Mise en commun sur Internet des données relatives à la gestion des ressources en eau – rôle du Conseil de l'Europe
Recommandation 1472
(2000)
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Discussion par l'Assemblée le 25 septembre 2000 (25e séance) (voir Doc. 8820,rapport de la commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et des pouvoirs locaux, rapporteur: M. Diana ; et Doc. 8837, avis de la commission de l'agriculture, du développement rural et de l'alimentation, rapporteur: M. Goulet). Texte adopté par l'Assemblée le 25 septembre 2000 (25eséance).
- Thesaurus
1. L’eau douce, ressource vitale aussi bien pour
l’homme que pour la nature, et facteur indispensable du développement
économique, ne représente que 3 % de l’ensemble des ressources en eau de la
planète.
2. De plus, dans certaines régions, la répartition inégale de
la ressource est la cause d’une instabilité politique qui peut même évoluer en
conflit armé.
3. Sa rareté relative et son utilisation importante
exposent l’eau douce aux agressions les plus diverses – d’origine domestique,
industrielle ou agricole – qui peuvent en compromettre de façon grave et
parfois irréversible aussi bien la qualité que la quantité.
4. En
effet, la contamination, l’appauvrissement et l’éventuel tarissement des eaux
souterraines ou de surface peuvent être à l’origine d’importantes dégradations
des sols, avec comme conséquence, par exemple, la salinisation des nappes
phréatiques, qui peut porter une lourde responsabilité dans la désertification
de certaines régions.
5. L’agriculture consomme beaucoup plus d’eau
que tout autre secteur et – tout au moins dans certains pays – est responsable
d’importantes pollutions, notamment des contaminations par les nitrates et par
les engrais.
6. En ce qui concerne la répartition des ressources en
eau, les grands fleuves internationaux représentent une part importante de
celles-ci. Le fait que pour certains pays ils constituent quasiment la seule
source d’eau douce montre bien les enjeux que peuvent représenter la qualité et
la quantité de leurs eaux, ainsi que la nécessité d’assurer une coopération
internationale efficace.
7. Cependant, l’eau peut également être
dévastatrice, et la première cause de catastrophes naturelles particulièrement
graves. Le continent européen, comme d’autres parties du monde, a connu ces
dernières années des pluies torrentielles et des inondations particulièrement
importantes qui ont attiré l’attention internationale sur la nécessité de
veiller à une gestion intégrée des ressources en eau pour laquelle toutes les
connaissances disponibles doivent être mises à profit.
8. La gestion
intégrée des ressources en eau implique donc des programmes dans tous les
secteurs concernés, que ce soit l’aménagement du territoire, la protection de
la biodiversité, le transport, la politique énergétique, la politique
industrielle, l’agriculture, la protection civile, ou ailleurs.
9. Pour ce faire, les instruments – techniques, scientifiques et juridiques
–, les connaissances requises, les programmes et projets, les travaux mis en
œuvre et toute autre ressource qui peuvent contribuer à mieux gérer les
ressources en eau doivent pouvoir être accessibles.
10. A ce propos, on
doit se féliciter du nombre important de sites Internet qui se sont créés sur
l’initiative d’organisations nationales ou internationales, d’organisations non
gouvernementales ou d’instituts de recherche, et de leur contribution précieuse
à la mise en commun des connaissances.
11. L’Assemblée salue tout
particulièrement l’action exemplaire de l’Agence européenne de l’environnement,
dont l’une des finalités est de mettre en réseau les connaissances en matière
d’environnement – notamment en matière d’eau – de ses vingt-huit pays
membres.
12. L’action de l’agence est d’autant plus importante que les
données qu’elle collecte servent à l’élaboration de rapports de «suivi
environnemental» et à la définition des politiques environnementales de ses
pays membres.
13. En ce qui concerne l’action du Conseil de l’Europe
dans ce domaine, l’Assemblée tient à rappeler l’adoption dès 1968 de la Charte
européenne de l’eau, considérée aujourd’hui encore comme un texte de référence,
le programme d’action «Europe bleue» organisé par l’Assemblée en 1992-1993, ou
encore les différentes campagnes de sensibilisation organisées par le centre
Naturopa.
14. L’Assemblée estime par ailleurs que le Conseil de
l’Europe doit continuer à contribuer – dans la mesure de ses moyens et de ses
spécificités – à une gestion optimale des ressources en eau de ses pays
membres.
15. Concernant l’Assemblée parlementaire, cette dernière a
toujours soutenu et encouragé les initiatives prises et les propositions
avancées par les différentes commissions concernées, convaincue du rôle qu’elle
peut avoir non seulement dans le cadre de l’Organisation même, mais aussi par
rapport aux parlements nationaux.
16. En ce qui concerne le Congrès des
pouvoirs locaux et régionaux de l’Europe et le secteur intergouvernemental, qui
tous deux sont également engagés dans ce domaine, l’Assemblée estime qu’il est
important d’exploiter en priorité les moyens existants et les expertises
acquises.
17. Elle souligne à ce propos l’importance que peut avoir
l’action de l’accord partiel ouvert EUR-OPA Risques majeurs du Conseil de
l’Europe.
18. Elle se félicite de la récente création, dans ce cadre,
du Centre européen pour les problèmes d’inondations à Chisinau, grâce à
l’engagement du Gouvernement de la Moldova, et de la mise en place à venir d’un
projet consacré au Danube.
19. Elle estime qu’une activité spécifique
consacrée aux risques de pollution accidentelle ou de crue des grands fleuves
pourrait être développée dans ce cadre, notamment en essayant de rendre
accessibles des informations les plus exhaustives et actualisées
possibles.
20. Pour ce faire, un site Internet pourrait être destiné à
la collecte des données et aux échanges d’informations en temps réel, et être
exploité aussi bien comme outil de prévention et de suivi que d’intervention en
cas de catastrophe.
21. Par ailleurs, compte tenu de l’expérience du
Conseil de l’Europe en matière d’information et de sensibilisation du public,
l’Assemblée est de l’avis que la création d’un site Internet interactif visant
la sensibilisation, l’information et l’éducation des jeunes répondrait aussi
bien aux besoins des jeunes qu’à ceux des différentes structures éducatives qui
pourraient utiliser le site comme outil d’enseignement.
22. Un site
Internet spécialement destiné aux élus et aux administrateurs territoriaux,
leur offrant l’information ou l’accès à d’autres sites spécialisés, pourrait
également contribuer à améliorer la gestion intégrée de l’eau par les
collectivités et permettre des échanges d’informations et d’expériences entre
les élus des différents Etats membres du Conseil de l’Europe.
23. Par
conséquent, l’Assemblée recommande au Comité des Ministres:
23.1 d’inviter les gouvernements des pays
membres de l’accord partiel EUR-OPA Risques majeurs à étudier la possibilité
d’une action centrée sur la situation des grands fleuves, y compris les risques
de pollution et d’inondation, en soutenant notamment les efforts du
Gouvernement de la Moldova, et d’envisager la création d’un site Internet dans
ce cadre;
23.2 d’étudier la possibilité de créer dans le cadre
du Centre Naturopa un site Internet interactif destiné à sensibiliser, informer
et éduquer les jeunes à la problématique de l’eau;
23.3 de
demander au Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de l’Europe (CPLRE) et au
Comité directeur sur la démocratie locale et régionale (CDLR) de porter une
attention particulière aux responsabilités des instances locales et régionales
en matière de gestion intégrée de l’eau et d’envisager la création d’un site
Internet qui permette la mise en réseau des connaissances et l’échange
d’expériences.