouvernements n'agissent pas d'une manière
arbitraire, mais se considèrent comme tenus d'appliquer les règles du
droit international.
2. On sait que des recueils sont d'ores et déjà en préparation
en France, dans la République Fédérale d'Allemagne, en Suisse et
au Royaume-Uni.
3. Dans ces conditions, il serait très utile que le Comité des
Ministres du Conseil de l'Europe reconnaisse la valeur et l'utilité
de ces recueils, et qu'il suggère aux autres Etats membres et aux
Etats non membres intéressés d'encourager la publication de recueils similaires
dans leur pays.
4. Il serait utile qu'un système commun de présentation ou de
classement soit adopté si, en s'inspirant des travaux déjà effectués,
il est possible d'élaborer un système rationnel et acceptable pour
tous les intéressés. Cette tâche pourrait être confiée au comité consultatif
mentionné au paragraphe 9 ci-après.
5. Il est à présumer que, d'une manière générale, la plupart
des pays, sinon tous, désireront publier les recueils dans leur
langue nationale (ou dans leurs langues nationales), tout en conservant,
le cas échéant, les documents rédigés en d'autres langues dans le
texte original et authentique.
6. Dans le cas d'une série de documents publiés dans une langue
autre que l'une des langues officielles du Conseil de l'Europe,
le recueil serait susceptible d'une plus large diffusion s'il était
accompagné de l'indication, dans l'une des langues officielles du
Conseil de l'Europe ou dans les deux, du contenu des diverses rubriques.
7. Les recueils présenteraient également une utilité beaucoup
plus grande s'ils contenaient, en tout cas, une table des matières
et un index dans l'une des langues officielles du Conseil de l'Europe
ou dans les deux.
8. Il serait souhaitable que, lorsqu'un certain nombre de recueils
nationaux auront été publiés, il soit établi un index international.
Le choix du moment propice et des arrangements de détail à prendre
pour cet index pourrait être laissé au comité consultatif mentionné
au paragraphe 9.
9. Si chaque recueil national doit être établi conformément aux
traditions du pays en cause, il serait très utile, en revanche,
que le Comité des Ministres donne son accord sur la création d'un
comité consultatif, qui se réunirait, par exemple, une fois par
an, pour comparer et, si possible, coordonner les projets nationaux
relatifs à la publication des recueils et mettre en commun l'expérience acquise
dans leur réalisation. Cela faciliterait aussi, sans aucun doute,
les contacts directs entre les personnes chargées de la préparation
des recueils dans les différents pays.