Conséquences économiques des récents séismes en Turquie et en Grèce
Recommandation 1447
(2000)
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Discussion par l'Assemblée
le 28 janvier 2000 (8e séance) (voir Doc. 8594, rapport de la commission des questions économiques
et du développement, rapporteurs: Mme Akgönenç
et M. Verivakis; et Doc. 8601, avis de la commission de l'environnement, de l'aménagement
du territoire et des pouvoirs locaux, rapporteur: M. Briane). Texte
adopté par l'Assemblée le 28 janvier 2000 (8e séance).
- Thesaurus
1. Le séisme qui a frappé la Turquie
le 17 août 1999 a fait plus de 17 000 morts et laissé plus de 100
000 familles sans abri. Il a détruit ou gravement endommagé quelque
60 000 bâtiments et infrastructures vitales dans une zone de 30
000 km² environ, qui regroupe notamment huit agglomérations urbaines
et le centre industriel et économique du pays. Le 7 septembre, des
séismes au nord d’Athènes ont causé 150 morts et plus de 2 000 blessés,
laissé quelque 72 000 personnes sans abri, endommagé 95 000 maisons
et détruit ou gravement endommagé des locaux de milliers d’entreprises
et des infrastructures vitales. La région nord-ouest de la Turquie
a de nouveau été frappée le 12 novembre 1999 par des tremblements
de terre qui ont tué environ 800 personnes, en ont blessé près de
3 000 autres et ont causé de graves dommages sur une vaste zone. L’Assemblée
déplore ces morts, adresse ses condoléances à leurs familles et
à leurs proches, et s’engage à faire tout son possible pour veiller
à ce que l’assistance continue à parvenir aux régions touchées pour
que celles-ci aient les moyens d’atténuer sur le long terme les
souffrances de la population et d’assurer la reconstruction économique.
2. Il est particulièrement urgent d’apporter une aide financière
et technique à la Turquie et à la Grèce en matière de logements,
d’hôpitaux, de réfection des réseaux de distribution d’électricité
et d’eau, de collecte des eaux usées et d’infrastructures pétrolières,
portuaires, ferroviaires et routières, ainsi que d’élimination des pollutions
des eaux et du sol causées par les récents séismes. Il est en outre
vital de permettre aux ambitieux programmes de réforme économique
de ces pays – qui ont été poursuivis avec détermination malgré la catastrophe
et doivent se fonder sur le principe d’un développement durable
– de continuer avec le soutien financier du Fonds monétaire international,
notamment. Cela est en particulier nécessaire pour couvrir les pertes
importantes encourues du fait des désorganisations majeures de la
vie économique.
3. L’Assemblée est particulièrement satisfaite de l’important
soutien – à la fois moral et matériel – apporté aux deux pays par
la communauté internationale, et notamment par les Etats membres
du Conseil de l’Europe, ainsi que de l’assistance mutuelle tout
à fait encourageante que se sont témoignée la Turquie et la Grèce
à la suite de ces tragiques événements. L’Assemblée espère que ces
catastrophes, pour tragiques qu’elles soient, renforceront encore
les liens entre ces deux pays et les aideront à surmonter les nombreux
défis spécifiques et communs qu’il leur faudra relever à l’avenir.
Elle invite le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe à œuvrer
pour soutenir la Turquie et la Grèce pendant tout le temps qu’il
faudra pour mener à bien la reconstruction.
4. De plus, l’Assemblée se félicite de la réaction rapide des
institutions financières internationales – la Banque mondiale, mais
aussi le Fonds monétaire international, la Banque européenne pour
la reconstruction et le développement et la Banque de développement
du Conseil de l’Europe – et se déclare déterminée à travailler en
étroite coopération avec ces institutions, notamment par le biais
de sa commission des questions économiques et du développement qui
leur sert de tribune parlementaire. L’Assemblée insiste sur le fait
que l’aide doit s’inscrire dans la durée, car il est difficile d’évaluer
avec précision les dégâts juste après des séismes, notamment du
fait des répliques qui les suivent. L’Assemblée souligne également
qu’il est nécessaire, pour l’utilisation de l’aide, de faire preuve
d’une responsabilité stricte, pour éviter tout détournement dommageable
des fonds et des ressources.
5. L’Assemblée note qu’une grande partie des pertes en vies humaines,
des préjudices à la fois psychologiques et physiques, ainsi que
des destructions matérielles et des dommages causés à l’environnement
aurait pu être évitée si les normes de construction en vigueur,
plus strictes, avaient été pleinement respectées et appliquées.
Elle se félicite que les deux pays aient l’intention de veiller
à l’avenir à ce que ces normes soient pleinement respectées et demande
au Comité des Ministres et aux organisations internationales de
promouvoir également ces normes et des systèmes de contrôle de qualité
dans leurs activités d’assistance. Elle insiste notamment sur la
nécessité que, dans les régions de forte activité sismique, comme
la Turquie et la Grèce, les politiques d’aménagement du territoire,
l’urbanisme et les techniques de construction cherchent à réduire
au minimum les conséquences d’éventuels séismes.
6. L’Assemblée recommande au Comité des Ministres d’étudier la
possibilité de prévoir un fonds européen qui apporte une assistance
financière urgente aux pays touchés par des catastrophes naturelles
et de faire en sorte que les Etats membres du Conseil de l’Europe
établissent des instances de planification et de coordination aux
niveaux national et régional pour ce faire, en étroite coopération
avec des instances telles que l’Accord EUR-OPA risques majeurs du
Conseil de l’Europe. Il faudrait également réfléchir à la mise en place
de moyens, au niveau européen, permettant de réagir rapidement en
cas de catastrophes naturelles, sous l’égide de l’OSCE. Ces moyens
pourraient venir s’associer, ou compléter, toute activité pouvant
être organisée par les Nations Unies ou par toute autre organisation
internationale.