Liberté de la presse contre législation antiterrorisme
Réponse à Question écrite
| Doc. 13345
| 22 octobre 2013
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée
à la 1181e réunion des Délégués des Ministres (16 octobre 2013). 2013 - Commission permanente de novembre
- Réponse à Question écrite
- : Question écrite n° 643 (Doc. 13298)
1. Le Comité des Ministres rappelle qu’il
attend de chaque Etat membre qu’il respecte pleinement les droits consacrés
par la Convention européenne. En ce qui concerne l’application des
lois antiterroristes, les Etats membres devraient s’inspirer des
lignes directrices sur les droits de l’homme et la lutte contre
le terrorisme adoptées par le Comité des Ministres le 11 juillet
2002.
2. A cet égard, lors de l’examen de la question posée par l’honorable
parlementaire, le Comité des Ministres a pris note des explications
fournies par la délégation du Royaume-Uni sur le cadre juridique
dans lequel s’inscrivent les moyens dont dispose la police du Royaume
Uni pour protéger la sécurité nationale. La délégation a souligné
que la détention de M. Miranda, ordonnée en vertu de l’Annexe 7
de la Loi sur le terrorisme (2000), n’était pas une tentative d’intimidation
des journalistes mais une mesure prise pour retrouver des documents
dont on avait lieu de croire qu’ils contenaient des informations
dérobées très sensibles décrivant des techniques essentielles à
la conduite d’opérations de lutte contre le terrorisme vitales pour
la sécurité nationale du Royaume Uni et d’autres Etats européens.
3. La délégation du Royaume Uni a également indiqué que, s’agissant
de la destruction des données dérobées détenues par le quotidien
«The Guardian», l’approche des autorités britanniques à cet égard
a répondu à la double nécessité de protéger la sécurité nationale
et d’éviter de mettre en péril la liberté des médias.
4. La délégation du Royaume Uni a souligné aussi que l’utilisation
de l’Annexe 7 de la Loi sur le terrorisme (2000) fait l’objet d’un
système de contrôles et d’équilibres et que son gouvernement est
pleinement engagé à honorer ses obligations aux termes du droit
international en matière de droits de l’homme et à respecter notamment
l’article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme.
5. Le Comité des Ministres informe également l’honorable parlementaire
que le 21 août 2013, le Secrétaire Général a adressé une lettre
à la ministre de l’Intérieur du Royaume Uni pour lui demander des
informations sur les incidents signalés, précisant que, si elles
étaient confirmées, ces mesures prises par des agents de l’Etat
pourraient avoir un effet dissuasif sur la liberté d’expression
telle qu’elle est protégée par la Convention européenne des droits
de l’homme. Dans sa réponse du 12 septembre 2013, la ministre de
l’Intérieur a fermement rejeté l’idée que les mesures prises par
les autorités constituaient des tentatives pour intimider les journalistes.