Recommandation 392
(1964)
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Discussion
par l'Assemblée le 24 avril 1964 (6e séance)
(voir Doc. 1760, rapport de la commission sociale). Texte adopté par l'Assemblée le
24 avril 1964 (6e séance).
- Thesaurus
L'Assemblée,
1. Considérant que la civilisation
moderne peut, à certains égards, être qualifiée de «civilisation
des loisirs» – ces derniers, jadis associés à l'idée de privilège,
étant aujourd'hui le partage des masses;
2. Considérant qu'un des problèmes les plus importants pour l'avenir
de l'homme est de savoir comment cette civilisation peut favoriser
dans chaque individu la réalisation d'un équilibre optimum librement
choisi entre le besoin de repos, le divertissement et la participation
à la vie sociale et culturelle;
3. Considérant que la promotion des loisirs dans les masses pose,
en fait, le problème du développement culturel de notre société
et se relie étroitement à la démocratisation de la culture;
4. Considérant qu'une clarification de ce complexe et vaste problème,
tel qu'il se présente dans les pays européens, est nécessaire pour
préciser les grandes lignes d'une politique en matière de loisirs;
5. Considérant qu'il est de plus en plus urgent de définir une
telle politique en Europe;
6. Attachant le plus grand intérêt aux conséquences que cet accroissement
des loisirs peut entraîner sur la vie publique, privée, familiale
et sociale des travailleurs;
7. Ayant défini un certain nombre de principes généraux qui devraient
inspirer les gouvernements dans leur action;
8. Considérant que l'étude des relations existant entre travail
et loisir fait ressortir qu'il s'agit de deux valeurs situées au
même niveau et ayant une influence aussi grande l'une que l'autre
sur la vie de l'homme et sur le développement de sa personnalité;
9. Considérant que les mass média peuvent
contribuer, dans une mesure déterminante, à développer une action
culturelle d'une envergure impensable il y a seulement cinquante
ans, mais uniquement s'ils sont bien utilisés;
10. Considérant que le problème des loisirs des individus se pose
de façon différente selon qu'ils vivent en milieu industriel, résidentiel,
rural, familial ou éloignés de leur milieu habituel;
11. Considérant que ce même problème doit être envisagé en tenant
compte, d'une part de la subdivision des individus en trois catégories
– la jeunesse scolaire, la population active et les retraités –
et, d'autre part, de la distinction à faire entre les loisirs de
fin de journée, ceux de fin de semaine et les vacances annuelles;
12. Considérant qu'il convient d'encourager les individus à se
livrer à des activités créatrices pendant leur temps libre;
13. Considérant qu'il convient de ne pas céder à la tentation
d'organiser à l'excès les loisirs et de porter ainsi atteinte à
la liberté de l'individu;
14. Considérant que l'individu doit être formé dans un processus
d'éducation permanent englobant l'école, les mouvements para et
post-scolaires et toutes activités culturelles aussi bien que d'éducation
physique et sportives;
15. Considérant cependant que la vie de loisir a besoin d'un cadre
structurel conçu et élaboré, et que la création des structures nécessaires
demande une intervention de l'Etat, des autorités locales et des
initiatives privées;
16. Ayant pris connaissance des problèmes qui se posent dans certains
des pays membres du Conseil de l'Europe;
17. Ayant consulté un groupe d'experts non gouvernementaux;
18. Ayant dégagé certaines tendances, examiné des problèmes pratiques
et avancé certaines suggestions;
19. Considérant qu'un vigoureux effort de recherche comparative
et prospective s'impose pour donner à une politique des loisirs
les bases solides dont elle a besoin;
20. Considérant, par ailleurs, qu'une politique des loisirs ne
pourra être mise en oeuvre par les instances culturelles qu'en coopération
étroite avec les organismes responsables de la prévision et de la
planification au niveau de l'aménagement du territoire;
21. Ayant entendu l'avis de la commission culturelle,
Recommande au Comité des Ministres:
1 de transmettre le rapport de la commission sociale (
Doc. 1760) au Conseil de la coopération culturelle, en lui demandant
de bien vouloir inclure dans son programme les recherches fondamentales
qui s'imposent pour préparer une «politique des loisirs» à l'échelle
européenne;
2 de demander au Conseil de la coopération culturelle de
bien vouloir étudier notamment les aspects suivants du problème:
a les loisirs des jeunes,
b les loisirs en milieu industriel,
c les loisirs en milieu rural,
d les loisirs et l'urbanisme,
e les rapports entre les syndicats et les éducateurs,
f les loisirs des retraités,
g la formation des animateurs;
3 de transmettre le rapport de la commission sociale au
comité social, en lui demandant de bien vouloir en examiner les
aspects sociaux;
4 de rédiger, en s'inspirant des principes généraux précisés
dans ce rapport, un article sur le problème des loisirs à inclure
dans la Charte sociale européenne;
5 de transmettre le rapport de la commission sociale à la
Conférence des Pouvoirs locaux, en lui suggérant de bien vouloir
en examiner les aspects intéressant particulièrement les pouvoirs
locaux, notamment ceux relatifs à l'aménagement urbain et à l'équipement
culturel des petites communes.