Les jeunes Européens: un défi éducatif à relever d’urgence
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Discussion
par l’Assemblée le 24 avril 2013 (15e séance)
(voir Doc. 13155, rapport de la commission de la culture, de la science,
de l’éducation et des médias, rapporteure: Mme Komar). Texte adopté par l’Assemblée le
24 avril 2013 (15e séance).Voir
également la Recommandation
2014 (2013).
1. L’Assemblée parlementaire rappelle
que l’éducation est un pilier de l’autonomisation des jeunes et
une condition indispensable à l’épanouissement personnel, à l’intégration
sociale, à une citoyenneté active, à l’employabilité et à l’entrepreneuriat.
Elle se félicite de la récente adoption par le Comité des Ministres
de la Recommandation CM/Rec(2012)13 en vue d’assurer une éducation
de qualité, qui appelle à offrir une éducation qui favorise l’épanouissement
de la personnalité de chaque élève et étudiant, et le développement de
ses dons et aptitudes mentales et physiques, dans toute la mesure
de ses potentialités.
2. L’Assemblée déplore les taux de chômage actuellement très
élevés parmi les jeunes. Elle constate que les compétences des chômeurs
ne correspondent pas à celles qu’exigent les emplois disponibles,
ce qui conduit à s’interroger sur la capacité des systèmes d’éducation
et de formation en Europe à doter les élèves et les étudiants des
compétences dont ils ont besoin pour avoir accès au marché du travail.
3. Eu égard au principe d’apprentissage tout au long de la vie,
l’Assemblée note que l’éducation non formelle et informelle est
en général moins reconnue que l’éducation formelle, plus valorisée.
Il est nécessaire de reconnaître la contribution que toutes les
expériences d’apprentissage peuvent apporter à l’épanouissement
personnel. La validation des compétences acquises par l’apprentissage
non formel et par le travail de jeunesse doit être considérée comme
un élément important, favorisant l’autonomie des jeunes.
4. Cela étant, l’éducation ne vise pas seulement à préparer des
élèves et des étudiants qui constitueront une main-d’œuvre très
qualifiée, mais elle a aussi une valeur intrinsèque. Elle doit viser
à favoriser le talent et la créativité, et à contribuer au développement
personnel, y compris la capacité à apprécier la culture et à s’impliquer
dans la vie culturelle, ainsi qu’au développement culturel, socio-économique
et politique durable de la société dans son ensemble.
5. L’Assemblée invite les Etats membres à adopter une approche
plus holistique de l’éducation, à veiller à doter l’éducation de
ressources suffisantes – au moins 6 % du produit intérieur brut
– et à prendre des mesures:
5.1 pour
renforcer le cadre traditionnel de l’éducation formelle, et, en
particulier:
5.1.1 investir dans des services efficaces
d’orientation et de conseil pédagogiques pour tous les élèves et
étudiants, pour les aider à avoir une vue d’ensemble des différentes
possibilités d’apprentissage et de carrière, et à trouver une filière
éducative et/ou professionnelle qui leur convienne;
5.1.2 élaborer des stratégies en matière de mobilité des jeunes
– y compris à l’échelle européenne dans le cadre des programmes
internationaux d’échanges d’étudiants – d’éducation/d’apprentissage
extrascolaire, de service volontaire et d’information et de participation
des jeunes;
5.1.3 intégrer l’éducation à la citoyenneté démocratique et
aux droits de l’homme dans les programmes nationaux et veiller à
ce que les établissements scolaires encouragent le respect mutuel
et élaborent des politiques de lutte contre la violence et la discrimination
pour combattre activement les différentes formes de violence, les
brimades, les comportements intolérants et l’automutilation;
5.1.4 mettre en place des conditions attrayantes et étudier
les moyens d’améliorer le statut de la profession d’enseignant;
5.2 pour améliorer la reconnaissance et le développement de
nouveaux cadres d’apprentissage, et en particulier:
5.2.1 intensifier
les efforts visant à reconnaître le travail de jeunesse et l’apprentissage
non formel et informel, en tenant compte des propositions formulées
par le «Processus de Strasbourg» sur la reconnaissance et la validation
de l’apprentissage non formel et informel;
5.2.2 permettre aux organisations de la société civile d’utiliser
les locaux de l’éducation formelle pour offrir à la fois aux élèves
et aux enseignants de nouvelles possibilités d’apprentissage non
formel et d’apprentissage tout au long de la vie;
5.2.3 encourager les différentes formes d’expériences professionnelles
pratiques qui permettent aux élèves et aux étudiants d’appliquer
ce qu’ils ont appris et de se familiariser avec d’autres parcours
et opportunités professionnels;
5.2.4 promouvoir l’éducation à l’entrepreneuriat et valoriser
le rôle que peuvent jouer les organisations de jeunesse pour soutenir
le développement de perspectives de travail indépendant pour les
jeunes;
5.2.5 encourager le développement des compétences d’encadrement
des travailleurs de jeunesse en prônant l’usage du Portfolio européen
pour animateurs et travailleurs de jeunesse;
5.3 pour garantir l’intégration et, en particulier:
5.3.1 faciliter l’accès à l’éducation pour les enfants et les
jeunes issus de groupes défavorisés;
5.3.2 veiller à ce que les parents soient dûment informés sur
le système éducatif et ses différentes filières, et les aider à
soutenir les adolescents dans leurs choix éducatifs;
5.3.3 proposer aux enseignants une formation qui les dote de
compétences interculturelles et les rende aptes à gérer la diversité
ethnique, culturelle et religieuse;
5.3.4 créer les conditions permettant de prévenir le décrochage
scolaire prématuré des jeunes issus de milieux défavorisés, notamment
par une assistance financière ciblée pour permettre aux élèves de
l’enseignement secondaire de poursuivre des études à plein-temps.