Emprisonnement arbitraire des sans-abris en Hongrie
Déclaration écrite
No.
548
| Doc. 13264
| 27 juin 2013
- Signataires :
- M. Andrej HUNKO,
Allemagne, GUE ; Mme Karin ANDERSEN,
Norvège, GUE ; M. Paride ANDREOLI,
Saint-Marin, SOC ; Mme Sirkka-Liisa ANTTILA,
Finlande, ADLE ; Mme Sílvia Eloïsa BONET PEROT,
Andorre, SOC ; M. Boriss CILEVIČS,
Lettonie, SOC ; M. Raphaël COMTE,
Suisse, ADLE ; Mme Viola von CRAMON-TAUBADEL,
Allemagne, SOC ; M. Ioannis DRAGASAKIS,
Grèce, GUE ; M. Tuur ELZINGA,
Pays-Bas, GUE ; Mme Doris FIALA,
Suisse, ADLE ; M. Gerardo GIOVAGNOLI,
Saint-Marin, SOC ; Mme Annette GROTH,
Allemagne, GUE ; M. Mike HANCOCK,
Royaume-Uni, ADLE ; M. Margus HANSON,
Estonie, ADLE ; M. Alfred HEER,
Suisse, ADLE ; M. Igor IVANOVSKI,
''L'ex-République yougoslave de Macédoine'', SOC ; M. Igor KOLMAN,
Croatie, ADLE ; M. Tiny KOX,
Pays-Bas, GUE ; M. Ertuğrul KÜRKÇÜ,
Turquie, GUE ; M. George LOUKAIDES,
Chypre, GUE ; Mme Vesna MARJANOVIĆ,
Serbie, SOC ; Baroness Emma NICHOLSON,
Royaume-Uni, ADLE ; M. Dimitrios PAPADIMOULIS,
Grèce, GUE ; M. Grigore PETRENCO,
République de Moldova, GUE ; Mme Kathryn REILLY,
Irlande, GUE ; M. Yanaki STOILOV,
Bulgarie, SOC ; M. Vilmos SZABÓ,
Hongrie, SOC ; M. Petros TATSOPOULOS,
Grèce, GUE ; M. Nikolaj VILLUMSEN,
Danemark, GUE ; Mme Nataša VUČKOVIĆ,
Serbie, SOC ; Dame Angela WATKINSON,
Royaume-Uni, GDE ; Mme Katrin WERNER,
Allemagne, GUE ; M. Jordi XUCLÀ,
Espagne, ADLE
Cette déclaration écrite ne reflète pas la position de l’Assemblée, mais uniquement celle des membres qui l’ont signée. Elle ne fera pas l’objet de mesures supplémentaires de l’Assemblée.
En novembre 2012, le Parlement hongrois a adopté une loi définissant
l’état de sans-abri comme une infraction administrative : les personnes
qui sont surprises en train de dormir dans la rue deux fois en l’espace
de six mois peuvent être condamnées à une peine d’emprisonnement
ou à une amende de 150 000 forints (490€), somme qu’aucun sans-abri
n’est en mesure de payer, ce qui conduit donc aussi à leur incarcération.
Après que la Cour constitutionnelle eut abrogé la loi parce
qu’elle portait atteinte à la dignité humaine des sans-abris, à
la sécurité juridique et au droit de propriété, la Constitution
hongroise a été modifiée en mars dernier pour affirmer et renforcer
la décision politique de criminaliser les sans-abris.
L’état de sans-abri est l’une des formes les plus extrêmes
de la pauvreté et de la privation et constitue une violation inacceptable
de la dignité humaine. Le droit au logement prévu à l'article 31
de la Charte sociale européenne révisée devrait être garanti et
les obligations de la Hongrie en vertu de l’Article 12, paragraphe
1, devraient être respectées en prenant des mesures contre l’état
de sans-abri. A l’inverse, la politique de répression et de criminalisation
des personnes démunies en Hongrie n’apporte aucune réponse aux problèmes
sociaux.
Nous appelons le Commissaire aux droits de l’homme, le Comité
européen des droits sociaux, l’Assemblée et le Comité des Ministres
à surveiller la privation de liberté des sans-abris en Hongrie.