En outre, l’Assemblée demande au Comité des Ministres d’inviter
les Etats membres et les Etats observateurs du Conseil de l’Europe:
9.1 à définir des normes minimales
en matière d’accès aux soins de santé, fondées sur les droits fondamentaux
de l’être humain et sur des politiques et des pratiques de santé
publique judicieuses, en tenant compte du fait que toute la population
a droit à la santé, y compris l’ensemble des migrants, quel que
soit leur statut migratoire;
9.2 à faire en sorte que la promotion de la santé et le comblement
des retards en matière de santé constituent un objectif partagé
par tous les secteurs d’action des pouvoirs publics et à incorporer
dans le processus d’élaboration des politiques de tous les secteurs
et agences une réflexion sur les impacts pour la santé, en adoptant
l’approche de la «perspective santé dans toutes les politiques»;
9.3 à renforcer les mécanismes de prévention et de réduction
des risques sanitaires liés à l’environnement en raison de la pollution
de l’air, de l’eau, des aliments et des sols, ainsi que de la pollution
sonore, et à promouvoir les effets positifs pour la santé de l’accès
à un environnement de qualité, comme le souligne la Recommandation
1863 (2009) de l’Assemblée «Environnement et santé: mieux prévenir
les risques sanitaires liés à l’environnement»;
9.4 à améliorer les mécanismes de dépistage et de détection
précoces des maladies et des troubles de la santé – notamment le
VIH/SIDA et la tuberculose – pour permettre un traitement rapide
de ces maladies, à fournir les moyens permettant d’orienter chaque
patient vers des services et des aides complémentaires ainsi qu’à
coopérer activement avec l’OMS et le système mondial de surveillance
afin de stopper la propagation des maladies infectieuses;
9.5 à promouvoir une éducation sexuelle et à la santé englobant
tous les aspects, y compris l’abstinence, afin de prévenir la diffusion
des maladies sexuellement transmissibles;
9.6 à promouvoir un dépistage universel de maladies non infectieuses
et des facteurs de risque à des âges clés de la vie ou dans des
situations spécifiques pour la prévention de problèmes de santé relatifs
à certains risques génétiques ou environnementaux;
9.7 à incorporer expressément les politiques de prévention
dans les stratégies de réduction de la pauvreté et dans les politiques
socio-économiques pertinentes afin de supprimer les inégalités dans l’accès
à l’information et à la protection sanitaires, l’exposition aux
risques et l’accès aux soins, qui entraînent de grandes inégalités
dans l’apparition et l’issue des maladies, tout en prêtant une attention particulière
à la situation des personnes vulnérables en Europe;
9.8 à favoriser un bon départ dans la vie pour les familles
et les jeunes enfants, en renforçant les soins préventifs avant
la grossesse ainsi que les soins aux mères et aux nourrissons dans
des centres de soins pré- et post-natals, pédiatriques et scolaires,
et également par l’amélioration du niveau d’instruction des parents
et des enfants;
9.9 à intensifier les efforts visant à faire de l’éducation
à la santé une priorité de la politique de santé publique, et notamment
à veiller à ce que cette discipline soit intégrée dans les programmes
scolaires, en utilisant les nouvelles technologies dans ce contexte;
9.10 àdévelopper une
recherche indépendante, fondée sur des critères scientifiques à
l’abri de l’influence des groupes de pression économiques, notamment
de l’industrie agroalimentaire, pharmaceutique et du tabac;
9.11 à assurer un processus transparent et responsable de prise
de décisions pour l’ensemble des questions relatives à la réglementation
de l’alimentation; à promouvoir les méthodes de production alimentaire
et d’agriculture durables qui préservent les ressources naturelles;
à développer une culture plus forte de la nutrition-santé, afin
d’améliorer les connaissances de la population sur les aliments
et la nutrition;
9.12 à prêter attention, lors de la planification des campagnes
sur la nutrition et le poids corporel sain, aux risques de stigmatisation
qui pourraient avoir des effets négatifs non voulus pour les personnes
en surpoids ou risquant de développer des troubles de l’image du
corps et de l’alimentation;
9.13 à inciter, par la négociation, le secteur privé et les
médias à s’engager davantage en faveur des questions de santé ainsi
