L’Assemblée recommande par conséquent au Comité des Ministres
d’élaborer des lignes directrices sur la mise en balance des avantages
et des risques de la nanotechnologie pour la santé publique et l’environnement.
Ces lignes directrices devront:
5.1 respecter
le principe de précaution en tenant compte de la liberté de recherche
et en encourageant l’innovation;
5.2 pouvoir être appliquées de manière systématique à tous
les nanomatériaux soumis à réglementation au-delà des frontières
et quelles que soient leurs origines (synthétiques, naturelles, fortuites,
manufacturées, artificielles) ainsi que leurs utilisations pratiques
et leur devenir biologique;
5.3 viser l’harmonisation des cadres réglementaires, notamment
en ce qui concerne les méthodes d’évaluation et de gestion des risques,
la protection des chercheurs et des travailleurs de l’industrie
de la nanotechnologie, la protection et l’éducation des consommateurs
et des patients (avec des prescriptions en matière d’étiquetage
tenant compte des obligations du consentement éclairé), ainsi que les
obligations de notification et d’enregistrement, afin d’établir
une norme commune;
5.4 être négociées suivant un processus ouvert et transparent,
avec la participation de nombreux acteurs (gouvernements nationaux,
organisations internationales, Assemblée parlementaire, société civile,
experts et scientifiques), dans le cadre d’un dialogue dépassant
les frontières de la zone géographique couverte par le Conseil de
l’Europe;
5.5 pouvoir servir de modèle pour les normes réglementaires
du monde entier;
5.6 prendre dans un premier temps la forme d’une recommandation
du Comité des Ministres, mais faire place également à un instrument
juridique contraignant si la majorité des Etats membres le souhaite,
par exemple à un protocole additionnel à la Convention de 1997 pour
la protection des droits de l’homme et de la dignité de l’être humain
à l’égard des applications de la biologie et de la médecine: Convention
sur les droits de l’homme et la biomédecine (STE no 164,
«Convention d’Oviedo»);
5.7 prévoir la création d’un centre interdisciplinaire international
qui servira dans un proche avenir de pôle mondial des connaissances
en matière de sécurité de la nanotechnologie, sans préjudice de
la continuité du soutien apporté, y compris sur le plan financier,
aux projets de recherche actuels visant à déterminer les risques
potentiels des nanomatériaux;
5.8 promouvoir le développement d’un système d’évaluation
des règles éthiques, des matériels publicitaires et des attentes
des consommateurs, concernant les projets de recherche et les produits
de consommation dans le domaine de la nanotechnologie ayant des
répercussions sur les êtres humains et l’environnement.