Renforcer les mesures de protection et de relance des langues gravement menacées
Recommandation 1943
(2010)
Auteur(s) :
Assemblée parlementaire
Origine
Texte adopté par la Commission permanente, agissant
au nom de l’Assemblée, le 12 novembre 2010 (voir Doc. 12423, rapport
de la commission de la culture, de la science et de l’éducation,
rapporteur: M. Kumcuoğlu).
Thesaurus
1. Se référant à sa Résolution 1769 (2010) «Renforcer
les mesures de protection et de relance des langues gravement menacées»,
ainsi qu’à sa Résolution 1770
(2010) et à sa Recommandation 1944
(2010) sur la Charte européenne des langues régionales
ou minoritaires, l’Assemblée parlementaire note que, après l’entrée
en vigueur de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires
(STE no 148) (ci-après «la charte») le
1er mars 1998, son comité d’experts,
qui contrôle et appuie sa mise en œuvre, a contribué à sensibiliser
les esprits et encouragé les politiques nationales destinées à revitaliser
les langues en danger dans de nombreux pays européens.
2. Cependant, malgré les retombées positives de la charte et
le travail très utile de son comité d’experts, de nombreuses langues
européennes sont en péril et leur protection doit être renforcée
pour garantir la diversité linguistique et culturelle en Europe.
3. L’Assemblée estime qu’il convient d’agir immédiatement en
la matière pour encourager et aider tous les Etats membres – qu’ils
soient ou non parties à la charte – à élaborer et à appliquer des
politiques visant à relancer les langues gravement menacées. Il
est important à cet égard d’utiliser au mieux les vastes connaissances
et l’expérience unique du comité d’experts de la charte, ainsi que
les possibilités offertes par le Centre européen pour les langues
vivantes à Graz.
4. En conséquence, l’Assemblée recommande au Comité des Ministres:
4.1 de charger le comité d’experts
de la charte d’identifier, de réunir dans une publication unique
et de diffuser les bonnes pratiques relatives aux principales questions
touchant aux langues pratiquées traditionnellement sur le territoire
des Etats membres, en particulier celles qui sont gravement menacées,
et d’élaborer des lignes directrices concrètes sur des questions
essentielles, par exemple:
4.1.1 la création d’un cadre
juridique et administratif solide pour protéger ces langues;
4.1.2 l’amélioration du statut social de ces langues et la promotion
de leur emploi à la maison et dans la vie quotidienne;
4.1.3 les politiques éducatives pour soutenir ces langues et
la formation des enseignants;
4.1.4 la coopération et les échanges transfrontaliers;
4.1.5 le rôle des médias et des nouvelles technologies de l’information
(notamment en favorisant l’accès aux médias, les partenariats avec
les médias, la création de sites internet spécialisés, la mise en
place de bases de données, l’enseignement à distance des langues
en danger);
4.1.6 la collecte, la sauvegarde et l’accessibilité de tout
type de matériel sur ces langues;
4.2 d’adopter, sur la base de ces lignes directrices, une
recommandation aux Etats membres visant à «renforcer les mesures
de protection et de relance des langues gravement menacées»;
4.3 de consolider le Centre européen pour les langues vivantes
à Graz afin qu’il puisse jouer un rôle central dans la coordination
des travaux visant à sauver les langues gravement menacées et qu’il
puisse soutenir, par exemple:
4.3.1 la création de réseaux
aux niveaux européen et national pour partager des idées et faciliter
les initiatives fructueuses;
4.3.2 le développement d’initiatives ciblées, comme des forums
nationaux, des bibliothèques ou des centres nationaux ou régionaux
spécialisés, des publications sur le patrimoine culturel et artistique
lié à ces langues, et l’édition de dictionnaires spécialisés.