Par conséquent, l'Assemblée demande au Comité des Ministres d'inviter les gouvernements des Etats membres, pour autant que cela les concerne:
6.1 à reconnaître qu'il est incertain d'édifier une société basée sur la démocratie, la prééminence du droit et le respect des droits de l'homme sans la participation active des sciences sociales;
6.2 à procéder à la promotion des sciences sociales sur les plans théorique, méthodologique et institutionnel, l'objectif étant de construire une société mieux adaptée aux besoins des citoyens;
6.3 à se doter des infrastructures et des investissements nécessaires tout en gardant à l'esprit qu'il s'agit d'une recherche dont les résultats ne se feront pas sentir dans l'immédiat;
6.4 à encourager une renaissance de la culture civique pour redonner à l'individu la liberté de penser et l'esprit critique à travers la revalorisation des sciences sociales dans l'enseignement secondaire et supérieur, et notamment dans la formation des cadres supérieurs et des dirigeants de la société;
6.5 à favoriser le décloisonnement des universités dans un esprit pluraliste et interdisciplinaire pour qu'elles redeviennent le centre de la vie intellectuelle. De nouveaux cours, plus adaptés aux réalités socio-économiques, devraient être introduits pour mieux préparer les jeunes au fonctionnement de l'économie de marché. Parallèlement, il s'agit de jeter les bases d'une fonction publique moderne et adaptée aux nouveaux besoins en renforçant la formation administrative et juridique des futurs cadres;
6.6 à sauvegarder le rôle des sciences sociales en tant qu'outil de garantie des droits et des besoins sociaux de la population et de création de mécanismes protecteurs de la démocratie. A cette fin, il est nécessaire de redéfinir la politique gouvernementale pour permettre aux sciences de fonctionner de façon autonome, indépendante et démocratique;
6.7 à veiller à ce qu'aucune manipulation ne soit exercée sur les sciences sociales et à ce que les rôles du pouvoir et des sciences restent clairement distincts et autonomes: la fiabilité de l'information que les sciences sociales génèrent est nécessaire à la définition des choix politiques, mais la responsabilité de la prise de décisions appartient aux décideurs politiques;
6.8 à stimuler à cet égard la recherche comparative sur la base de données statistiques et à perfectionner les techniques d'enquête et d'analyse, afin de créer les conditions nécessaires pour une analyse plus objective des phénomènes de sociétés;
6.9 à établir une collaboration étroite avec le secteur industriel et les services dans un esprit d'ouverture vers tous les problèmes d'ordres humaniste, éthique, social et écologique posés par la société moderne;
6.10 à faciliter l'intégration des scientifiques des pays en transition dans la communauté scientifique internationale, en les aidant à adhérer à des organismes comme la Fondation européenne de la science;
6.11 à entretenir un dialogue constructif et constant entre les décideurs politiques et la communauté scientifique afin d'être en mesure de déterminer les priorités en matière de recherche et de profiter pleinement dans ce contexte des possibilités offertes au niveau de la collaboration internationale dans ce domaine, comme le programme Most (Gestion des transformations sociales) de l'Unesco;
6.12 à inciter différents organismes internationaux ou nationaux à contribuer au développement de programmes dans le domaine des sciences sociales.