Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne
Recommandation 1479
(2000)
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Discussion par l’Assemblée le 29 septembre 2000 (32e séance) (voir Doc. 8819, rapport de la commission des questions juridiques et des droits de l'homme, rapporteur: M. Magnusson; Doc. 8846, avis de la commission des questions politiques, rapporteur: M. Clerfayt; et Doc. 8847, avis de la commission des questions sociales, de la santé et de la famille, rapporteur: M. Evin). Texte adopté par l’Assemblée le 29 septembre 2000 (32eséance).
- Thesaurus
1. L’Assemblée rappelle sa
Recommandation 1439 (2000) relative à la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, adoptée le 25 janvier 2000, par laquelle elle recommandait au Comité des Ministres du Conseil de l’Europe de se prononcer en faveur d’une adhésion de l’Union européenne à la Convention européenne des Droits de l’Homme et de préparer les amendements qu’il conviendra d’apporter à ce traité.
2. Elle constate que le Comité des Ministres, à sa 106e Session (10-11 mai
2000), a souligné la nécessité de veiller à ce que, quelle que soit la décision
que les institutions de l’Union européenne prendront au sujet de la charte,
ceci ne conduise pas à de nouveaux clivages en Europe. La charte devrait être
pleinement cohérente avec le système de protection des droits de l’homme que la
Convention européenne des Droits de l’Homme offre à tous les habitants des
Etats membres du Conseil de l’Europe, y compris ceux de l’Union européenne, et
ne pas affaiblir ce système.
3. L’Assemblée, tout en se félicitant de
ce que le Comité des Ministres partage son souci d’éviter toute concurrence
entre les deux systèmes de protection des droits de l’homme en Europe, regrette
qu’il ne soit pas encore parvenu à un accord en faveur de l’adhésion de l’Union
européenne à la Convention européenne des Droits de l’Homme, solution qui, en
dépit des objections techniques soulevées il y quelques années par la Cour de
justice des Communautés européennes à Luxembourg (lesquelles peuvent être
facilement résolues), a reçu à maintes reprises le soutien des autres
institutions concernées, à savoir le Parlement européen, la Commission
européenne et la Cour européenne des Droits de l’Homme.
4. L’Assemblée
n’a connaissance d’aucun élément s’opposant d’un point de vue juridique à cette
adhésion. Elle espère ardemment que la volonté politique qui, jusqu’à présent,
a empêché qu’il y soit procédé pourra être mobilisée prochainement.
5. L’Assemblée recommande aussi au Comité des Ministres de se souvenir que
l’Europe restera toujours plus grande que l’Union européenne et comportera
toujours un certain nombre d’Etats non membres de l’Union. Il importe, dès
lors, tenant compte du rôle et de la spécificité du Conseil de l’Europe,
d’organiser concrètement des rapports organiques de complémentarité et de
coopération du Conseil de l’Europe avec l’Union européenne et vice
versa.
6. L’Assemblée demande instamment au Comité des Ministres de
soutenir le principe selon lequel les droits sociaux garantis par la charte
telle qu’adoptée par le Conseil européen doivent correspondre à ceux énoncés
dans la Charte sociale européenne révisée, instrument du Conseil de l’Europe,
qui constitue la référence normative en matière de droits sociaux fondamentaux
et l’un des piliers du modèle social européen.
7. Se référant à sa
Résolution 1228 (2000) relative à la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, l’Assemblée recommande par conséquent au Comité des Ministres d’engager sans délai des négociations avec l’Union européenne afin de permettre à l’Union européenne d’adhérer dès que possible à la Convention européenne des Droits de l’Homme en élaborant les amendements nécessaires aux traités de l’Union européenne et à la Convention européenne des Droits de l’Homme.