La traite des travailleurs migrants à des fins de travail forcé
Réponse à Recommandation
| Doc. 13287
| 16 juillet 2013
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée à la 1176e réunion des
Délégués des Ministres (10 juillet 2013). 2013 - Quatrième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2011
(2013)
1. Le Comité des Ministres a examiné avec
attention la Recommandation 2011 (2013) de l’Assemblée parlementaire
sur « La traite des travailleurs migrants à des fins de travail
forcé » qu’il a transmise à un certain nombre de comités ou organes
intergouvernementaux
Note.
2. La traite des êtres humains constitue une grave violation
des droits humains et porte une atteinte directe aux valeurs fondamentales
que le Conseil de l’Europe s’attache à promouvoir. Aussi, la lutte
contre la traite est une priorité pour l’Organisation et pour les
Etats membres. Dans ce contexte, les migrants irréguliers et les travailleurs
migrants constituent un groupe particulièrement vulnérable et méritent
par conséquent une attention particulière de la part des Etats dans
le cadre de leur lutte contre la traite.
3. Le Comité des Ministres reconnaît l’importance de disposer
de données complètes et cohérentes sur le problème, y compris concernant
la traite à des fins de travail forcé, d’une part pour identifier
les victimes afin de pouvoir leur porter assistance et d’autre part
pour identifier, traduire en justice et condamner les trafiquants et
les utilisateurs finaux. Il informe l’Assemblée que le Groupe d'experts
sur la lutte contre la traite des êtres humains (GRETA) est attentif
aux problèmes liés à l’obtention de données statistiques. Il appelle
les Etats parties à mettre en place des systèmes pour obtenir de
telles données, afin de bien évaluer l’ampleur du phénomène et d’adapter
au plus juste les politiques et mesures de lutte contre la traite
sous toutes ces formes.
4. S’agissant de la proposition de l’Assemblée de réaliser des
programmes de formation à l’intention des personnes confrontées
à la problématique de la traite et d’y associer le GRETA, le Comité
des Ministres rappelle que le GRETA n’a pas de mandat opérationnel
pour mener des formations. En revanche, il constitue une source
d’information reconnue quant aux différents aspects de la lutte
contre la traite, y compris sur l’identification des lacunes, des
besoins et des bonnes pratiques dans les Etats qu’il évalue. Dans
ce contexte, le GRETA examine si une formation adéquate est prévue
pour tous les agents publics qui sont susceptibles d’entrer en contact
avec des victimes ou de gérer des informations ayant trait à la
lutte contre la traite.
5. Le Comité des Ministres note le caractère global du champ
d’application de la Stratégie de l’Union européenne en vue de l'éradication
de la traite des êtres humains pour la période 2012-2016, ainsi
que l’importance que celle‑ci attache à ne pas dupliquer inutilement
les exercices d’évaluation. Il partage cette approche et rappelle
que le GRETA est actuellement le seul mécanisme indépendant dont
le mandat est d’évaluer la mise en œuvre d'obligations internationales
juridiquement contraignantes contre la traite des êtres humains.
Il informe l’Assemblée que le GRETA s’attachera à poursuivre, dans
le cadre du mandat qui est le sien, sa coopération avec l’Union
européenne.
6. Le Comité des Ministres est conscient que la corruption est
un facteur qui facilite et entretient le phénomène de la traite.
Comme l’Assemblée, il tient à ce que les accusations de corruption
à l’encontre de fonctionnaires fassent l’objet d’enquêtes rapides,
approfondies et impartiales afin de lutter plus efficacement contre
la traite. Ces questions sont couvertes par les travaux de l’Accord
élargi sur le Groupe d'Etats contre la corruption (GRECO) et par
ceux du GRETA, conformément aux dispositions pertinentes de la Convention
sur la lutte contre la traite des êtres humains
Note.
Le Comité des Ministres note que les deux instances examinent les possibilités
de renforcer leur coopération.
7. Le Comité des Ministres attache une grande attention à la
promotion et au suivi des normes de la Convention sur la lutte contre
la traite des êtres humains. Il a reconnu la pertinence des travaux
du GRETA à cet égard et lui a accordé les ressources budgétaires
et humaines nécessaires. Sans préjuger des décisions budgétaires
à venir, le Comité des Ministres réitère son soutien aux activités
de lutte contre la traite des êtres humains, en particulier au vu
des défis à venir, eu égard au nombre croissant de Parties à la
Convention.