qu’à sensibiliser les industries à haut risque à leurs responsabilités
en encourageant la transparence et en promouvant une culture de
responsabilité sociale d’entreprise, notamment à l’égard des catégories
défavorisées de la population;
9.14 à travailler avec les industries agroalimentaire et publicitaire
pour encourager la prise en compte de données, faits et chiffres
clés sur les maladies non transmissibles et pour interdire la publicité
des produits nocifs pour la santé; à formuler des recommandations
en faveur de la réduction des taux de graisses saturées et de sucre
ajouté, et de la commercialisation croissante de certains produits alimentaires
dans des versions à taux de graisse réduit ou faible et à taux de
sucre réduit, faible ou nul;
9.15 à promouvoir le développement d’installations couvertes
et en plein air pour des loisirs à caractère sportif, en particulier
des gymnases, des piscines, des terrains de jeu et des patinoires;
à renforcer le soutien aux programmes de sport, en particulier ceux
qui sont accessibles à tous les membres de la société, quels que
soient leur âge, leur sexe, leur origine, et à encourager le secteur
privé à mieux assumer sa responsabilité envers la société en permettant
à des personnes moins favorisées d’utiliser ses installations;
9.16 à renforcer l’intégration des soins et de la prévention
en s’assurant le soutien des professionnels de santé; à intégrer
l’éducation à la santé en tant qu’élément fondamental de la formation
médicale initiale et continue, notamment l’éducation à la nutrition,
à la santé et aux droits humains, et à inclure les connaissances
en matière de santé parmi les indicateurs clés d’une prise en charge
hospitalière de qualité;
9.17 à s’intéresser au contexte social général qui influe sur
la consommation problématique d’alcool, de tabac et de drogue (y
compris les médicaments psychotropes dont la consommation régulière présente
également un risque d’addiction), et à inscrire les politiques de
lutte contre la dépendance dans le cadre général de la politique
économique et sociale;
9.18 à soutenir activement les efforts de l’OMS pour la mise
en place d’un cadre international destiné à s’attaquer à l’utilisation
nocive de l’alcool, en suivant l’exemple de la Convention-cadre
de l’OMS pour la lutte antitabac;
9.19 à promouvoir des campagnes d’éducation visant à sensibiliser
le public à la gravité et aux causes sous-jacentes des accidents,
des décès et des blessures liés à la circulation;
9.20 à adopter des mesures appropriées pour permettre aux personnes
âgées de mener une existence indépendante dans leur environnement
habituel aussi longtemps qu’elles le souhaitent et que cela est
possible, et à mettre en place des programmes de santé mentale pour
tout problème psychologique rencontré par les personnes âgées, ainsi
que des services de soins palliatifs adéquats;
9.21 à accorder une attention particulièreà la santé mentale, englobant
la prévention des troubles mentaux et du suicide; à promouvoir le
bien-être et l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie familiale,
ainsi qu’à favoriser l’intégration sociale des groupes fortement
marginalisés tels que les réfugiés, les victimes de catastrophes,
les exclus sociaux, les handicapés mentaux, les personnes âgées
et fragiles, les femmes et les enfants victimes de violence et également
les personnes très pauvres;
9.22 à formuler, à mettre en œuvre et à assurer le suivi périodique
d’une politique nationale cohérente sur l’hygiène et la sécurité
au travail, en consultant les organisations patronales et syndicales;
9.23 à développer une mobilité «douce» et des politiques de
transport soucieuses de la santé et de l’environnement, tels que
les transports publics, le covoiturage et l’auto-partage, afin de
créer des villes favorables aux piétons et aux cyclistes, en coopération
avec les pouvoirs locaux et régionaux;
9.24 à encourager la participation des organisations de la
société civile, telles que les associations de malades et de consommateurs,
les associations de solidarité agréées et les organisations non gouvernementales,
et à les soutenir activement;
9.25 àmettre en place
des systèmes d’évaluation et à promouvoir la collecte de données
et d’informations standardisées ainsi que d’indicateurs pertinents,
en conformité avec les recommandations de l’OMS.