Les opérations massives de surveillance en Europe
Proposition de résolution
| Doc. 13288
| 06 août 2013
- Signataires :
- M. Pieter OMTZIGT,
Pays-Bas, PPE/DC ; Mme Anne BRASSEUR,
Luxembourg, ADLE ; M. Agustín CONDE,
Espagne, PPE/DC ; Mme Gitta CONNEMANN,
Allemagne, PPE/DC ; Mme Viola von CRAMON-TAUBADEL,
Allemagne, SOC ; M. Armand De DECKER,
Belgique, ADLE ; M. Bernard FOURNIER,
France, PPE/DC ; M. Hans FRANKEN,
Pays-Bas, PPE/DC ; M. Erich Georg FRITZ,
Allemagne, PPE/DC ; M. Valeriu GHILETCHI,
République de Moldova, PPE/DC ; M. Andres HERKEL,
Estonie, PPE/DC ; Mme Arpine HOVHANNISYAN,
Arménie, PPE/DC ; M. Ferenc KALMÁR,
Hongrie, PPE/DC ; Mme Naira KARAPETYAN,
Arménie, PPE/DC ; M. Tiny KOX,
Pays-Bas, GUE ; Mme Kerstin LUNDGREN,
Suède, ADLE ; M. Thomas NORD,
Allemagne, GUE ; Mme Zaruhi POSTANJYAN,
Arménie, PPE/DC ; Mme Carmen QUINTANILLA,
Espagne, PPE/DC ; M. Latchezar TOSHEV,
Bulgarie, PPE/DC ; Mme Sabine VERMEULEN,
Belgique, NI ; M. Johann WADEPHUL,
Allemagne, PPE/DC ; M. Jordi XUCLÀ,
Espagne, ADLE
Cette proposition n'a pas été examinée par l'Assemblée et n'engage que ses signataires.
L’Assemblée parlementaire rappelle que le contrôle judiciaire
et parlementaire d’un gouvernement et de ses agents, y compris des
services spéciaux, revêt une importance cruciale pour l’Etat de
droit et la démocratie.
Elle reconnaît la nécessité pour les Etats de protéger efficacement
les secrets relevant de la sécurité nationale.
L’Assemblée a salué le développement de la coopération entre
les services secrets de différents pays, outil indispensable pour
faire face aux manifestations les plus graves de la criminalité
organisée et au terrorisme. Cette coopération internationale doit
cependant s’accompagner d’une collaboration équivalente entre les organes
de contrôle.
Elle rappelle que les Etats membres doivent avoir les moyens
de lutter efficacement contre le terrorisme, mais qu’ils « ne sauraient
prendre, au nom de la lutte contre l’espionnage et le terrorisme,
n’importe quelle mesure jugée par eux appropriée » en raison du
danger inhérent de saper, voire de détruire, la démocratie (Cour européenne
des droits de l’homme, Klass et autres
c. Allemagne, arrêt du 6 septembre 1978).
L’Assemblée rappelle en outre l’importance des donneurs d’alerte qui
permettent de renforcer la responsabilité et de mieux lutter contre
la corruption et la mauvaise gestion, dans le secteur public comme
dans le secteur privé.
Elle est vivement préoccupée par les allégations récentes
de surveillance et de collectes étendues de données à caractère
personnel par les services de renseignements des Etats‑Unis, du
Royaume-Uni, de la France et d’autres pays.
En conséquence, l’Assemblée :
a invite
le Secrétaire Général à ouvrir une enquête en vertu de l’article 52
de la Convention européenne des droits de l’homme ;
b invite tous les Etats membres :
- à revoir ou, le cas échéant, à mettre en place des mécanismes
parlementaires ou d’autres mécanismes indépendants efficaces, chargés
du contrôle des services secrets, et des procédures pénales et civiles
spéciales pour le traitement d’informations de nature sensible et couvertes
par le secret afin de permettre la bonne administration de la justice
tout en tenant compte des intérêts légitimes de l’Etat et de sa
sécurité.
- à améliorer la protection contre toutes les formes de
représailles à l’égard des donneurs d’alerte de bonne foi qui mettent
au jour des abus dans l’intérêt public.