17.1 consacrer la Cour européenne unique des Droits de l’Homme, réforme décidée lors du Sommet de Vienne d’octobre 1993. Les quelques ratifications du Protocole no 11 qui demeurent nécessaires à l’entrée en vigueur de la réforme devraient être obtenues le plus rapidement possible;
17.2 réaffirmer qu’il appartient à la Cour européenne des Droits de l’Homme, et à elle seule, d’interpréter authentiquement les normes de la Convention européenne des Droits de l’Homme et de préciser ainsi l’étendue des obligations à charge des Etats parties;
17.3 affirmer solennellement son appui aux procédures de suivi (monitoring) des engagements et obligations des Etats membres, tant au niveau intergouvernemental qu’à celui de l’Assemblée parlementaire, et exprimer l’engagement à coopérer pleinement dans ce cadre;
17.4 renforcer la procédure de suivi de la Convention européenne pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants;
17.5 décider l’élaboration d’un protocole additionnel à la Convention européenne des Droits de l’Homme mettant en œuvre une clause générale d’égalité des droits. Une telle disposition élargirait la garantie de non-discrimination de l’article 14 actuellement limité aux droits spécifiquement protégés par la Convention elle-même. Le système européen de protection des droits de l’homme serait ainsi complété en contribuant de façon significative à la protection aussi bien contre la discrimination raciale que contre la discrimination fondée sur le sexe;
17.6 renforcer la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (Ceri) en tant que structure de droits de l’homme permanente et indépendante assurant le suivi des manifestations de racisme et d’intolérance en Europe;
17.7 appeler à la ratification des conventions existantes concernant la lutte contre la criminalité, notamment la Convention relative au blanchiment, au dépistage, à la saisie et à la confiscation des produits du crime, et développer des échanges d’expérience systématiques dans un domaine clé de la sécurité démocratique, ainsi que des programmes spécifiques qui pourraient s’avérer nécessaires;
17.8 appeler à la ratification par tous les Etats membres de la Charte sociale et du protocole y afférant prévoyant un système de réclamations collectives;
17.9 appeler à la ratification de la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales de 1995 et de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires de 1992, qui ne sont toujours pas entrées en vigueur;
17.10 mettre en œuvre la décision du Sommet de Vienne d’établir un protocole additionnel à la Convention européenne des Droits de l’Homme protégeant les droits culturels des personnes appartenant à une minorité
nationale;
17.11 appeler à la ratification de la Charte européenne de l’autonomie locale et appuyer l’élaboration de la charte européenne de l’autonomie régionale, constituant les instruments par excellence pour développer et garantir les conditions d’une démocratie locale et régionale efficace, sans laquelle toute démocratie demeurerait instable et incomplète; Relever les nouveaux défis:
17.12 donner suite à la proposition de la présidence finlandaise de nommer un commissaire aux droits de l’homme. La création d’une telle institution, qui n’aurait pas de compétence judiciaire, permettrait une prise en charge des atteintes à la dignité humaine et d’assurer une meilleure visibilité à l’action conduite par le Conseil de l’Europe dans le domaine des droits de l’homme;
17.13 exhorter tous les Etats membres à ratifier la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant et la Convention européenne sur l’exercice des droits des enfants, et veiller à ce que le Conseil de l’Europe porte un intérêt accru aux droits et aux intérêts des enfants en créant un comité consultatif sur la politique de l’enfance qui devrait faire rapport chaque année au Comité des Ministres et à l’Assemblée;
17.14 renforcer l’efficacité de la Convention européenne pour la répression du terrorisme du 27 janvier 1977, avec les modifications ou l’addition des protocoles nécessaires;
17.15 décider l’élaboration d’une convention européenne pour la protection et les droits des réfugiés et demandeurs d’asile;
17.16 décider l’élaboration d’un protocole à la Convention sur les droits de l’homme et la biomédecine sur le clonage, de manière à renforcer la protection contre les manipulations génétiques;
17.17 décider de passer en revue les instruments juridiques existants et, si nécessaire, d’en élaborer de nouveaux, à la lumière du développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication, en vue de garantir que les réseaux d’information sont utilisés conformément aux principes et aux normes du Conseil de l’Europe;
17.18 décider un plan d’action pour améliorer l’égalité entre les hommes et les femmes, pour ce qui est des droits et de leur traduction concrète dans la vie quotidienne, non seulement dans le processus de décision politique, mais également à tous les échelons de la vie économique et sociale;
17.19 décider la mise à l’étude d’une charte européenne du service public fixant les normes permettant de garantir dans chaque Etat membre un égal accès de tous aux services publics de base, notamment dans les domaines de la santé et de l’éducation. Cette charte fixerait également les règles de formation et de déontologie permettant d’assurer la compétence et la neutralité politique de la fonction publique dans tous les Etats membres; Renforcer la cohésion sociale:
17.20 réaffirmer la dimension sociale du Conseil de l’Europe en mettant en œuvre des programmes d’assistance spécifiques pour le maintien de la cohésion sociale, autre facteur de la sécurité démocratique. Ces programmes devraient se concentrer sur la Charte sociale dont la flexibilité permet de tenir compte de l’évolution économique, des nouvelles conditions de travail et de la situation dans les nouveaux pays membres du Conseil de l’Europe. Le sommet devrait parallèlement renforcer les moyens du Fonds de développement social du Conseil de l’Europe;
17.21 décider de finaliser le projet du Conseil de l’Europe sur la dignité humaine et l’exclusion sociale dont l’objet est de définir les principes concrets d’une action des gouvernements contre la pauvreté et l’exclusion sociale, qui constituent un déni des droits fondamentaux de l’homme et une menace pour la démocratie;
17.22 lancer une campagne paneuropéenne en vue de mieux sensibiliser le public à l’importance du patrimoine culturel pour la qualité de la vie et pour la promotion de la compréhension mutuelle et du dialogue;
17.23 définir les principes des relations extérieures du Conseil de l’Europe dans le but de renforcer sur la scène internationale les valeurs qui identifient notre projet et ceux qui les partagent avec nous. En particulier, une sérieuse réflexion et une action conséquente devraient être mises en chantier en vue de développer dans nos sociétés, et plus précisément parmi les jeunes Européens, la conscience que tout doit être entrepris pour surmonter l’écart grandissant entre le Nord et le Sud;
17.24 accorder une juste priorité aux activités du Conseil de l’Europe qui aideront les Etats membres à améliorer la situation des communautés immigrées et à faciliter leur intégration; Décider la mise à jour des structures de l’Organisation:
17.25 décider une réforme des procédures du Comité des Ministres afin de mieux exploiter son potentiel d’organe politique;
17.26 mettre en valeur et renforcer la possibilité de communication et de coordination avec toutes les institutions associées au processus de construction de l’Europe;
17.27 mettre en œuvre la réforme du Statut de 1949, décidée lors du Sommet de Vienne; Fournir les fonds financiers nécessaires:
17.28 prendre les engagements financiers nécessaires pour permettre à l’Organisation d’assumer les tâches supplémentaires et les activités décidées par le sommet.